Conséquence Les difficultés financières de la Cnas sont dues, en grande partie, aux créances impayées détenues par l?Etat. Deux cents milliards de dinars de créances impayées dont 100 milliards relevant des EPE dissoutes et qui sont dues par l?Etat, l?annulation des dettes parafiscales, 1 à 1,5 million de personnes travaillant au noir, telles sont les données qui, prises dans leur ensemble, poussent aujourd?hui à y voir une véritable stratégie d?asphyxie financière de la Cnas. La question, au demeurant subsidiaire, n?est pas de savoir si les dirigeants de la Cnas partagent ce point de vue, mais de s?interroger sur la possibilité et les capacités de la Cnas à rétablir sa situation financière, alors même que dans son opération de «mue» elle doit faire face à des contraintes qui lui échappent totalement. Il ne faut pas oublier que dès 1988, le FMI avait établi un rapport sur notre dispositif global de sécurité sociale, le jugeant «trop généreux», «recommandant alors un système à 3 paliers», inégaux dirions-nous pour notre part, explique le représentant de la Cnas qui estime que l?actuel système de sécurité sociale est fiable, mais «tributaire d?une relance de l?emploi». Les difficultés financières de la Cnas sont dues, pour une partie, à ses créances impayées majoritairement par l?Etat, au nombre de plus en plus croissant d?assurés sociaux inactifs, mais également à l?absence de volonté politique de résoudre certains problèmes fondamentaux. L?on nous cite, à titre d?exemple, que la mise en place en Algérie d?une politique du générique, pour le médicament, réduirait les dépenses de la caisse. Or la Cnas, qui aurait ici tout à gagner, n?a pas les prérogatives réglementaires pour imposer cette politique. Politique également souhaitée par le Saip. Autre exemple, celui relatif au phénomène du travail au noir, qui concerne officiellement plus d?un million d?Algériens. Pour faire face aux employeurs qui ne déclarent pas leurs employés ou font des sous-déclarations, la Cnas ne dispose pas d?un arsenal réglementaire et coercitif important. Là aussi l?absence de volonté claire en la matière a pour résultat de pénaliser les travailleurs et la Cnas. Ce n?est malheureusement pas le recrutement de 200 contrôleurs à l?échelle nationale qui pourra inverser cette tendance malgré la volonté de ces agents.