Confrontées aux problèmes de la collecte d'ordures, les APC ont délaissé les vecteurs qui accompagnent le cadre de vie Souvent dès que l'on évoque l'environnement, les Assemblées populaires sont montrées du doigt et le problème de la collecte des ordures est le plus visé. Béjaïa comme d'autres wilayas du pays, est confrontée à ce problème épineux, pourtant régularisé par le décret 84.378 du 15 décembre 1984 qui fixe les conditions de nettoiement, d'enlèvement et de traitement des déchets solides urbains. Les villes de la wilaya ont perdu leur aspect d'antan, où le ramassage des ordures se faisait à des horaires réguliers, les grandes artères étaient lavées à grande eau, les jardins publics connaissaient un entretien particulier, les cités étaient dotées d'espaces verts, d'aires de jeux et les rues étaient bordées d'arbres ornementaux. Aujourd'hui, une nouvelle culture de l'abandon s'est installée, reléguant l'état des communes à une situation catastrophique alors que le citoyen semble être insensible à cette dégradation. Du côté des collectivités locales, tout en incriminant le citoyen pour le non-respect des règles d'hygiène les plus élémentaires à savoir le dépôt d'ordures aux lieux et horaires réglementés à cet effet, par les APC. Ces dernières puisent, aussi, dans l'argumentaire du déficit des moyens matériels et humains. Parmi les 52 communes que compte la wilaya de Béjaïa, rares sont celles qui ne sont pas confrontées à la collecte d'ordures et à la prolifération des décharges sauvages. Le déficit en décharges publiques contrôlées et d'une police de surveillance et de contrôle, a permis aux citoyens de se débarrasser de leurs ordures, anarchiquement, sans se conformer aux règles établies. De plus, la politique de création de décharges intercommunales n'a pas abouti, pour des raisons de refus d'installation de ces sites par les Assemblées et par les citoyens qui ont eu souvent recours à l'occupation de la rue pour dire leur " niet " à l'installation de ces infrastructures. Les problèmes d'ordures sont d'autant plus sérieux dans le secteur, de l'environnement que les autres secteurs constituant ce secteur sont quasiment ignorés. Car, comment peut-on s'intéresser à la flore lorsque les déchets s'amassent sur les trottoirs, les lieux publics, les espaces verts ou même les cimetières qui se sont transformés en décharges publiques sous l'œil des autorités et le silence complice des citoyens. L'environnement d'une cité ne se limite pas au ravalement des façades et à leur blanchiment mais doit aussi répondre à un plan d'aménagement selon les règles de l'urbanisme ; un but qui est loin d'être atteint dans la wilaya de Béjaïa où l'on constate une anarchie engendrée par la construction et l'extension d'habitations illicites ainsi que le non-achèvement des constructions qui ont donné un visage hideux aux villes de la région. L'inexistence d'une harmonie dans les plans de construction et dans le choix des peintures et des matériaux des façades externes a donné naissance à des centres urbains des plus anarchiques, ne répondant pas aux normes de grandes villes. Béjaïa, qui a été construite dans la précipitation, risque dans un proche futur se retrouver confrontée à des problèmes des plus complexes à l'exemple de la couverture sanitaire ou éducative ainsi qu'à celui de la circulation routière, un volet qui n'a pas connu d'aménagement malgré l'extension des villes.