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Abdoun se confie au Buteur : «Je suis prêt pour le combat»
Publié dans Le Buteur le 05 - 10 - 2009


«Ma mère sera au stade dimanche»
Gernot Rohr : «Abdoun a les qualités pour jouer dans le plus haut niveau»
C'est dans l'enceinte de la Jonelière, cadre idéal pour la préparation, que les pros du FC Nantes ont démarré la séance d'entraînement de ce samedi 3 octobre, bien ensoleillé. C'est là que Djamel Abdoun, le nouvel international algérien, nous a donné rendez-vous, histoire de le présenter un peu plus aux lecteurs du Buteur.
Comme un chef sur le terrain
Quelques secondes ont suffi au chargé de l'accueil pour venir nous ouvrir le portail. Un groupe de jeunes fans attendaient patiemment la fin de l'entraînement pour approcher les joueurs. «C'est vous le journaliste algérien ? Djamel n'a pas arrêté de répéter qu'il fallait vous faciliter la tâche dans votre travail. Il a tellement insisté que je n'ai pas le droit de me rater avec vous», nous dit André Pannetier avec son air sympathique en nous conduisant vers le terrain d'entraînement.
«Demandez-lui de vous montrer ses chaussures !»
Même de loin, on reconnaît les silhouettes des joueurs parmi lesquels Djamel Abdoun qui donne l'impression de jouer au chef d'orchestre dans cette opposition à cinq contre cinq, sous le regard attentif du coach Gernot Rohr. «Le voilà qui réclame le ballon comme d'hab'», nous dit André avant d'ajouter : «Lorsque vous allez lui parler, n'oubliez pas de lui demander de vous montrer ses chaussures.»
«Il se donne à fond sans retenue»
On le croirait en plein match de compétition. Il râle, bouscule ses adversaires à la limite du raisonnable, explose de joie lorsque son équipe marque un but et s'énerve quand elle en encaisse. On a du mal à imaginer ce que ça donne lors des vrais matchs de championnat. Mais, malgré ce défaut, ses coéquipiers semblaient tout lui pardonner, comme s'ils avaient affaire à une très grande star. Car ils savent tous que l'Algérien est un passionné qui n'arrive pas à dissocier un match amical d'un autre officiel. «Il est entier et se donne à fond à chaque fois qu'il est sur un terrain de foot», reconnaissent ses camarades.
«Voyez comme il est beau le drapeau de l'Algérie ! »
Quelques minutes plus tard, Gernot Rohr siffle la fin de l'entraînement et Djamel vient nous saluer avec un large sourire. On en profite pour lui demander de poser devant notre objectif, sur le terrain. Il s'exécutera avec plaisir et sera encore plus ravi de le faire lorsqu'on lui a tendu le drapeau algérien qu'il a tout de suite déployé pour le ramener vers sa poitrine. Les yeux écarquillés et le visage rayonnant de fierté, Abdoun caresse l'emblème algérien et invite quelques coéquipiers à le rejoindre pour partager son bonheur. «Prenez le drapeau, mais soyez doux avec. Voyez comme il est beau le drapeau de l'Algérie !», adresse-t-il à ses coéquipiers.
Il parle tout le temps du match contre le Rwanda, emmenez-le aujourd'hui avec vous !»
«Il faut l'emmener dès aujourd'hui au bled, car il est trop impatient d'aller jouer ce match, contre le Rwanda. Il en parle tout le temps tellement il est heureux», nous confie en rigolant un de ses coéquipiers. Ses yeux dénoncent son envie de rejoindre les Verts. D'ailleurs, Djamel Abdoun ne tient pas à s'en cacher. «C'est sûr que je suis impatient d'y être. Qui ne le serait pas à ma place ?» se défend-il avec un large sourire.
Jean-Claude Darcheville et Jérôme Alonzo ont décortiqué Abdoun
Après avoir tourné et retourné soigneusement le drapeau vert, blanc, rouge, en prenant toutes les poses qu'on lui a demandées, Abdoun nous a invités à le suivre vers la salle de musculation où il s'est imposé des exercices supplémentaires, pendant que ses coéquipiers étaient déjà sous la douche. On lui demande de nous ramener quelques-uns de ses amis afin de dire un mot sur lui. Il nous revient tour à tour avec Jean-Claude Darcheville, puis Jérôme Alonzo qui se sont relayés avec plaisir pour dresser un portrait remarquable du meneur de jeu des Canaris. (lire nos prochaines éditions).
Le drapeau algérien gravé sur ses chaussures!
Djamel s'en est allé récupérer ses chaussures laissées sur le gazon. C'est là qu'on se rappelle ce que nous avait dit André. «Demandez-lui de vous montrer ses chaussures.» Il suffisait de les voir pour tout comprendre. Sur les deux chaussures, l'Algérien avait fait graver une fois son nom et une fois son prénom, avec à chaque fois, le drapeau algérien à côté. Il était tellement impatient de vêtir ses couleurs qu'il n'a pas attendu d'être avec les Verts pour le faire. Il n'y a pas de doute, ce garçon est un mordu de l'Algérie. On mesure donc sa fierté de vêtir dans quelques jours, voir quelques heures, le maillot des Fennecs.
Imazighen en force au FC Nantes
Une fois dans la salle de musculation, on est surpris d'entendre un air de musique raï rythmer l'ambiance. Tout ce qu'il y a de naturel pour les habitués des lieux. Car, El Merabet Karim son coéquipier marocain avec qui il partage beaucoup de points communs, la complicité culturelle est parfaite. Jugez-en. Ils sont tous les deux pros, anciens internationaux avec l'équipe de France en jeunes, actuellement passés chez les Lions de l'Atlas pour l'un et les Fennecs pour l'autre, en plus d'être musulmans, Maghrébins et surtout Imazighen tous les deux. L'un d'Akbou en Kabylie et l'autre du Rif marocain.
Karim et Djamel, deux Berbères fiers de leur origine
C'est d'ailleurs ensemble qu'ils finiront leur séance de musculation avant d'aller prendre leur douche et se diriger vers le restaurant du club pour y déjeuner. Lors de cette heure qu'on a passée avec eux, Karim et Djamel nous ont épatés par leur intérêt de défendre la cause amazigh et leurs pays respectifs en général. C'est comme cela qu'ils gardent le contact avec leur culture originelle et c'est comme ça qu'ils se renforceront mentalement pour affronter les défis de leur club et de leur sélection nationale.
Nacym Djender
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«Je suis prêt pour le combat»
«Ma mère sera au stade contre le Rwanda»
L'impatience est très palpable sur le doux visage de Djamel Abdoun. On peut même dire qu'il ne pense qu'à son départ vers Alger afin de vivre sa toute première sélection parmi les Verts, tellement il en parle passionnément. Sans occulter le match qui attend lundi son équipe à Tours, le meilleur passeur actuel du FC Nantes a constamment en tête celui qu'il va vivre le 11 à Blida. Aucun de ses coéquipiers ne peut ignorer le bonheur de Djamel d'aller jouer contre le Rwanda. Et de l'avis de tous, il ne ratera pas ses débuts avec les Verts, car, disent-ils, «il est très costaud dans sa tête». Mieux encore, tout le monde pense que l'Algérie sera plus forte encore avec Abdoun dans l'équipe. De quoi avoir la même impatience de le voir arriver enfin chez les Verts. Entre-temps, Le Buteur est allé le voir à Nantes, histoire de le découvrir à l'état brut. Appréciez la franchise et la sincérité.
* Vous n'êtes qu'à une semaine de votre première sélection parmi les Verts. Qu'est-ce que cela vous fait ?
C'est sûr que je bouillonne de l'intérieur. Je suis hyper impatient d'y être et de découvrir le groupe et l'ambiance d'un match de l'EN au bled.
* A quoi pensez-vous au juste ?
Je pense en même temps à l'accueil des gens, à la découverte de l'équipe, mais aussi et surtout à être au top avant le match pour gagner la confiance du coach. Il ne reste que deux matchs dans ces éliminatoires et je sais que ce sont les plus importants. Il va falloir répondre présent du début jusqu'à la fin du match. Je suis déjà dans l'optique de la préparation mentale. Comme tous les joueurs de l'EN, je ne dois pas décevoir et j'en fais un poing d'honneur.
* Vous avez discuté avec le coach et le président de la FAF. Comment a été ce premier contact ?
Ça s'est très bien passé. C'est le président de la FAF qui m'a parlé en premier, puis il m'a passé le coach. Ils ont tous les deux été très réconfortants et m'ont demandé de me préparer pour faire partie du groupe pour le prochain stage. Leur discours a été agréable et ce contact m'a beaucoup plu.
* Êtes-vous prêt pour jouer dès votre première convocation ?
Ce n'est pas à moi de décider de cela, mais je ne dirai sans doute pas non si le coach venait à me faire confiance. Je suis un compétiteur dans l'âme et si je dois aller en Algérie cette semaine, c'est surtout pour aider l'équipe à se qualifier. Une chose est sûre, c'est que je me sens prêt pour le grand combat. Je donnerai le meilleur de moi-même, il n'y a pas le moindre doute. Le coach sait très bien qu'il peut compter sur moi. Je vais jouer pour la victoire et pour l'honneur du peuple algérien.
* Quelles sont les appréhensions qu'on peut avoir avant un tel rendez-vous ?
Les blessures sont ce qu'on peut craindre le plus. A part ça, il n'y a pas de place pour la crainte. Nous possédons un groupe très solide, nous sommes en tête et nous allons jouer chez nous, devant notre public. Celui qui a peur d'un tel match n'a pas sa place au sein de l'équipe. Il faut garder ce mental de guerrier que l'équipe a affiché depuis le début de ces éliminatoires et penser à monter en puissance à chaque fois que nos concurrents essaieront de nous rejoindre. Il faut les laisser derrière et les faire douter par notre force.
* A qui allez-vous penser en foulant la pelouse du stade de Blida ?
Ce sera sans doute pour ma famille et pour tout le peuple qui attendent cette victoire. J'ai moi-même été à leur place, il y a quelques semaines et je sais ce qu'on voudrait demander aux joueurs. Je ferai donc en sorte à ce que le rêve de tous se réalise. C'est pour ce but qu'on est en train de bosser tous.
* Vous allez certainement inviter vos cousins à assister au match du 11 octobre, non ?
Je vais vous faire une confidence. On a convenu avec ma mère pour qu'elle vienne assister au match contre le Rwanda. Elle aimerait tant vivre cette ambiance dans les tribunes. Elle est venue déjà me voir jouer en France, mais cette fois ça va être différent, parce que je serai avec les couleurs de notre pays. Ça donne déjà des frissons rien que d'y penser. Depuis le temps que j'en rêvais…
* Vous êtes combien dans la famille ?
On est cinq enfants. Mohand qu'on appelle aussi Moumouh, Liès, Lynda et Lila. Moi, je suis le plus jeune de la famille. Mon père est mort lorsque j'avais quatre ans. Nous avons donc été élevés par ma mère à qui je dois rendre un vibrant hommage de nous avoir fait grandir sans ressentir le moindre manque de quoi que ce soit.
* Elle a dû travailler toute sa vie, la pauvre, non?
C'est sûr ! Et elle continue même aujourd'hui à le faire. Elle ne veut pas s'arrêter même si elle n'est plus dans le besoin. Il lui faut tous les jours ses heures de ménage. Elle dit que c'est une question de principe. Si elle arrête de travailler, elle risque de tomber malade. Ma mère est une énorme bosseuse. C'est elle qui nous a appris à ne jamais rien lâcher dans la vie. Ma mère est le courage en personne.
* Quels souvenirs gardez-vous de votre défunt papa?
Franchement, je n'ai pratiquement aucun souvenir de mon père Allah yerrahmou. J'en garde des souvenirs vagues alimentés par l'imaginaire de quelques photos, ou lorsqu'on allait faire les courses. Je n'avais que quatre ans lorsqu'il nous a quittés. C'est difficile pour un môme de cet âge de s'en rappeler.
* Comment on vit cela quand on est ado et qu'on voit les autres jeunes soutenus par leur papa et pas vous ?
En fait, je m'étais habitué à ne pas avoir de père depuis toujours. Mais c'est vrai que par moment, lorsqu'on est adolescent, on aurait aimé avoir son père à ses côtés. Mais moi, au lieu de me lamenter sur mon sort, la vie m'a appris à faire toujours plus d'efforts que mes coéquipiers afin d'être le plus fort. C'est donc cela qui m'a aidé à grandir très vite et à me démerder tout seul.
* Votre maman ne s'est pas remariée ?
Non, elle est restée veuve à ce jour. C'est une question de nif ! Elle n'est pas Algérienne pour rien !
* Qui a joué le rôle du père par la suite ?
C'est un peu mon grand frère, mais on ne peut pas enlever à ma mère tous les sacrifices qu'elle a consentis pour nous élever. Hamdoullah, ma mère est une femme très courageuse. Elle a pris pour elle et elle a réussi sa vie et celle de ses enfants. Je suis toujours en admiration devant ce qu'elle a enduré la pauvre. En plus, on n'était pas des enfants faciles. Mais personne n'a mal viré dans la famille.
* Vous avez souffert du manque d'argent dans votre enfance ?
C'est vrai que ma mère ne gagnait pas des millions en faisant le ménage, mais Al Hamdoullah, elle nous a toujours habillés convenablement. On ne nous a jamais regardés comme des pauvres. Elle se sacrifiait totalement pour qu'on soit habillés proprement et avec de la marque pour ne pas passer pour des démunis. Elle a toujours su nous garder la tête haute. Elle nous a appris à être fiers, à l'algérienne quoi ! Tout le monde est marié chez moi et aujourd'hui, c'est à nous de lui renvoyer l'ascenseur en l'aidant à vivre comme une reine, car elle le mérite bien après tout ce qu'elle a fait pour nous.
* Qu'est-ce qui vous tenait le plus à cœur dans votre vie ?
Ma mère rêvait d'acheter une maison et Al Hamdoullah, Dieu m'a accordé la chance de pouvoir la lui offrir. C'est un peu cela qui me tenait le plus à cœur. Après le reste, c'est une question d'ambition de chaque personne dans la vie.
* Vous êtes de quel patelin à Akbou ?
On est du village d'Amalou. Mes parents y sont originaires tous les deux. Ils sont partis de là-bas tous les deux et nous ont eus ici en France. J'aimerais profiter de cette occasion pour saluer ma mère et toute la famille à Akbou. Elle est chez nous dans le village.
* Comment avez-vous découvert l'Islam ?
C'est lorsque je jouais à Ajaccio que j'ai été imprégné de la douceur de l'Islam. J'ai découvert cela avec Abderraouf Zarabi, Yacine Bezzaz et Rafik Saïfi. Il y avait également un autre frère qui s'appelle Michael Marquet et qui est aussi musulman. C'est en les côtoyant et en les écoutant que j'ai appris les rudiments de l'Islam. J'ai été touché par cet enseignement au quotidien de la pratique de notre religion. Par la suite, je me suis procuré des livres pour approfondir mes connaissances. Aujourd'hui, Al Hamdoullah, je me sens nettement plus à l'aise, plus calme, plus apaisé et je recherche constamment d'autres vérités et d'autres sagesses dans le Coran et la sunna du Prophète (SAW).
* Vous avez appris l'arabe?
Un peu seulement. Mais je me suis promis de m'y mettre sérieusement très prochainement. C'est très important pour ma religion, mais aussi pour communiquer avec mes frères algériens. A commencer par mes coéquipiers de l'EN et les supporteurs du bled.
* Quels sont les souvenirs que vous gardez du bled ?
Plein de souvenirs d'enfance quand on y allait avec ma mère. On était souvent à Béjaïa, du côté des belles plages de Tichy, Boulimat et tous les autres coins merveilleux. (Il se tourne vers Karim Lemrabet et lui dit) : «Tu te baignes et tu surveilles tes affaires, parce qu'il y a des singes qui descendent pour te fouiller les sacs et te chiper la nourriture. Tu n'as pas intérêt à oublier de fermer les fenêtres et les portes de ta voiture.» C'est un endroit sublime. J'y allais très souvent, jusqu'à ce que je démarre ma carrière professionnelle.
* Mais vous pouvez y aller en été aussi, non?
Ma mère y va toujours au mois d'août et moi en cette période je suis déjà à l'entraînement. C'est là que démarre la saison pour nous. Mais je vais sans doute rattraper cela dans les années à venir in cha Allah, car j'ai même l'intention de construire une maison à Béjaïa afin de me rapprocher un peu plus de mon pays. C'est un projet qui me tient vraiment à cœur. J'espère le réaliser le plus tôt possible.
* Qu'est-ce que vous écoutez comme musique ?
J'écoute beaucoup le Coran que de la musique. Mais je ne suis pas contre les bons CD des chanteurs algériens. Mais j'écoute essentiellement de la musique kabyle. Je ne parle pas assez l'arabe en fait. A la maison, c'est toujours taqvaïlith (du kabyle).
* Vous écoutez qui comme chanteurs kabyles ?
J'écoute Allaoua, Oulahlou, Massa Bouchafa, Takfarinas, Idir, Aït Menguellet et tant d'autres encore. En fait, c'est ma mère qui nous a inoculé le virus de la chanson kabyle.
* Vous mangez plutôt marocain avec votre épouse. Vous la préférez à la cuisine algérienne ?
Non, moi je suis à fond pour la cuisine algérienne. Tikourvavine nyemma, par exemple, je ne l'échangerai pour rien au monde. Ah, non, je défends d'abord les plats de ma mère et de la Kabylie (rires).
* Que peut-on vous souhaiter pour le match contre le Rwanda ?
Un souhait de victoire d'abord pour l'équipe. Une victoire avec incha'Allah un score très large en prévision du dernier match contre l'Egypte, si la Zambie n'arrive pas à gagner chez elle la veille. Sur un plan personnel, je souhaiterais convaincre le coach lors des séances d'entraînement qu'on va avoir pour pouvoir jouer ce match et lui donner raison de m'avoir accordé sa confiance pour un rendez-vous aussi important. Je suis très impatient d'y être afin d'apprécier de l'intérieur cette ambiance merveilleuse qui règne dans les tribunes et dont seul le public algérien possède le secret.
* Pouvez-nous rappeler à nos lecteurs votre parcours depuis le début ?
J'ai joué au tout début dans mon quartier à Montreuil, puis je suis allé à 13 ans au Paris FC. Par la suite, le FC Cannes m'a demandé d'intégrer son centre de formation. Je suis donc allé à Cannes qui avait alors l'un des meilleurs centres de formation de France. J'ai signé ensuite à Ajaccio pour quatre ans, avant d'être prêté à Manchester City pour six mois et revenir en France. J'ai joué aussi un an à Sedan et puis à Nantes où je fais ma deuxième année.
* Vous avez joué avec les Bleus. C'était un choix naturel, puisque vous êtes né en France ?
J'étais jeune, j'avais 18 ou 19 ans, j'étais avec les copains et on m'avait appelé en sélection de France. Vous savez, à cet âge, on ne calcule pas trop. C'était un honneur d'être reconnu pour ce qu'on fait, surtout à cet âge. J'avais répondu à la convocation sans me poser de question. C'était naturel, vu que j'avais passé toute ma vie en France.
* Ne pensiez-vous pas quelque part à l'équipe d'Algérie ?
Wallah que j'y avais pensé au fond de moi. Mais que pouvais-je faire à cet âge ? Aller me proposer aux sélectionneurs de l'équipe d'Algérie ? Ça ne se fait pas tout de même ! J'ai donc trouvé normal de jouer pour l'équipe de France, du moment que je n'avais pas d'autre choix. On ne peut pas reprocher à un jeune de jouer pour l'équipe de France, alors que l'Algérie ne l'a jamais sollicité.
* A quel âge avez-vous discuté de l'idée de jouer pour l'équipe d'Algérie avec quelqu'un ?
Vers 20 ans, je crois. C'était avec Rafik Saïfi. Je le voyais avec Raouf Zarabi et Yacine Bezzaz partir en sélection, lorsqu'on jouait à Ajaccio et on en parlait souvent, mais j'étais déjà bloqué administrativement, parce que j'avais joué pour l'équipe de France Espoirs. Malgré cela, je pensais beaucoup à l'équipe d'Algérie.
* Et puis arrive la délivrance avec cette fameuse loi qui a libéré tout le monde.
C'est vrai que ça nous a tous libérés. On allait passer à côté d'un rêve secret et la loi est passée. Là, permettez-moi de dire merci à M Raouraoua, le président de la FAF, qui a réalisé quelque chose de gigantesque en réussissant à faire passer cette loi, malgré les oppositions des grandes nations européennes. Il faut tout simplement lui tirer chapeau pour ce qu'il a fait. On lui doit tous cela, c'est sûr.
* Comment aviez-vous vécu ce moment ?
Franchement, j'étais hyper content. On ressent une vraie libération. La voie était libre désormais. Il fallait après tout faire ses preuves sur le terrain pour mériter sa place au sein de cette équipe d'Algérie qui tournait déjà fort depuis un moment. Rafik Saïfi a touché un mot au coach qui ne me connaissait peut-être pas bien avant. Il lui a dit mon désir de rejoindre le groupe s'il voyait que je pouvais apporter un plus. Puis, par la suite, j'ai reçu le coup de fil du président de la fédération qui m'a passé M Saâdane. J'ai trouvé leur discours très rassurant. En une semaine, tout le dossier était prêt.
* Que vous a dit M Saâdane ?
Il m'a dit que Rafik lui a dit beaucoup de bien de moi. Il m'a dit : «Je sais que tu es un garçon sérieux et facile à vivre. C'est le plus important pour intégrer un groupe. Après les performances sur le terrain, c'est à toi de faire le nécessaire pour être au top.» J'ai trouvé son discours très sage et très rassurant. J'ai tout de suite apprécié le contact.
* Vous êtes passé par la suite par une petite période de doute, avant de recevoir votre convocation. Pouvez-vous nous raconter cela ?
C'est vrai qu'au départ, j'attendais avec impatience d'être convoqué, mais cela tardait à venir. Je voulais tellement être dans ce groupe où j'ai beaucoup d'amis. C'est normal de désirer une sélection rapidement. Mais el hamdoullah, cela est arrivé un matin en allant à l'entraînement. Je savais que le coach allait me convoquer, mais il me fallait la confirmation par écrit. Je l'ai reçue au secrétariat du club et je ne vous cache pas mon émotion. Seulement, je n'étais pas tout à fait rassuré, à cet instant.
* Pourquoi donc ?
Parce que je ne savais pas si c'était une présélection ou une vraie convocation pour le match contre le Rwanda. Il m'a fallu appeler Madjid (Bougherra) qui m'a demandé de lui lire ce qui était écrit sur ma convocation avant de me confirmer qu'elle était identique à la sienne. C'est là que j'ai été définitivement soulagé. Je me suis dit : j'y suis enfin, le rêve s'est enfin réalisé, al hamdoullah ! J'ai éprouvé un sentiment de bonheur et surtout de fierté. J'ai tout de suite pensé à ma mère et toute ma famille. Je savais que ça allait leur faire plaisir.
* Comment aviez-vous vécu cela dans le vestiaire ?
Ils m'ont tous félicité. Ils m'ont dit que le plus dur restait à faire maintenant. Le coach aussi était très content pour moi. On s'apprécie beaucoup lui et moi. C'est quelqu'un qui m'aide beaucoup dans mon évolution. C'est grâce à lui que je me sens à l'aise sur le terrain.
* L'année dernière, ça se passait plutôt mal avec les supporteurs de Nantes, pourquoi ?
Ils m'avaient demandé quel était ton club de rêve et j'avais répondu : Marseille. Certains supporteurs l'avaient alors mal interprété et ça s'est passé un peu mal à un moment donné. Mais aujourd'hui, tout est rentré dans l'ordre et il n'y a plus aucun souci de ce genre. Tout le monde sait que je me donnerai toujours à fond pour mon équipe. J'espère qu'on va remonter dès cette année en Ligue 1, car nous possédons un bon potentiel.
* Personnellement, n'avez-vous pas peur de rater votre premier match avec les Verts ?
Franchement, je n'y pense même pas. Car tout est entre les mains d'Allah. Il élève qui Il veut et Il rabaisse qui Il veut. C'est Allah qui décide. Vous savez, que ce soit pour moi ou pour toute l'équipe, si Allah ne veut pas qu'on aille en Coupe du monde, on n'ira pas, même si on gagne contre le Rwanda et contre l'Egypte. Il suffit qu'Il le décide et qu'on se retrouve écartés à cause d'un problème administratif par exemple. A quoi donc s'inquiéter pour rien. Wa ma youçibouna illa ma katabahou Alllahou lana (il ne nous arrivera que ce que Allah a écrit pour nous.)
* Le scénario idéal contre le Rwanda serait lequel d'après-vous ?
C'est d'abord impérativement la victoire, si possible la plus large possible, en attendant le dernier match contre l'Egypte. Maintenant si les Zambiens venaient à gagner leur match, la fête sera totale le 11 inch'Allah. J'aimerais beaucoup prendre part à ce match afin d'aider l'équipe à gagner et se qualifier au Mondial. Le fait de faire sortir dans la rue tous les Algériens pour exprimer leur bonheur est un sentiment que j'aimerais bien vivre le 11 inch'Allah. C'est tellement beau de voir qu'on a donné de la joie au peuple. A nous de faire en sorte que cela recommence à chaque match.
* Un mot pour le public algérien ?
Je tiens déjà à remercier tous ceux qui m'ont souhaité la bienvenue dans ce groupe. Cela me pousse à donner le meilleur de moi-même afin de renvoyer l'ascenseur au public, tout comme au staff technique qui m'a fait confiance. J'espère être à la hauteur de l'attente. J'ai vraiment hâte d'apprécier l'ambiance du stade de Blida de l'intérieur. Déjà à la télévision, ça m'a donné des frissons. J'imagine ce que ça va être sur le terrain. Je voudrais le vivre pleinement inch'Allah.
Entretien réalisé à
Nantes par : Nacym Djender
Gernot Rohr : «Abdoun a les qualités pour jouer dans le plus haut niveau»
Qui mieux que l'entraîneur du FC Nantes est à même de juger de la forme de Djamel Abdoun ? Gernot Rohr, cet entraîneur allemand qui a eu sous sa coupe Zinédine Zidane, lorsqu'il était à Bordeaux, est celui qui peut brosser le profil le plus juste de Djamel Abdoun avant le match contre le Rwanda. Nous l'avons sollicité après l'entraînement de dimanche matin pour nous parler de son meilleur joueur actuel. Rohr a dit tout le bien qu'il pense d'Abdoun, qu'il considère tout simplement comme l'un des futurs meilleurs joueurs de France.
* Djamel Abdoun devient international algérien. Peut-on avoir les impressions de son coach d'abord ?
Je suis bien évidemment très content pour lui. Il faut dire que je connais Djamel depuis très longtemps. J'ai même failli l'entraîner lorsque j'avais pris en main le club d'Ajaccio. Malheureusement, il était parti au même moment à mon grand regret. J'avais souhaité l'avoir dans mon équipe bien avant, car j'ai toujours estimé que Djamel possède des qualités mentales solides qui, ajoutées à ses qualités offensives de vitesse et d'efficacité, peuvent lui permettre de jouer dans le plus haut niveau. Donc à Nantes, et dans un contexte très difficile marqué par deux relégations en trois ans, avec un petit souci avec l'environnement du club qui lui était hostile, que ce soit les supporteurs ou les médias, il faut reconnaître que ça n'avait pas été facile pour lui. Malgré cela, Djamel a montré sa solidité à toute épreuve, en étant présent depuis le début de la saison. Je peux même dire que Djamel Abdoun est l'un meilleurs joueurs du FC Nantes cette saison. C'est même en grande partie grâce à lui que l'équipe est en train de réaliser ce début de saison.
* Comment jugez-vous sa préparation d'avant-saison ?
Ah, là, physiquement, Djamel a été au-dessus du lot. Il a été très très généreux dans l'effort, mais aussi au sein de la vie du groupe. Djamel est aujourd'hui une pièce très importante de l'équipe.
* Vous louez ses qualités, certes, mais qu'en est-il de ses défauts ?
Je dirai que le côté négatif de Djamel est, paradoxalement, la résultante de toutes ses meilleures qualités. Sa générosité extrême le conduit à aller au-delà de ses limites physiques. C'est un gagneur acharné qui ne sait pas gérer ses efforts par moments. Il se donne toujours à fond, au point de s'épuiser au final. La meilleure preuve de cela a été la période du Ramadhan.
* On sait qu'il fait le Ramadhan et ne rate aucun jour tant aux entraînements que pendant les matchs.
Je confirme. Djamel ne rate aucun jour et mieux que ça, il se dépense encore plus pendant le Ramadhan. C'est ce qui fait un peu peur à tout le monde, car ce n'est pas facile de concilier avec le sport de haut niveau. Il a été tellement généreux dans l'effort qu'il lui fallait toujours beaucoup de temps pour qu'il récupère.
* Comment aviez-vous vécu, justement en tant que coach, le fait que Djamel ait insisté à jeûner tout le mois ?
Pour moi, cela ne pose pas de problème, car je suis très tolérant de nature et en plus, je connais un peu la culture musulmane, pour avoir déjà eu à entraîner en Tunisie pendant six mois. Il n'était pas le seul à l'avoir fait dans mon équipe, il y a aussi d'autres musulmans qui l'ont fait aussi. Mais Djamel l'a fait avec un engagement total dans son travail.
* Vous a-t-il demandé de le ménager un peu ?
Non, il n'a demandé aucune faveur. Il a fait comme d'habitude et je dirai même qu'il est allé encore une fois, au-delà de ses limites physiques, avec pratiquement, pas d'aménagement. C'était à nous de faire en sorte à ce qu'il puisse récupérer de ses efforts par la suite. Car déjà qu'il n'a pas le gabarit d'un géant, il est encore frêle morphologiquement parlant et donc, il n'est pas à l'abri de ce point de vue lorsqu'en plus il s'entraîne sans boire ni manger. Heureusement que Djamel a su gérer cette période de manière intelligente.
* Pensez-vous qu'il a répondu présent malgré tout ?
Djamel est un professionnel exemplaire. C'est un joueur qui a la gagne en lui. Il a toujours la rage de vaincre, même pendant les entraînements, il n'accepte pas la défaite.
* Monsieur Saâdane, le sélectionneur algérien, ne le connaît pas encore aussi bien que vous. Pourriez-vous lui brosser un profil technique de Djamel Abdoun pour une meilleure utilisation de ses qualités dans une équipe ?
Alors là, c'est une question à laquelle je me dois de réponde de manière «diplomatique». Je dirai que cela dépend de l'effectif que possède mon confrère algérien, cela dépend aussi du profil des joueurs de l'équipe d'Algérie. Mais moi, je le vois en électron libre dans un système à quatre joueurs offensifs. Lui laisser la liberté de s'exprimer devant. Il ne faut surtout pas le brider, car Djamel aime bien être libre de ses mouvements. Il avait un peu du mal à se replacer défensivement, mais ces derniers temps, il s'est bien ressaisi et ça va nettement mieux.
* A quel poste se plaît-il le plus pour plus d'efficacité ?
En attaque, Djamel peut jouer partout sans souci, avec une petite préférence dans les espaces, car c'est là qu'il excelle, que ce soit sur les côtés en ou profondeur. Donc, il peut jouer facilement comme joueur excentré comme je l'utilise, comme il peut être comme deuxième attaquant, derrière un point de fixation. Je le vois dans ces positions-là.
* Défensivement, est-ce qu'il est déjà au top, ou alors il lui reste encore du travail à faire ?
Vous savez, il n'a pas encore les qualités défensives que j'avais lorsque j'étais joueur (il rigole). Je ne lui demande pas tout de même d'être aussi fort que moi, mais il doit donner un coup de main à son arrière latéral et Djamel est en train de le faire assez bien cette saison. Il est très rusé, donc il peut anticiper facilement sur le jeu de l'adversaire et récupérer le ballon. Il le fait souvent d'ailleurs. Il faut qu'il muscle son jeu un peu plus lorsqu'il est sans ballon et qu'il doit défendre. Il est encore jeune et je suis sûr que ça va venir avec le temps. Je pense que Djamel peut devenir bientôt un des meilleurs attaquants de France. A lui de travailler encore.
* Vous avez joué avec beaucoup de joueurs algériens. Quels souvenirs gardez-vous d'eux ?
Ah, oui, j'ai joué avec beaucoup d'Algériens, comme Nouredine Kourichi à Bordeaux ou Omar Sahnoun. J'ai aussi entraîné plusieurs joueurs algériens. Il n'y a pas longtemps, on avait battu l'équipe de Chlef lorsque j'entraînais l'Etoile du Sahel. On a gagné chez nous 2-1 et on a fait 0-0 à Chlef. Je me rappelle aussi du match qu'on a joué avec Bordeaux contre l'Algérie au stade du 5-Juillet. On avait perdu 1-0 ce jour-là et l'ambiance était formidable.
* Vous avez eu à entraîner des joueurs algériens. Quels souvenirs en gardez-vous ?
Oui, j'ai entraîné beaucoup d'Algériens et leur jeu technique est toujours ce qu'on retient en premier. Le plus connu de tous, c'est bien évidemment Zidane. Lui, c'était un joueur comme on en rêve toujours d'en avoir dans une équipe. Il était discipliné et faisait tout ce qu'on lui demandait de faire. C'est un exemple pour le football. Il nous épatait tous les jours ce garçon.
* Que retenez-vous du côté algérien de Zidane ?
Ah, là, il n'y a pas de doute, Zidane aime beaucoup l'Algérie. Il était très fier d'être algérien. Il en parlait beaucoup et il parlait aussi beaucoup de l'équipe d'Algérie. Il suivait tous ses matchs et il nous apprenait même les résultats de l'Algérie. On le sentait très intéressé par l'Algérie, il n'y a pas de doute. Pour nous, Zidane était un petit pont vers l'Afrique à l'époque.
* Est-ce vrai que vous aviez été sollicité pour prendre la sélection algérienne ?
Oui, j'ai été contacté par un intermédiaire des responsables algériens, il y a de cela trois ou quatre ans, mais malheureusement, je n'étais pas libre à cette époque, car j'entraînais l'équipe suisse de Berne. J'ai dû donc décliner l'offre malheureusement.
* Un mot pour les Algériens avant d'affronter le Rwanda ?
Je leur souhaite vivement de se qualifier en Coupe du monde 2010. J'espère qu'ils vont faire un très bon match qui va leur assurer leur billet pour l'Afrique du Sud. J'espère que Djamel va jouer et je suis sûr qu'il ne va pas décevoir, car il a un mental de fer. Il est toujours présent dans les grands moments. C'est un joueur sur qui on peut compter.
* Vous suivez les matchs de l'Algérie ?
Bien sûr ! Depuis mon passage en Tunisie, j'ai appris à suivre les matchs de tout le Maghreb. J'ai déjà eu l'occasion de connaître l'équipe de Chlef qui est très solide. Il y a aussi celle de la JS Kabylie qui est très connue. Je suis pratiquement tous les matchs des équipes maghrébines depuis. Est-ce que Lang est toujours à la JS Kabylie ?
* Oui, vous voulez lui passez le bonjour à travers Le Buteur ?
Ah, c'est gentil, ça. Oui, je lui fais un coucou et je lui souhaite de réaliser une grande saison avec la JSK. Nous avons des échos favorables de ce qu'il fait. Je lui souhaite bonne chance à lui et à tout le football algérien. Franchement, ce qu'est en train de réaliser l'équipe d'Algérie ne laisse personne indifférent. J'espère que vous irez jusqu'au bout du rêve.
Entretien réalisé à Nantes par : Nacym Djender
Il va peut-être se raser la barbe avant de venir à Alger
La religion est très présente dans la vie de Djamel Abdoun. Il est même très à cheval sur les cinq prières. Mais il est très loin de l'image qu'on peut se faire de lui, avec cette barbe touffue qui lui cache ses traits fins angéliques. Car Djamel Abdoun n'est pas un fanatique, comme on serait tenté de le penser, en l'entendant appuyer ses réponses par des versets du Coran ou des hadiths. «Ma barbe ? Il m'arrive parfois de l'enlever pour refaire mon âge», plaisante Djamel. «D'ailleurs, pour ma première sélection, je crois que je vais l'enlever avant de venir à Alger. On verra mieux mon visage comme ça», nous a-t-il confié en rigolant.
Al Jouhaïni la Ômra et Al fajr
Dans la salle de musculation, alors que son ami marocain Karim Al Mourabet avait lancé de la musique raï pour accompagner ses mouvements, Djamel Abdoun nous a confié qu'il n'était pas trop porté sur cette musique. «Je préfère les chanteurs kabyles, comme ma mère. Mais personnellement, j'écoute beaucoup de CD du Coran. Mon préféré, c'est Al Jouhaïni. Il a une voix sublime, ma cha Allah. Vous savez, lorsque j'ai fait la Ômra, on est allés le voir avec un ami pour lui demander s'il pouvait nous réciter sourat Al baqara pendant salat Al fajr. Le lendemain matin, il nous l'a accordé. C'était un moment inoubliable», nous a-t-il raconté
«C'est jamais méchant moi !»
Lorsqu'il s'entraîne avec ses camarades de Nantes, Djamel Abdoun peut paraître rugueux dans les contacts, parfois blessant verbalement, limite hautain même. Mais de l'avis de tous ses camarades, il n'est jamais méchant. «Il a un cœur gros comme ça», dit de lui par exemple Jean-Claude Darcheville. Lui-même reconnaît qu'il doit muscler son jeu «parce que le coach me le demande. Mais je suis toujours tranquille dans ma tête. C'est vrai que je chauffe un peu par moments, mais je ne fais jamais rien pour blesser les gens ou les prendre de haut. C'est jamais méchant, moi !»


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