Sous le haut patronage du ministre de la Justice, l'Office national de la lutte contre la drogue et la toximanie (Onlcdt), organise aujourd'hui à Sidi Fredj à Alger, un colloque avec la société civile afin de «communiquer et travailler ensemble pour la prévention contre la drogue». Un thème d'une importance majeur vu le risque que représente ce fléau pour la jeunesse algérienne, menacée par les quantités abondantes de ces substances néfastes à cause notamment du fait que l'Algérie, frontalière d'un des plus grands producteurs de résine de cannabis, est devenue non seulement un pays de transit, mais aussi un marché prospère. Plusieurs spécialistes de la lutte et la prévention contre la drogue vont prendre part à ce colloque, dont la directrice de la prévention et de la communication de l'Onlcdt, Mme Kaddache Ghania. Cette dernière va commencer par présenter de manière générale le thème de la rencontre avant de revenir avec une deuxième communication portant sur «Comment travailler ensemble» pour lutter contre la drogue. Un autre cadre de l'Office évoquera le défi auquel fait face la jeunesse et des témoignages de jeunes drogués seront également présentés. Plusieurs autres axes seront également débattus à l'exemple de la pratique d'accompagnement thérapeutiques de toxicomanes ou encore l'insertion professionnelle de cette catégorie et la mise en place des moyens adéquats pour rester à son écoute. Il est à souligner que les différents services de lutte contre la drogue ne ménagent pas leurs efforts pour dissuader les trafiquants. Précisons à ce propos que plus de 146 tonnes de résine de cannabis ont été saisies durant les neuf premiers mois de 2014. Ce qui représente une hausse de plus de 22 tonnes par rapport à la quantité saisie la même période de l'année 2013. Le directeur général par intérim de l'Onlcdt, Mohamed Benhalla, a d'ailleurs précisé, dans un entretien à l'APS, que «la quantité saisie de résine de cannabis durant les neuf premiers mois de l'année 2014 en comparaison avec la même période de 2013, a augmenté de 18,37%». Il a rappelé que «les quantités saisies nous proviennent du Maroc», faisant toutefois remarquer que les quantités qui traversent annuellement les frontières algériennes vers l'Europe et le Moyen-Orient «sont de plus en plus importantes». Ce qui l'a amené à déclarer que «la situation reste très inquiétante». Surtout si on précise que les quantités de cocaïne saisies sont en augmentation permanente. Selon le bilan de l'Onlcdt, près de deux kilos de cocaïne ont été saisis durant les neuf premiers mois de l'année en cours, contre 587,217 grammes à la même période de l'année 2013, ainsi que la découverte et l'éradication de 2 520 plants de cannabis et 7 470 plants d'opium. Les services de lutte ont également saisi 815 585 comprimés de substances psychotropes de différentes marques, contre 909 627 comprimés durant la même période de l'année 2013, soit une baisse de 10,34% des quantités saisies. Mais cela ne dénote nullement de la baisse de leur introduction via le Sahel et le sud du pays, sur le territoire national. Et cela malgré les efforts colossaux déployés par les services de lutte contre ce phénomène. «L'Algérie consacre d'énormes moyens humains et matériels dans la lutte contre la drogue», a tenu d'ailleurs à souligner, M. Benhalla qui a également mis l'accent sur la coordination qui existe entre les différents services concernés par la lutte contre ce fléau. Notons enfin que durant les neuf premiers mois de l'année 2014, pas moins de 11 822 individus, dont 140 étrangers, ont été interpellés par les services de lutte contre la drogue. H. Y.