Les relations entre l'Algérie et la Roumanie fondées sur l'amitié et la confiance    L'accord de sécurité entre le Maroc et l'Entité sioniste, "un grand péché"    Sétif: saisie de 32 grammes de cocaïne et arrestation de trois individus    La JSK et la JSS battues    Cour d'Alger: début du procès en appel de l'homme d'affaires Mahieddine Tahkout    Des vents forts sur plusieurs wilayas à partir de dimanche après-midi    Man City : Le grand rêve de Guardiola    Eni cède une partie de ses participations à Snam dans les gazoducs reliant l'Algérie à l'Italie    Les multinationales de production d'énergie doivent quitter "immédiatement" le territoire sahraoui occupé    La Juventus communique sur l'enquète de la police financière    "Une révision profonde des textes en 2022"    "Vous serez relogés après le vote"    Il sera bientôt mis en service    Une secousse tellurique de magnitude 4.0 enregistrée à Bejaia    "Une conjonction entre la pensée et les actes"    Queiroz repêche Hedjazy    La police disperse des manifestants contre le pouvoir à Ouagadougou    L'Ethiopie risque de se diriger vers un génocide    Renforcer la recherche scientifique    Modeste engouement    Faible participation, pas d'incidents    Souriez, nous allons tous mourir !    Sachez que...    3,420 kg de kif saisis    L'Italie et le Portugal versés dans la même voie    ACTUCULT    «Valeurs arabo-musulmanes et algériennes» ? (3)    Les enfumades du Dahra    Locales du 27 novembre: mettre le "dernier jalon" pour l'édification institutionnelle de l'Algérie nouvelle    Chômage, prix et impératif civisme    Misserghine et Boutlelis: Une production de 43.000 quintaux d'agrumes attendue    Pour promouvoir la coopération bilatérale: Visite de l'ambassadrice de Finlande à la CCIO    Le culte fécond ou stérile du passé    Depuis le front, Abiy Ahmed promet «d'enterrer l'ennemi»    L'assaillant est un islamiste extrémiste    Les Algériens offusqués    Tebboune plaide le patriotisme économique    Relative affluence    Les élections locales par les chiffres    L'enjeu des locales    L'oeil vigilant de la Présidence    «Ils veulent casser l'équipe nationale»    Accord avec Torres – Barça?    Giroud absent 3 semaines    La caution d'un «pacte»    Un album pour préserver Tabelbala    Vendu 2,66 millions d'euros aux enchères    La classe au bout des doigts    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



On achève bien les rebelles
Publié dans Le Soir d'Algérie le 14 - 10 - 2021

Hier, aujourd'hui, toujours les mêmes commanditaires dans un scénario identique : un coup d'Etat bien huilé pour faire taire les récalcitrants, rebelles à la perpétuation de l'ordre colonial. La scène – à grande échelle – c'est l'Afrique francophone parce que la topographie politique est idéale pour mener ce genre de forfaiture. Ils sont nombreux les chefs d'Etat africains à avoir fait les frais de cette phobie française de l'émancipation des peuples du continent. L'atout maître de cette haute main sur les affaires africaines c'est l'infiltration dans tous les rouages de l'Etat, à grand renfort d'hommes de main locaux pour l'exécution des basses œuvres, autrement dit, un coup d'Etat, à l'heure qu'il faut, au moment qu'il faut. Les descendants des grands panafricanistes, à l'image de Kwamé Nkumah (Ghana), Ahmed Sekou Touré (Guinée) ou Patrice Lumumba (Congo Kinshasa) tué dans des conditions atroces, ont cru possible de reprendre le flambeau de l'émancipation. C'était oublier les héritiers de Jacques Foccart chargés de continuation de la politique africaine de la France sous le vocable trompeur de « coopération ».
Il faut bien noter que cette prérogative relève directement du président de la République depuis le général de Gaulle. Emmanuel Macron promet aujourd'hui un « fonds d'aide à la démocratie en Afrique » (sic). Une manière de tourner le dos aux élites dirigeantes répressives, gangrénées par la corruption et discréditées aux yeux des populations. « Il veut mettre à l'honneur la société civile. C'est de la communication », souligne Thomas Borrel, codirecteur de l'ouvrage L'empire qui ne veut pas mourir — Une histoire de la Françafrique. C'est justement le grand débat, aujourd'hui, sur la présence de la France, menacée par de nouvelles puissances attirées par les richesses dans les pays sahélo-sahariens. Dès lors, l'on comprend pourquoi l'Elysée (Paris) ne tolère aucune rébellion contre le joug qu'elle perpétue depuis les indépendances.
Le Burkinabé Thomas Sankara (37 ans) a été assassiné pour ses velléités d'homme libre, rappelant en cela le sort réservé à un autre nationaliste africain, Patrice Lumumba, du Congo Kinshasa (Zaïre). Ils sont réunis dans la mort parce qu'ils prônaient l'émancipation de leurs peuples de la tutelle étrangère. Les hommes de main ont pour non Balaise Compaoré, ami intime de Sankara, mais retourné, et Mobutu Sese Seko. Complot belge pour Lumumba, français contre Thomas Sankara. Christophe Cupelin, réalisateur du film Capitaine Thomas Sankara, relate sa rencontre avec un haut fonctionnaire algérien de l'ONU, et à la question «qui a tué Sankara ?» la réponse fuse : « Oui, pour tous ceux qui vivaient de près les événements, cela ne fait pas de doute. La Côte d'Ivoire et d'autres pays voisins sous influence française ont réalisé l'assassinat.»
Les tenants de l'ordre, l'Union africaine, la Cedeao sont aujourd'hui confrontées aux nouvelles générations qui revendiquent ce que leurs aînés n'ont pu obtenir. Pour eux, la solution serait dans la prise du pouvoir qui s'accompagne d'un sentiment anti-français partagé au demeurant par de larges couches de la population à laquelle l'indépendance, sous le parrainage de l'ancien colonisateur, n'a rien apporté.
Le panafricaniste peut-il renaître de ses cendres ? Mais attention, les rebelles et autres hors-la-loi s'exposeront à un danger de mort certain. « L'Afrique aux Africains », revendication chère à Massinissa, elle l'est aujourd'hui encore. Un testament pour les nouvelles générations.
Brahim Taouchichet


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.