La mouvance islamique en Algérie active sur plusieurs fronts en vue de jouer son propre rôle idéologique dans la vie politique du pays. Ce mouvement connaît, depuis l'avènement du pluralisme, une floraison caractérisée par la création de partis. Il est aussi traversé par des convulsions et des crises de leadership et parfois de rivalités. Cette image donne à la société algérienne la preuve que ces " politiques islamiques " sont mal partis pour opérer une percée politique efficace sur le plan national, mais ils sont en train de gagner des sympathies et des soutiens à l'étranger pour leur opposition aux fondements de la République, à la démocratie et aux réformes politiques et institutionnelles engagées par le pays. A ce propos, nombre de politologues pensent que feu Mahfoudh Nahnah aurait fait mieux pour offrir à cette mouvance une assise moderne et l'éclosion d'une vraie idéologie qui va de pair avec les valeurs et les constances du pays et de la Nation, c'est-à-dire le développement d'une politique au service des intérêts suprêmes de la Nation et rien d'autre. Mais encore récents, des chefs politiques de cette mouvance en Algérie sont nombreux à multiplier les déclarations et les rencontres pour se mettre dans la peau d'opposants au régime républicain pour des raisons que tout le monde connaît. Aujourd'hui, ils se couvrent de démocratie pour préparer l'avenir en poussant leur activisme et leur critique à l'égard de tout ce qui est positif sur le plan politique, économique et social en Algérie. L'entrée en lice dans cet espace de " leurre " des salafistes est une preuve de plus qu'il y a liaison avec les commanditaires et le courant des " révolutions arabes ". Sur un autre plan, le nomadisme politique à l'intérieur des islamistes est une réalité en Algérie, d'ailleurs aucune de ces formations politiques ne possède un véritable fichier de sa composante humaine, exception des responsables au sommet. Les effectifs de militants se vident d'un parti pour un autre. Une cadence régulière, car, à l'intérieur de ces effectifs, nul ne devrait passer sous silence, la présence d'extrémistes qui cherchent le " mal " est là, où ils trouvent écoute, ils font des sauts dans l'espoir de répandre leur idéologie. A ce propos, les récentes élections locales (APC-APW) ont été l'occasion pour certains extrémistes et beaucoup de salafistes à s'introduire dans les assemblées élues, et même d'obtenir des postes de responsabilités dans les exécutifs de ces assemblées, suite aux alliances établies par des micro-partis contre les démocraties et les nationalistes, et qui ont fait justement appel à ces " extrémistes-salafistes ". Ces derniers sont là, non pas pour accomplir un mandat électoral au service des citoyens, mais un " mandat politique " pour faire valoir leur idéologie. Les cas sont nombreux à ce sujet à travers les APC-APW, où nombre d'élus démocratiques et nationalistes, notamment du FLN et du RND, sont totalement marginalisés par une majorité faite de ces islamistes. Cette situation en elle-même dénature le vrai visage de ces élus. Dans une très large mesure, ces traits constituent le " legs " d'un suivisme des lignes destructives établies dans les années 90. Le camp démocratique, en dépit de son importance et son acceptation par la majorité, jouissant d'un certain prestige dans la société, n'arrive plus à se " remodeler " et connaît un confinement tel qu'il peut devenir bientôt quantité " légère " dans le paysage politique national. Aussi, il est plus qu' indispensable que ce camp, à la fois nationaliste et démocratique, trouve les voies de s'unifier face à la montée inquiétante des " islamistes-salafistes ". Un paysage politique national " sain " pourrait se prévaloir d'être d'une taille plus grande et plus importante aux yeux de la nouvelle génération. Dans ces conditions, et pour l'intérêt du pays et de la Nation, l'activisme " intégriste-salafiste " devrait être franchement dénoncé par le camp démocratique, car il a un rattachement avec l'extérieur. A ce propos, le camp démocratique ne devrait se faire oublier à travers ses divergences pour " démarquer " cet activisme nuisible. Il devrait faire appel à ce " tronc commun " qui existe depuis le Premier Novembre 54 et qui est pour le moment assez suffisant pour créer un " courant " démocrate et nationaliste pour consolider la renaissance nationale, c'est-à-dire réagir dans ce sens par une juste analyse de la réalité dans une pratique de masse confortable en attitude réellement militante.