Les Bourses européennes ont démarré la semaine en baisse, la prudence étant de mise à quelques jours d'un sommet européen qui suscite une nouvelle fois beaucoup d'attentes au regard des difficultés persistantes en zone euro. Paris a ainsi commencé sur un recul de 0,57%, Londres de 0,27%, Francfort de 0,54%. Peu après l'ouverture Madrid perdait 0,83%, Milan 0,65% et la baisse s'accentuait pour le CAC 40 (-1,12%), le Dax (-1,10%) et le Footsie-100 (-0,36%). A Zurich, le SMI reculait de 0,61% après une demi-heure de cotation. "La prudence sera à son comble, les pressions sur l'Europe restant à leur sommet. A la fin de la semaine, un sommet crucial pour l'avenir de la zone euro aura lieu", ont estimé les analystes de Saxo Banque. "Cette semaine s'annonce particulièrement agitée alors que dans le monde entier les gouvernements tentent de reprendre la main et de lutter contre le ralentissement de la croissance. Les Européens resteront au centre du jeu avec un sommet européen capital en fin de semaine pour mettre la première pierre d'un énième plan de sortie de crise", ont également jugé les analystes du Crédit Mutuel-CIC. Le sommet doit se tenir, jeudi et vendredi, mais dès mercredi soir, la chancelière allemande Angela Merkel, rencontrera à Paris le président français François Hollande, pour préparer la réunion. Outre une réponse aux difficultés les plus urgentes rencontrées notamment par l'Espagne et la Grèce, les marchés attendent également des solutions qui permettraient à la zone euro de retrouver le chemin de la prospérité et donnerait du même coup un souffle d'air frais à l'économie mondiale dans son ensemble. Signe des inquiétudes récurrentes, les taux d'emprunts de l'Espagne et de l'Italie connaissaient à nouveau, hier matin, une nette tension, après quelques jours d'accalmie. Paris : le CAC recule, prudence de mise avant le sommet européen La Bourse de Paris évoluait en baisse, hier (-0,84%), sur la défensive en l'absence de rendez-vous majeurs dans la journée, alors que se profile en fin de semaine un sommet européen qui s'annonce décisif pour la zone euro. Dans les premiers échanges l'indice CAC 40 cédait 26,09 points à 3 064,81 points. Vendredi, il avait perdu 0,75%. Les valeurs cycliques, les plus dépendantes de la conjoncture, tiraient le marché vers le bas, comme ArcelorMittal (-1,97% à 11,67 euros) et STMicroelectronics (-1,78% à 4,35 euros). Les banques étaient mal orientées. BNP Paribas perdait 1,02% à 29,10 euros, Crédit Agricole 0,75% à 3,33 euros et Société Générale 1,15% à 17,59 euros. Vivendi perdait 1,54% à 13,79 euros alors que le groupe, qui a tenu une réunion ce week-end, prépare selon l'hebdomadaire JDD un programme d'économies qui pourrait s'élever à un milliard d'euros. Dans un communiqué publié, hier matin, Vivendi indique qu'il "communiquera en temps utile sur ses projets et sur les nécessaires évolutions du groupe". L'Oréal limitait un peu la casse (-0,66% à 88,30 euros). Les analystes de Barclays ont entamé le suivi du titre à "surpondérer". Vallourec lâchait 1,21% à 28,25 euros. L'agence de notation Standard and Poor's a abaissé de "stable" à "négative" la perspective de la note du groupe. Casino (-0,65% à 65,50 euros) se comportait un peu mieux que le marché. Il a annoncé vendredi soir avoir pris le contrôle du numéro un brésilien GPA, à l'issue d'une assemblée générale extraordinaire de la holding Wilkes qui contrôle ce groupe. Londres : le FTSE-100 passe sous les 5500 points La Bourse de Londres a ouvert en baisse, hier matin, les investisseurs restant prudents faute de nouvelles majeures attendues dans la journée et avant un sommet européen en fin de semaine. L'indice FTSE-100 des principales valeurs est passé sous le seuil psychologique des 5400 points. Il perdait 0,51% à 5 485,3 points vers 07H40 GMT. Ishaq Siddiqi, stratégiste chez ETX Capital, invoque "le peu de nouvelles économiques dans la région aujourd'hui", et ce "malgré les espoirs liés au sommet européen plus tard cette semaine". Selon lui, les investisseurs pourraient être sensibles dans l'après-midi aux chiffres des ventes de logements aux Etats-Unis. Lanterne rouge, le groupe pharmaceutique Shire plongeait de 10,12% à 1 766 pence. Le marché sanctionnait un feu vert donné par les autorités sanitaires américaines à la mise sur le marché d'une version générique de son traitement contre l'hyperactivité, Adderall XR. Le brasseur SABMiller reculait de 2,10% à 2 451,5 pence. Les valeurs minières figuraient également parmi les perdantes de ce début de séance. Rio Tinto lâchait 1,16% à 2 947,5 pence et Xstrata 0,75% à 810,4 pence. Francfort : le Dax commence mal une semaine décisive pour l'euro La Bourse de Francfort a commencé la semaine clairement dans le rouge, hier, au début d'une semaine qui pourrait s'avérer décisive pour la zone euro. "La crise de la dette en zone euro donne toujours le ton sur les marchés", commentait Wolfgang Albrecht, analyste de la banque allemande LBBW. Dans le viseur des investisseurs, un sommet européen très attendu, jeudi et vendredi, à Bruxelles, qui devrait donner lieu à "une discussion animée". Les attentions se focalisaient d'autant plus sur ce sommet et les divisions auxquelles il donne lieu que "aucun indicateur de nature à faire bouger le marché (n'étaient) attendus en début de semaine", notait M. Albrecht. Le Dax lâchait 1,31% hier peu après l'ouverture, pour pointer à 6 180,50, et le MDax des valeurs moyennes chutait de 0,75% à 10 098,57 points. Adidas (-0,19% à 56,88 euros) était la moins attaquée des "blue chips" (valeurs vedettes), alors que l'issue des quarts de finale de l'Euro-2012 rend très vraisemblable une finale 100% Adidas Allemagne-Espagne dimanche prochain, à même de propulser encore à la hausse les ventes de maillots déjà très satisfaisantes dans les deux pays. Les énergétiques RWE et EON faisaient grise mine. Une information de presse faisait état, hier, d'une étude de la banque Hypovereinsbank selon laquelle le financement du "tournant énergétique" allemand, terme qui désigne l'abandon du nucléaire et tout ce qui en découle, ferait face à de gros problèmes de financement. Le nouveau patron de RWE réclame en outre dans un entretien paru, hier, dans le Spiegel une compensation du gouvernement pour les retards de raccordement des réseaux électriques dans le nord du pays, là où son groupe et d'autres veulent implanter des parcs éoliens offshore. RWE lâchait 2,15% à 30,27 euros et EON 2,11% à 15,23 euros. Suisse : ouverture en baisse avant le sommet européen La Bourse suisse a ouvert en baisse, hier. Les préalables sont mitigés. Dans les premiers échanges, le SMI cédait 0,59% à 5 954,26 points, le SLI et le SLI lâchant respectivement 0,69% à 885,30 points et 0,59% à 5 535,19 points. La plupart des valeurs du SMI/SLI perdaient du terrain. ABB (-2,7%) accusait la plus forte baisse après la rétrogradation par JPMorgan à "underweight" de "neutral". Les analystes ont également abaissé l'objectif de cours à 16,50 (20,00) francs. Les investisseurs boudaient aussi d'autres cycliques, telles que Nobel Biocare (-2,5%), Lonza (-2,4%) ou encore Holcim (-0,9%). Swatch (-0,6%), qui était orienté à la hausse avant l'ouverture, est passé dans le rouge. Richemont perdait de son côté 0,7%. Geberit (-0,1%) ou Schindler (-0,3%) résistaient mieux, alors que Transocean grappillait 0,2%. Les bancaires étaient elles aussi en baisse. CS perdait 1,1% et UBS 0,8%. Aux assurances, ZFS cédait 0,7% et Swiss Re 0,8%. La presse du week-end s'est fait le relais de Credit Suisse en annonçant que la grande banque pourrait avancer un emprunt convertible de 6 milliards de francs originellement prévu pour 2013. C'est Julius Bär (-0,3%) qui fournissait la moins mauvaise prestation. Dans une interview accordée ce week-end, son CEO a précisé les conditions de rachat des activités à l'étranger de Merryll Lynch. Sonova (action -0,9%) est l'objet de critiques de la part d'acousticiens français en raison d'une acquisition effectuée en 2008, mais qui vient seulement d'être communiquée, peut-on lire dans la presse du week-end. Près de 400 personnes ont appelé au boycott de l'entreprise suisse. Sonova n'est pour l'instant pas en mesure d'évaluer les effets sur le chiffre d'affaires. Sur le marché élargi, le spécialiste des hedge funds Gottex (-0,8%) affiche une "légère perte opérationnelle" au 1er semestre 2012. SHL (action +2,7%) a reçu de l'autorité américaine FDA l'homologation de son nouveau produit Smartheart. Celui-ci est déjà vendu en Europe. Après le succès de sa reprise par Covidien, Oridion vit aujourd'hui son dernier jour de négoce. Le titre gagnait 3,1%. Tokyo : le Nikkei clôture en baisse de 0,72%, sur regain du yen L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé, hier, la séance en baisse de 0,72%, les investisseurs, peu nombreux, n'appréciant guère la tendance haussière du yen face à l'euro et au dollar, notamment à cause de craintes persistantes liées à l'Europe. Les incertitudes politiques au Japon sur le projet de hausse de la taxe sur la consommation ont aussi dissuadé des investisseurs, selon des courtiers. A la clôture, l'indice Nikkei 225 des valeurs vedettes a cédé 63,73 points pour s'afficher à 8 734,62 points. L'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau a pour sa part décliné de 5,70 points (-0,76%) pour terminer à 745,22 points. La séance a une fois de plus été très peu active, avec seulement 1,39 milliard de titres échangés sur le premier marché. Dans ce contexte peu enthousiasmant, de nombreuses valeurs ont perdu du terrain, à commencer par les plus vulnérables à la cherté du yen. Seuls quelques titres isolés s'en sont bien tirés grâce à des informations de presse positives et/ou à des jugements favorables d'analystes. L'action du premier constructeur de voitures japonais, Toyota, a baissé de 0,16% à 3.080 yens, celle de Honda de 0,93% à 2 661 yens et celle de Nissan de 2,67% à 728 yens. Le titre du groupe d'électronique japonais Sony a abandonné 2,41%, pour terminer à 1 135 yens alors que celui de son compatriote et concurrent du même secteur, Panasonic, a progressé de 0,64%, à 632 yens. Une demi-heure après la clôture, les deux "éternels rivaux" ont annoncé la conclusion d'une entente pour le co-développement d'écrans de TV de nouvelle génération dit "organiques électroluminescents" (OEL ou OLED), mais leur évolution en Bourse n'est pas liée à cette annonce qui était d'ailleurs attendue en raison de fuites dans la presse il y a plusieurs semaines. Le titre Sharp a pour sa part perdu 3,53% pour terminer à 410 yens, victime de prises de bénéfices. A noter également la perte de 3,15% du titre NEC, le groupe ayant commis des irrégularités fiscales, selon des articles parus dans la presse. Du côté des valeurs bancaires, comme d'habitude les plus échangées de la journée, Mizuho Financial Group a cédé 2,31% à 127 yens, Nomura Holdings a perdu 2,09% à 281 yens et Mitsubishi UFJ Financial 1,09% à 364 yens.