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Cohabitation avec les islamistes : la faillite d'une démarche ?
Tunisie
Publié dans Le Soir d'Algérie le 30 - 01 - 2021

La Tunisie traverse une zone de turbulences qui ne s'éloigne pas avec le temps. Les événements ont même pris une connotation inédite ce week-end, avec la tentative d'empoisonnement de Kaïs Saïed.
L'information a très vite fait le tour du monde, occupé la première place des médias régionaux et internationaux, alimentés par des communiqués de la présidence tunisienne qui a joué toute la transparence sur le sujet. Cette dernière a fait savoir que le chef d'Etat tunisien a frôlé de peu l'empoisonnement par une substance mortelle, qui pourrait être de la ricine, selon les médias locaux, contenue dans un courrier anonyme qui lui avait été adressé.
L'enveloppe a été ouverte par une proche collaboratrice de Kaïs Saïed, et celle-ci a perdu immédiatement connaissance et a été conduite dans un hôpital. L'un de ses collègues qui se tenait dans le même bureau à ce moment a été, lui aussi, pris d'un malaise. Le ministère de l'Intérieur a annoncé l'ouverture d'une enquête.
Cette affaire, très grave, a accentué la grande tension qui pèse sur ce pays secoué par une grosse crise politique sur fond d'émeutes nocturnes quasi quotidiennes depuis la mi-janvier. Premier Président élu démocratiquement, en 2019, Kaïs Saïed jouit d'une sympathie réelle auprès d'une grande majorité des Tunisiens qui fustigent, à l'inverse, l'incapacité de tous les gouvernements qui se sont succédé à régler les problèmes dans lesquels se débat la jeunesse tunisienne.
Avant sa tentative d'empoisonnement, il se trouvait, en revanche, en conflit ouvert avec son Premier ministre qui lui a adressé une correspondance dans laquelle il annonçait avoir procédé à un vaste remaniement touchant pas moins de douze ministres (y compris ceux de l'Intérieur, de la Justice et de la Santé), sans avoir respecté les procédures. Il s'est, d'autre part, opposé à la nomination de ministres soupçonnés d'être impliqués dans des affaires de corruption ou de conflit d'intérêts.
Kaïs Saïed a également critiqué le choix du chef du gouvernement (le troisième en l'espace d'une année) de se confier l'intérim du ministère de l'Intérieur.
Cette crise politique n'a fait qu'exacerber les esprits au sein de la population qui laisse exploser sa colère dans les rues depuis deux semaines à présent. Un couvre-feu a d'ailleurs été décrété jusqu'à la mi-février par les pouvoirs publics qui ont, en outre, procédé à des arrestations massives parmi les manifestants. La police locale a annoncé l'arrestation de six cents personnes, mais ce chiffre pourrait aller jusqu'à mille personnes, à en croire différents observateurs qui se trouvent sur place. Au cours des premiers jours ayant suivi les premières manifestations, l'armée a été déployée aux abords des institutions pour éviter tout dérapage. Les Tunisiens réclament une meilleure politique sociale, des solutions au chômage, ainsi que la libération des détenus.
Ces événements semblent aujourd'hui renvoyer la Tunisie à la case départ. Il y a dix ans, les Tunisiens étaient sortis dans les mêmes circonstances et pour les mêmes raisons manifester à travers toutes les villes du pays.
L'euphorie suscitée par le mouvement qui a conduit à la chute de Ben Ali a été malheureusement de très courte durée. Les Tunisiens évoquent une «régression terrible» du pays. La révolution du jasmin a cédé place aux émeutes de la faim, signant l'échec de tout le processus politique entrepris depuis. Ce processus a été particulièrement marqué par l'adoption de l'Assemblée nationale constituante tunisienne en 2011 et l'accession du chef du parti islamiste Ennahda à la tête du Parlement.
Ce processus a été particulièrement marqué par l'adoption de l'Assemblée nationale constituante tunisienne en 2011, qui avait pour mission la rédaction de la Constitution de la deuxième République, mais qui a ouvert, en fait, la voie au parti islamiste Ennahda lui permettant d'arracher la présidence du Parlement.
La gestion d'Ennahda, appuyé par les sociaux-démocrates, favorise rapidement une montée de violence qui se solde par des assassinats politiques. En 2013, l'assassinat d'un député du FP (Front populaire) met le feu aux poudres et provoque le soulèvement d'une partie de la population qui réclame la dissolution de la Constituante.
Ennahda promet de revoir sa politique, de s'éloigner des discours misogynes et tente cette fois de s'aligner sur le modèle turc. Un conflit ouvert avec les modernistes bloque le projet et l'institution et freine, durant un moment, la mise en place du Conseil constitutionnel. L'immobilisme s'étend à une bonne partie des autres institutions et fait naître des crises à répétition.
Le rêve de la deuxième République s'éloigne rapidement. Aujourd'hui, de plus en plus de personnalités appellent de nouveau à la dissolution de l'Assemblée constituante, désormais perçue comme étant l'élément de blocage essentiel à l'avènement de la seconde République tant rêvée.
A. C.


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