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Gloire à l'ANP et gratitude envers l'Armée rouge !
9 millions de mines sur 11 millions semées en Algérie par l'armée coloniale française détruites !
Publié dans Le Soir d'Algérie le 20 - 09 - 2020


Par Noureddine Khelassi
Il y a quelques jours, l'écrivain, enseignant et journaliste Abdelaziz Boubakir, qui est un parfait russophone, reçoit d'un étudiant algérien à Moscou un livre consacré à l'inestimable aide apportée par l'armée soviétique, et ensuite l'armée russe, dans le cadre des opérations de déminage des anciennes lignes minées, barbelées et électrifiées Morice et Challe, à la frontière tunisienne, sans oublier, bien sûr, les mines plantées aussi à la frontière avec le Maroc. Ce livre en russe, que notre confrère promet de traduire vers l'arabe, relate la participation de plus de 300 experts soviétiques et russes au nettoyage de 62 millions d'hectares depuis...1960 ! Selon Boubakir, l'auteur russe du livre dont il n'a pas donné le nom raconte que les experts militaires soviétiques et russes exécutaient leur périlleux travail en entonnant une chanson des démineurs, écrite par Evgueni Dalmatovski et composée par Vano Moradili.
L'existence de ce livre sonne comme un rappel, comme une nouvelle incitation à exprimer notre profonde gratitude d'Algériens envers l'armée de l'Union soviétique et à l'égard de celle de la Russie, auxquelles nous sommes redevables d'une éternelle reconnaissance. C'est aussi l'occasion pour rendre encore hommage aux glorieux djounoud de l'Armée de libération nationale (ALN) et à ceux de l'Armée nationale populaire (ANP) qui ont effectué, pour leur part, un travail de déminage colossal. Une œuvre titanesque qui a permis de détruire des millions de mines qui ont tué des Algériens et continué à en tuer après 1962, dans des zones où l'armée coloniale a fait travailler des prisonniers algériens pour la pose des engins de la mort !
On ne le dira donc jamais assez. Alors, mille bravos et autant de mercis à l'ANP et aux techniciens soviétiques et russes pour l'héroïque œuvre accomplie avec l'achèvement du titanesque chantier de déminage de nos vastes frontières Est et Ouest ! Gigantesque «cadeau» légué par l'armée coloniale française ! Près de 9 millions de mines antipersonnel ont en effet été détruites, permettant la récupération de plus de 62 000 hectares de terrains ainsi assainis. Des travaux d'Hercule qui auront duré presque 54 ans ! Chapeau bas donc pour les différents détachements spécialisés du génie de combat qui ont œuvré avec un grand professionnalisme et un sens certain de l'abnégation et du dévouement.
L'hommage est d'autant plus mérité que les opérations de destruction de ces millions d'engins de la mort permanente se sont déroulées dans des conditions ardues. A commencer par les facteurs météorologiques, les reliefs difficiles dont l'escarpement des massifs forestiers et l'effacement des repères des lignes minées. Sans compter l'absence, jusqu'en 2007, des cartes militaires françaises ad hoc. Le mérite des démineurs de l'ANP est d'autant plus grand qu'ils ont œuvré sans assistance extérieure aucune depuis le début des opérations en 1963, sauf l'aide précieuse de l'URSS et après celle de la Russie. Et surtout sans balises ni la nécessaire boussole que constitue la carte de dissémination des champs de mines, installés entre 1956 et 1959 le long des 460 km de frontière avec la Tunisie, et des 700 km de frontière avec le Maroc.
Il aura fallu donc attendre 2007, soit 44 ans après l'indépendance, pour voir le chef d'état-major des armées françaises remettre officiellement à son homologue algérien la carte des mines antipersonnel posées par l'armée coloniale. Cette décision était longtemps espérée par l'Algérie qui n'a cessé de réclamer ces plans depuis 1962. Et il aura fallu, avant ce geste tardif, la réaction vigoureuse du président de la République pour voir les lignes figées bouger un peu. En novembre 2005, le chef de l'Etat algérien dénonçait alors «le passé de la France coloniale, eu égard au nombre important de mines antipersonnel et de mines en général semées à travers le territoire national». Et d'enfoncer encore plus le clou de l'indignation et de la colère rentrée en soulignant «le fait que la France n'ait pas daigné nous fournir la cartographie pouvant faciliter le déminage de ces régions» où des milliers d'Algériens ont été tués ou blessés par ces engins de la mort dissimulés et disséminés.
La qualité, la valeur et la force de l'action de notre armée 54 ans durant sont à apprécier nécessairement par rapport à cette même carte de l'état-major des armées françaises. Une carte venue assez tard et qui n'aura servi presque à rien, du fait même d'avoir été dépassée plus de 50 ans après son établissement. Une cartographie devenue obsolète en raison des changements de relief dans les régions minées, notamment sous l'effet des érosions. Reste enfin un autre fait à ne pas perdre de vue : les mines enfouies à l'intérieur du pays par l'armée coloniale et qui n'ont jamais été signalées à l'ANP, à ce jour. 142 victimes à Bordj-Bou-Arréridj depuis l'indépendance et 300 victimes à Laghouat notamment, selon le président de l'Association nationale des victimes des mines (ANVM) Mohamed Djouad. Selon des estimations jamais démenties, l'armée coloniale aurait posé au total quelque 11 millions de mines sur l'ensemble du territoire algérien. Du boulot, beaucoup de boulot reste encore à faire, sans doute presque à l'aveugle, étant donné l'absence de repères et de cartes idoines.
Après 132 ans de colonisation et des décennies après l'indépendance, la colonisation tue encore en Algérie !
N. K.


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