Résumé de la 2e partie n Paralysée, Carol regarda fixement les yeux du fugitif, le sombre désespoir qui les habitait. Carol avait les mains moites, les doigts gourds. Elle poussa le jeune homme sur le siège arrière, s'empara à la hâte du livre de bord et éparpilla les formulaires de déclaration sur, ses genoux. «N'ouvrez pas la bouche. S'ils demandent votre nom, je dirai Joe Reynolds et prierai le ciel pour qu'ils ne vérifient pas les passeports.» Elle crut que ses jambes ne la porteraient jamais jusqu'à la porte de l'avion. Au moment où elle actionnait la poignée, elle prit conscience de ce qu'elle venait de faire, du piètre déguisement dont elle avait affublé ce malheureux garçon. Comment pourrait-elle empêcher les policiers de fouiller l'avion ? La poignée tourna et la porte s'ouvrit. Elle se posta en travers de l'entrée et s'obligea à prendre un ton agacé en s'adressant aux trois hommes en uniforme : «Le steward et moi-même sommes occupés à vérifier les papiers d'embarquement. Pour quelle raison venez-vous nous déranger ? — Vous n'êtes pas sans savoir que l'on recherche un fugitif. Vous n'avez pas le droit d'entraver le travail de la police. — C'est mon travail que vous entravez. J'en informerai le commandant de bord. wVous n'êtes pas autorisés à pénétrer dans un appareil américain. — Nous fouillons tous les avions stationnés sur la piste, répliqua sèchement l'homme qui menait l'opération. Ecartez-vous, je vous prie. Je ne voudrais pas être obligé d'entrer par la force.» Il était inutile de discuter. Carol alla rapidement s'asseoir sur le siège à côté de «Joe» et se tourna vers lui, le masquant à demi. Il penchait la tête sur les documents. Dans la pénombre, son uniforme faisait illusion, et l'absence de cravate passait inaperçue tant qu'il restait courbé. Carol prit quelques déclarations sur ses genoux et dit : «Bon, Joe, finissons en avec ça. Kralick, Walter, six bouteilles de cognac, valeur trente dollars. Une montre, valeur...» «Qui se trouve à bord, à part vous ? demanda l'officier de police. — Le chef de cabine. Il dort dans la cabine de l'équipage, répondit nerveusement Carol. Il est malade.» Le regard inquisiteur effleura «Joe» sans manifester d'intérêt. «Personne d'autre ? C'est le seul avion américain. Logiquement, c'est ici que le traître aurait dû venir se réfugier.» Le second policier avait fouillé les toilettes, les compartiments et regardé sous tous les sièges. Le troisième revint du poste de pilotage. «Il n'y a qu'un seul type, endormi. Trop âgé pour être notre fugitif... — On l'a aperçu dans les parages il y a une quinzaine de minutes, l'interrompit son chef d'un ton cassant. Il doit être quelque part.» Carol jeta un coup d'œil à sa montre. Huit heures moins une. Les passagers allaient bientôt franchir la piste. Il fallait qu'elle se débarrasse des policiers, qu'elle cache le garçon le tout en une minute. A suivre