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Les harragas, le test ADN et l'échec des politiques de développement
Rencontre internationale sur l'émigration clandestine aujourd'hui à Alger
Publié dans Le Midi Libre le 27 - 09 - 2008

Treize ambassadeurs des pays du pourtour méditerranéen et subsahariens prendront part, aujourd'hui, à la rencontre internationale sur le phénomène de l'émigration clandestine, organisée par le ministère de la Solidarité nationale. Les causes, les conséquences et les solutions jugées en mesure de venir à bout de ce phénomène sont autant de points programmés à l'ordre du jour de cette rencontre. Celle-ci intervient après l'appel de la Fédération européenne des Associations algériennes (FEAA). Cette instance, créée en 2005, a tiré la sonnette d'alarme et appelé au respect des droits de l'Homme et de la dignité des émigrants clandestins. «Les harragas se font tabasser quotidiennement et d'une manière des plus brutales, dans des centres de détention, où les autorités espagnoles renferment les émigrants clandestins », a indiqué le président de la Fédération européenne des associations algériennes, M. Benmeddah. Cette initiative est, également, appuyée par le président du collectif des familles de harragas disparus en mer, M. Kamel Bellabad. «Il n'y a que les tests ADN qui peuvent permettre aux autorités Italiennes et espagnoles d'identifier les corps des harragas trouvés morts», a-t-il estimé. Outre cette mesure, argue le représentant, il n'y a aucune solution pour identifier les corps des harragas décédés. Même son de cloche du côté de Pr. Kamel Bellabad, membre de la Ligue Algérienne pour la défense des droits de l'Homme et auteur d'une enquête sur les harragas disparus en mer. « Il faut que les autorités algériennes effectuent des tests ADN et entament des enquêtes au sujet des harragas disparus.
Il y a des centaines de harragas morts et enterrés dans des fosses collectives en Tunisie et en Libye», a-t-il tenu à préciser dans sa déclaration au Midi libre. Tandis qu'ils sont des milliers à croupir dans des geôles libyennes et Tunisiennes.
M. Mohammed Saïb Musette, spécialiste des questions migratoires au CREAD, soulignera dans une déclaration au Midi libre que «toutes les politiques de lutte prises contre le phénomène s'inscrivent manifestement au-delà des réalités et des causes liées à l'émigration clandestine». Il dira encore que si l'émigration clandestine est difficilement mesurable, sa réalité est en revanche perceptible en partie par les conséquences qu'elle engendre ; économie souterraine, esclavage moderne et risques de déstabilisation sociale. « Le phénomène touche des êtres humains, prêts au prix de leur vie quitter leurs pays d'origine en quête d'un avenir tout simplement décent », estime M. Mohammed Saïb Musette. Il soutiendra aussi que les seuls bénéficiaires de ce phénomène sont les trafiquants de tous bords ; passeurs, faussaires et nouveaux esclavagistes, exploitant la détresse de milliers de personnes en quête d'une vie décente. D'après lui, la seule solution valable est d'ouvrir un débat de fond sur la problématique des harragas. Pour lui, l'échec des politiques de développement et l'instabilité régnant dans certains pays sont à l'origine de l'ampleur du fléau.
K. L. C.
Treize ambassadeurs des pays du pourtour méditerranéen et subsahariens prendront part, aujourd'hui, à la rencontre internationale sur le phénomène de l'émigration clandestine, organisée par le ministère de la Solidarité nationale. Les causes, les conséquences et les solutions jugées en mesure de venir à bout de ce phénomène sont autant de points programmés à l'ordre du jour de cette rencontre. Celle-ci intervient après l'appel de la Fédération européenne des Associations algériennes (FEAA). Cette instance, créée en 2005, a tiré la sonnette d'alarme et appelé au respect des droits de l'Homme et de la dignité des émigrants clandestins. «Les harragas se font tabasser quotidiennement et d'une manière des plus brutales, dans des centres de détention, où les autorités espagnoles renferment les émigrants clandestins », a indiqué le président de la Fédération européenne des associations algériennes, M. Benmeddah. Cette initiative est, également, appuyée par le président du collectif des familles de harragas disparus en mer, M. Kamel Bellabad. «Il n'y a que les tests ADN qui peuvent permettre aux autorités Italiennes et espagnoles d'identifier les corps des harragas trouvés morts», a-t-il estimé. Outre cette mesure, argue le représentant, il n'y a aucune solution pour identifier les corps des harragas décédés. Même son de cloche du côté de Pr. Kamel Bellabad, membre de la Ligue Algérienne pour la défense des droits de l'Homme et auteur d'une enquête sur les harragas disparus en mer. « Il faut que les autorités algériennes effectuent des tests ADN et entament des enquêtes au sujet des harragas disparus.
Il y a des centaines de harragas morts et enterrés dans des fosses collectives en Tunisie et en Libye», a-t-il tenu à préciser dans sa déclaration au Midi libre. Tandis qu'ils sont des milliers à croupir dans des geôles libyennes et Tunisiennes.
M. Mohammed Saïb Musette, spécialiste des questions migratoires au CREAD, soulignera dans une déclaration au Midi libre que «toutes les politiques de lutte prises contre le phénomène s'inscrivent manifestement au-delà des réalités et des causes liées à l'émigration clandestine». Il dira encore que si l'émigration clandestine est difficilement mesurable, sa réalité est en revanche perceptible en partie par les conséquences qu'elle engendre ; économie souterraine, esclavage moderne et risques de déstabilisation sociale. « Le phénomène touche des êtres humains, prêts au prix de leur vie quitter leurs pays d'origine en quête d'un avenir tout simplement décent », estime M. Mohammed Saïb Musette. Il soutiendra aussi que les seuls bénéficiaires de ce phénomène sont les trafiquants de tous bords ; passeurs, faussaires et nouveaux esclavagistes, exploitant la détresse de milliers de personnes en quête d'une vie décente. D'après lui, la seule solution valable est d'ouvrir un débat de fond sur la problématique des harragas. Pour lui, l'échec des politiques de développement et l'instabilité régnant dans certains pays sont à l'origine de l'ampleur du fléau.
K. L. C.


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