Réactions Il n?y a pas que chez nous que le mot opposition fait partie du lexique footballistique, au même titre que corner, but ou hors-jeu. C?est une bonne, pour ne pas dire excellente chose que les nouveaux règlements de la FAF aient mis des garde-fous pour empêcher «n?importe qui» de s?introduire au sein des clubs et d?en devenir dirigeant, voire président. En revanche, il sera difficile, mais vraiment difficile, à notre football et à nos clubs en particulier de se défaire d?un environnement nuisible et destructeur. Trois clubs, aujourd?hui, font l?actualité, non pas pour leurs exploits sportifs, mais pour cette hydre qu?est l?opposition à l?équipe dirigeante qui fomente et alimente, en grande partie, toute crise interne. Souvent, on assiste à des retournements de veste chez les dirigeants qui passent d?un président à un autre sans scrupules, souvent au gré des intérêts et des ambitions. Au MC Oran, un club qui s?apprête à représenter l?Algérie en Coupe de la ligue arabe, la guerre, entre l?actuel président Djebbari et son prédécesseur ? et probablement son futur remplaçant ? Elimam, fait rage. Après avoir appelé à une assemblée générale extraordinaire à la limite de l?illégalité, puisque oubliant un certain nombre de règles et de points du règlement qui régissent l?association, Elimam veut prendre sa revanche sur celui qui l'a poussé vers la porte de sortie, il y a si peu. Djebbari dépose plainte, Elimam promet des révélations sur la dilapidation des deniers du club, et les joueurs, censés faire strictement leur boulot sur le terrain, montent au créneau en dénonçant, dans une pétition, certaines personnes de l?environnement du club responsables, selon eux, de la pagaille qui y règne. Hier, devait se dérouler une AG élective dont on ne sait si elle est légale ou pas, vu que la DJSL d?Oran ne s?est, pour l?instant, pas prononcée ? et officiellement ? sur cette affaire, alors que les hôtes des Hamraoua, les Égyptiens d?Al-Ismaïlia, débarquaient à Oran. Quel «foutoir» ! AU CR Belouizdad, ce n?est pas différent, puisque le président Lefkir est, lui aussi, attaqué de toutes parts par le duo Behloul-Farah qui veut absolument son départ, mais en empruntant des chemins peu recommandables. Alors le boss laisse éclater sa colère : «Que ceux qui veulent aider sérieusement le CRB ou qui peuvent payer tous les joueurs n?ont qu?à se présenter, je leur laisserai volontiers ma place. Mais je sais que ces gens-là ne se manifestent que pour détruire le club. Qui est ce Farah qui parle au nom du CRB ? Un homme qui a fait fuir les sponsors. Quant à Bahloul et son équipe ils ont laissé une ardoise de 50 millions de dinars, et aujourd?hui ils prétendent aimer le Chabab. Non M. Lefkir a hypothéqué ses propres biens pour sauver le club et a ramené de grands joueurs que Bahloul a bradés !» Le président du Chabab s?en prend même aux membres de l?AG et à l?ex-gloire du CRB, le gardien Mohamed Abrouk ex-entraîneur des portiers : «Sur plus de 300 membres de l?AG, seule une douzaine s?est acquittée de ses cotisations. Trouvez-vous cela normal ? Quant à M. Abrouk, c?est un incapable que j?ai renvoyé sur la demande des gardiens eux-mêmes». Voilà ce qu?est devenu le fameux Chabab, double champion d?Algérie en 2000 et 2001, un ballon de baudruche que se disputent des dirigeants et des ex-dirigeants par presse interposée. Le même topo est observé (vécu) au CA Batna au moment où le président Bouabdellah a, lui aussi, dénoncé une «opposition» de marchands de légumes qui entrave l?épanouissement de son équipe malgré les difficultés financières et le manque de résultats sportifs qui, à eux seuls, sont des éléments déstabilisateurs. Jusqu?où ira cette anarchie, qui affecte le football algérien et menace de grands clubs dans leurs entrailles, et quand s?arrêtera-t-elle ?