Cocktails Molotov, bouteilles � gaz, talus de pierres, pneus br�l�s et citoyens en furie... �taient dimanche dernier le d�cor de la cit� Becourt � Blida. Un d�cor de tension o� tous les ingr�dients susceptibles de faire exploser la situation �taient r�unis. Le boulevard Takarli donnant acc�s au lieu de la manifestation �tait ferm� de part et d'autre aux automobilistes. Des citoyens avaient refus� les logements F1 qui leur avaient �t� attribu�s dans le cadre de leur relogement suite � la d�molition de leur cit�. En effet, les contestataires, qui ont voulu faire entendre leur voix, n'ont pas trouv� mieux que de manifester violemment leur m�contentement. Encagoul�s ou cachant leurs visages � l'aide d'�charpes, les manifestants scandaient des "Allah Akbar !" et �taient pr�ts � tout affrontement avec la police venue en renfort. Mais c'�tait compter sans la sagesse de cette derni�re qui a pr�f�r� agir calmement, leur donnant l'occasion de n�gocier avec les autorit�s locales, entre autres le chef de da�ra. Toutefois, les m�contents demandaient la pr�sence du wali. "Nous ne parlerons � personne, sauf au wali, car la commission de recensement nous a bern�s", criaient-ils. Leurs cris m�l�s aux youyous des femmes post�es aux fen�tres donnaient � cette manifestation un air d'insurrection. Certaines d'entre elles avaient brandi des portraits du pr�sident de la R�publique en criant que c'�tait lui qui avait pourtant interdit la distribution des logements F1. Sur le verso de ces portraits et sur d'autres panneaux on pouvait lire, d'ailleurs, "Bouteflika a dit pas de F1". Il a fallu qu'une d�l�gation de quelques personnes influentes ouvre les d�bats avec le chef de da�ra pour que la tension baisse d'un cran. Aux six personnes qui �taient invit�es � prendre langue avec lui il leur a promis de revoir la situation. C'est � ce moment-l� que les manifestants commen�aient � quitter les terrasses d'o� ils mena�aient de lancer des cocktails Molotov. Vers 16 heures, une commission est charg�e d'effectuer un nouveau recensement afin de r�examiner au cas par cas la situation des familles et reconsid�rer la distribution des logements. Notons enfin que cette situation intervient au moment o� Blida s'appr�te � accueillir le pr�sident de la R�publique, et ce, mercredi prochain.