La forêt, élément essentiel dans l?équilibre de l?écosystème, est victime de pyromanes et de pilleurs qui n?y voient qu?un moyen de s?enrichir par le biais du marché juteux qu?offrent les différentes sortes de bois exploité au mépris de toutes les lois. Si elle a été épargnée par des catastrophes naturelles, elle n?a pas survécu à la bêtise humaine. En effet, les forêts ont subi de graves dégradations. Confrontées à un chômage endémique, certaines personnes n?hésitent pas à recourir à l?abattage non autorisé des chênes, pour les revendre soit sous forme de perches, soit comme bois de chauffage. Un bon nombre de régions ont ainsi vu leurs boisements détruits, notamment en Kabylie qui a vécu une période de crise en l?absence des services de la gendarmerie. Le cas de la forêt d?Azazga est édifiant. Face à ce massacre de la nature, les responsables concernés affichent une indifférence manifeste. A Yakouren, pour ne citer que cette région, les villageois pointent un doigt accusateur vers les services des forêts d?Azazga : «S?il y a quelques années déjà on avait pris connaissance que des saisies de bois, des perches en particulier, avaient été opérées par les gardes-champêtres, ce fléau n?est pas pour autant éradiqué. Il suffit donc de sillonner les périmètres forestiers d?Ath Ghobri et d?Akfadou s?étendant jusqu?à Béjaïa, pour se rendre compte de l?étendue du massacre», affirme le président de l?association Afarez qui a vu le jour en décembre 2003. Chaque année, des milliers d?hectares de forêts sont détruits et convertis à d?autres fins, principalement agricoles. D?après des études compilées à cet effet, il en ressort qu?en quelques dizaines d?années, la moitié des forêts a été coupée. En effet, le rythme des destructions est effarant, plus de 1,5 million d?hectares ont disparu. C?est inquiétant ! même si les responsables de la direction des forêts d?Alger se veulent rassurants en affirmant que 717 000 hectares ont été réhabilités ou reboisés, le déficit est plus qu?important. En 1880, on estimait les forêts en Algérie à plus de 5 millions d?hectares, ce chiffre a chuté, selon M Boudy, chercheur dans le domaine forestier, pour atteindre les 3,3 millions d?hectares en 1955, sous l?effet des deux Guerres mondiales où l?on exploitait les forêts pour produire du charbon, notamment le chêne vert. Actuellement, affirme M Lahfair, sous-directeur des inventaires et cadastre à la DGF, «les superficies forestières ne sont évaluées, en dépit des opérations de reboisement effectuées, qu?à 4,1 millions d?hectares dont 230 000 ha de chêne-liège, 48 000 ha de chênes zen, 108 000 ha de chênes verts et 190 200 ha de maquis, soit une couverture de 11% de la superficie nationale ou plutôt des 40 wilayas concernées».