Le CR Belouizdad et le Mouloudia d'Alger devaient se rencontrer vendredi passé à huis clos. Pourtant, dès l'instant où le micro était donné aux reporters-radio de l'Enrs, des clameurs n'échappaient pas à l'ouïe qui n'avait nullement besoin d'être celle de Daredevil pour comprendre qu'il se trouvait, quelque part, des supporters dans les tribunes ou les gradins. En fait, s'il pouvait s'y trouver quelques supporters, par un moyen ou un autre et cela est tellement courant dans les stades algériens, les cris de joie venaient des...journalistes. Ce n'est pas la première fois que cela arrive, disons même que c'est une pratique désormais courante sur laquelle les responsables de la fédération et de la ligue de football professionnel ne sont pas regardants même si l'article 76 des règlements généraux stipulent «Seuls ont droit à l'accès au stade dix huit (18) joueurs par équipe, cinq (05) dirigeants disposant de licences, l'arbitre directeur et les arbitres assistants, les commissaires au match, le ou les officiels mandatés par la LFP ou la FAF, les membres de la presse dûment accrédités à raison d'un journaliste et d'un photographe par organe, le personnel du stade et les structures chargées de l'organisation de la rencontre. Au cas où l'arbitre constate la présence du public dans les tribunes ou autour du stade, il ne doit pas faire démarrer la rencontre, et le cas échéant, annuler le match. Le club recevant encourt ainsi les sanctions prévues par l'article 106 du code disciplinaire » Donc, claires, nettes et précises sont les dispositions réglementaires, sauf qu'elles sont allègrement foulées aux pieds d'abord par les personnes chargées de l'organisation de la rencontre et représentant une structure ad-hoc très facile à noyauter et au sein de laquelle des agents n'hésitent pas à fournir un ou des chasubles qui les singularisent à des... amis. Le trio arbitral, au même titre par ailleurs que les éléments des services de police et encore moins le directeur de la sécurité du stade (appartenant au club hôte) n'étant pas regardants sur la question. Il y a aussi les journalistes qui n'ont aucun état d'âme à doter d'un ordre de mission un ami, malgré les instructions données par la fédération de football dans le but de sasser très sérieusement l'accès aux représentants de la corporation. En fait, il y a près d'une dizaine d'années cette instruction réputée très rigoureuse n'a eu l'effet escompté que quelques semaines suivant sa publication et publicité, Au jour d'aujourd'hui, il n'est pas exclu de remarquer que près d'une demi-douzaine de journalistes peuvent se présenter au stade et accéder aux tribunes pour le compte d'un même organe. Il suffit alors de multiplier ce nombre par une vingtaine de titres si ce n'est le double pour avoir une idée précise de la situation. En n'arrêtant pas de donner de la laisse aux dirigeants, au trio arbitral et aux représentants de la presse, fédération et ligue professionnelle contribuent sciemment à entretenir l'anarchie qui prévaut. Ce ne sont pas les rappels faits par quelques journalistes qui pourront les sortir de leur torpeur. Vendredi dernier, Djamel Boukercha de la Chaîne 3 de la Radio nationale, s'est dit «scandalisé» par des journalistes qui faisaient un boucan d'enfer à quelques mètres du lieu où il se trouvait. Une semaine auparavant c'est Maamar Djebour, son collègue de la même chaîne radio, qui dénonçait la présence très ostentatoire d'un photographe de presse qui manquait d'entrer sur le terrain à chaque fois qu'un joueur du MOB bottait et matérialisait un penalty lors de la séance de qualification aux tirs au but (ESS-MOB). Néanmoins, cela ne date pas de cette saison, sauf que ça devient de plus en plus excessif. A. L.