Notre pays renoue à peine avec l'aménagement d'espaces verts au cœur des nouveaux sites d'habitations - rompant peu à peu avec l'entassement des blocs de béton qui enlaidissent nos villes - et permettant à celles-ci de respirer. Les habitants, notamment les enfants, peuvent s'y détendre et y jouer à leur guise. Ce qui laisse perplexe, c'est l'absence d'entretien de ces lieux qu'on laisse à la merci du temps et de l'incivisme. C'est d'ailleurs le cas des jardins publics et des espaces verts existants qui ont mal traversé l'espace temporel faute de maintenance. L'état des lieux ne suscite pas l'envie de s'y rendre, encore moins de s'y attarder. La dégradation touche aussi bien la végétation que les équipements urbains, les murs et les sols ont atteint un tel degré de délabrement qu'ils accentuent la désolation du paysage. Cela n'étonne plus personne de voir ces jardins transformés en décharges sauvages et en lieux de débauche, hormis l'ancienne génération habituée aux pique-niques des dimanches. Ces sorties familiales sont aujourd'hui évoquées avec nostalgie devant une génération qui paraît ne pas du tout cultiver le sens des escapades champêtres. Le résultat est qu'on assiste à la décadence de ce qui faisait la fierté des anciens et qui constituait le poumon des villes. Il est plus que malheureux de constater que les pouvoirs publics n'y accordent aucune importance, sauf lorsqu'il s'agit de raser quelque espace pour y ériger des bâtisses hideuses, sans aucun aspect architectural. A voir le comportement des élus à l'égard des jardins publics et des espaces verts, on ne peut aucunement prétendre à l'optimisme quant à une quelconque réhabilitation de ces lieux de détente. Hormis quelques-uns qui semblent en faire leur cheval de bataille, la rénovation de ces derniers (lieux de détente) étant inscrite dans leur programme. Mais la situation la plus dramatique, c'est celle du parc d'attractions et du parc zoologique de Ben Aknoun où la dégradation a dépassé les limites du supportable. Une situation qui interpelle les pouvoirs publics lesquels ont le devoir d'y remédier. R. M.