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Convalescence
Publié dans Le Soir d'Algérie le 25 - 10 - 2020

Y'en a qui nous disent, toute mémoire abolie, que l'urgence absolue, l'impératif suprême est de voler au secours de la... patrie en danger ! Comment ? Eh bien, toutes affaires cessantes, il faut voter, d'abord, et voter «oui» au référendum pour l'amendement constitutionnel. Sinon, de toutes façons, comme l'a clamé un ministre des Sports contraint de rétropédaler, ceux qui sont contre n'ont qu'à changer de pays ! Il y a quelque chose d'incompatible entre le fait de prononcer des propos déjà déplacés dans un café du commerce et de porter le titre de ministre. Oui, quand on atteint le fond, on creuse au lieu de remonter, comme dirait l'ami Fellag.
Quand doit-on voler au secours de la patrie ? Le 1er novembre, pardi ! Le grand jour sacré, le patrimoine de la nation...
Y'en a qui... Et ils ont peut-être raison. Sauf que se pose la question cruciale suivante : la nouvelle Constitution de Abdelmadjid Tebboune, qui se donne la sienne (comme l'on fait tour à tour Ben Bella, Boumediène, Chadli, Zeroual, Bouteflika, lui, récidiviste en la matière) n'aurait-elle pas pour ambition adventice et secrète de jeter au rebut des dates accessoires rien moins que le 1er novembre 1954 ? N'y a-t-il pas ce risque qu'il ne reste pour les générations futures, déjà copieusement spoliées de leur histoire, que la date du 1er novembre 2020 comme symbole de la Constitution de la «Nouvelle Algérie ?» C'est sacrément ambitieux ! Certes, c'est bien connu, il faut de l'ambition en politique, mais haussé à ce niveau, on est dans la stratosphère, l'air impénétrable de l'Olympe, là où l'humain, à force de pugnacité, finit par frayer avec les dieux qui façonnent le destin des hommes sans aucune permission ni aucun mandat.
Y'en a qui nous disent que répondre par l'affirmative à la question vague comme les lendemains de «l'Algérie nouvelle», «Êtes-vous d'accord sur le projet de révision de la Constitution qui vous est proposé», c'est se battre, comme au 1er novembre 1954, pour le pays menacé de désintégration et de perte.
Y'en a qui... Et ils ont peut-être raison ! Sauf que ceux qui appellent à approuver cette Constitution qui pourrait être l'acte 1 d'une série (on ne sait jamais : depuis la saga Bouteflika, le pouvoir est aussi devenu un script pour feuilleton !) ne nous précisent pas pourquoi les quelques centaines d'articles de la Loi fondamentale retouchés, soumis à notre approbation d'analphabètes constitutionnels et ramassés dans une question vague, ont été décryptés techniquement par des députés fossiles issus de l'ère Bouteflika, figés dans la posture de la main levée en signe d'approbation, pourvu qu'il y ait du cash et que ça vienne d'en haut.
Y'en a qui nous disent que ne pas voter ou voter non sont des attitudes antipatriotiques et antinationales qui placent les «délinquants» ou les «traitres» (ceux qui ne votent pas ou qui votent non) en position de marionnette agitée par la main... de qui tu sais.
Y'en a qui... Et ils ont peut-être raison ! Sauf qu'en vertu d'une logique basique, si, justement, le dispositif constitutionnel prévoit à la fois le non et le boycott, c'est que ça existe dans le jeu démocratique dont tout scrutin est une condition et un attribut. La diabolisation voire la criminalisation des forces politiques et des citoyens qui désapprouvent le pouvoir en place et son projet ne colle pas avec une démarche qui prétend, même dans la duplicité politique, que le Hirak est béni et qu'il faut tenir compte de ses revendications exigeantes.
Or, quand on voit le traitement infligé aux forces politiques et aux individualités du Hirak que l'on essaye de neutraliser par l'usage plus que tendancieux de la justice, quand on voit l'annihilation de tout accès aux médias et aux grandes manifestations publiques des forces du boycott et du non, on en conclut l'inanité d'organiser un référendum. À quoi cela sert-il ?
Mieux aurait valu continuer le coup de force en imposant une nouvelle Constitution de façon martiale. On aurait fait une économie de moyens.
Y'en a qui nous disent que soutenir ce projet équivaut à faire acte de «responsabilité» et que tout autre position est forcément empreinte de cécité diabolique, de radicalité destructrice et que sait-on encore.
Y'en a... Et ils ont peut-être raison ! Sauf qu'on a du mal à comprendre comment fonctionne une «Algérie nouvelle» qui commence par réaliser un record : le nombre de détenus d'opinion en moins d'un an dépasse celui de la gouvernance Bouteflika en 20 ans !
Y'en a qui nous disent que le Hirak est mort, la preuve on le dit à Paris et ailleurs et par des hérauts bien en cour. Y'en a... Et ils ont peut-être raison. Sauf qu'il y a des choses troublantes qui ne manquent pas de tracer des schémas difficilement compréhensibles en clair.
En même temps qu'on décrète le Hirak mort, ce qui a pour effet croit-on d'octroyer ipso facto la légitimité manquante au pouvoir, à partir de Washington et de Paris, Mark Esper, secrétaire américain à la Défense, vient en visite à Alger (début octobre) pour évoquer les menaces terroristes et l'instabilité régionale qui seraient accentuées par les activités de la Chine et de la Russie. Visite précédée par celle du général d'armée Stephen Townsend patron du commandement des Etats-Unis pour l'Afrique (Africom).
Côté français, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, a effectué une visite de deux jours en Algérie le 15 octobre.
Au menu : la situation au Mali et en Libye.
La visite de Gérald Darmanin à Alger, le 25 octobre, a été ajournée. Il devait discuter avec les autorités algériennes de l'expulsion des mineurs isolés en France et des personnes fichées pour radicalisation à visée terroriste. Mais aussi d'autres questions comme la coopération bilatérale en matière de lutte antiterroriste. Il serait accompagné du patron de la DGSI.
Y'en a, et ce n'est pas les mêmes, qui se demandent s'il n'y a pas des intérêts concordants entre l'Algérie et la France, qui consisteraient à débarrasser l'Algérie du Hirak contre une coopération dans la question de la Libye, et du Mali, etc.
A. M.


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