Homicide Pour une histoire de fille, deux jeunes hommes ont commis l?irréparable en assassinant. Le 15 mars 2002, il était 14 heures quand deux couples, Mourad (20 ans), Fadéla (17 ans) et Mohamed (34 ans), Radia (14 ans) se rencontrèrent. Rien ne prévoyait que leur «tendre» tête-à-tête allait aboutir à un crime. L?arrivée de Mokhtar déclencha la bagarre lorsqu?il s?approcha de Radia et lui demanda ce qu?elle faisait avec cet homme. Mohamed, piqué au vif, intervint, lui disant de se mêler de ce qui le regardait. Mourad se mêla à la dispute. Le ton monta très vite. Ce dernier se saisit d?un couteau à cran d?arrêt qu?il glissa dans la main de son compagnon, puis, d?un geste adroit, balança à terre Mokhtar. Mohamed profita de l?aubaine pour porter un coup de couteau en plein c?ur du malheureux. Ce dernier porta la main à sa poitrine et fit quelques pas avant de s?écrouler. Les deux couples, paniqués, prirent leurs jambes à leur cou. Ce sont des témoins de la scène et amis de la victime qui allèrent dénoncer les auteurs du crime. Les deux acolytes, arrêtés, reconnaîtront les faits. Mohamed sera jugé pour homicide volontaire et détournement de mineure ; quant à Mourad, il sera jugé pour participation à crime et également pour détournement de mineure. Le jour du procès, le 30 novembre 2003, au tribunal de Chéraga, Mohamed, le principal accusé, déclara qu?il avait agi par peur, car la victime était arrivée suivie de plusieurs copains. Le juge lui fera savoir qu?ils étaient tous mineurs. Le procureur lui fera remarquer, en outre, qu?il aurait dû viser les jambes plutôt que le c?ur, puisqu?il voulait juste se défendre. Le juge, lui, demanda ensuite à qui appartenait le couteau. Mohamed impliqua le deuxième accusé en affirmant qu?il appartenait à Mourad ; c?est lui qui le lui avait tendu. Appelé à la barre, ce dernier justifia son geste par le fait que l?arme blanche le gênait et l?empêchait de se défendre. On appela à la barre Radia, la fille à l?origine de la tragédie, qui prétendit avoir une simple relation d?amitié avec Mohamed. Le juge lui demanda si elle connaissait la victime ; elle répondit par la négative. Le juge insista et lui demanda si elle ne l?avait pas plutôt rencontré à la plage ; réponse toujours négative. L?avocat de la partie civile déclara que l?affaire était claire et que les deux inculpés avaient attaqué alors que la victime était dans un état vulnérable puisqu?elle était à terre. Le procureur demanda la prison à perpétuité à l?encontre des deux accusés. L?avocat de Mohamed (principal accusé) axera sa plaidoirie sur le fait que son client était épileptique, convulsif et perdait toutes ses facultés mentales lors de ses crises. Il dira aussi que, pour cette raison, il souffrait d?un complexe d?infériorité puisqu?il était la risée de son entourage. Concernant le deuxième chef d?accusation, à savoir le détournement de mineure, l?avocat dira que la rencontre des deux couples a eu lieu dans un endroit public, à une heure de grande affluence et qu?on ne pouvait, par conséquent, parler de détournement de mineure. Durant les délibérations, il y eut un accrochage entre la mère de la victime et Radia, la fille à l?origine du drame. La mère l?insulta, lui disant qu?à cause d?elle son fils était mort. Bénéficiant de circonstances atténuantes, le principal accusé sera condamné à 15 ans de prison tandis que son complice écopera, lui, de 5 ans. Ils devront, en outre, verser chacun la somme de 30 millions de centimes aux parents de la victime.