Le bilan précédent annoncé jeudi par le ministère faisait état de 1.345 martyrs et 4040 blessés    Akbou co-dauphin, le CSC chute à domicile    Revêtue de son manteau blanc, la montagne de Tikjda attire les touristes    Les jeunes saluent la place prestigieuse dont ils jouissent dans le projet de développement du Président    Répondre aux aspirations des citoyens    Renforcer la pratique démocratique    Coûts financiers et risque de récession de l'économie mondiale    Il essaie de sauver un empire qui ne tient plus que par la guerre    Le Premier ministre irlandais condamne les menaces américaines contre l'Iran    Pénurie sans précédent de puces mémoire au-delà de 2026    Tour d'Algérie 2026 : les organisateurs dévoilent le tracé de la 26e édition    Un dimanche décisif pour le maintien    La WashtowerTM dépasse les 3,2 millions d'unités vendues dans le monde    Le massacre des abeilles continue par l'usage de pesticides interdits à la commercialisation    Saisie de 374 unités de produits impropres à la consommation    Bendouda supervise sa réouverture et visite la basilique Saint-Augustin à Annaba    L'Algérie dépose le dossier de la «Blousa» et d'autres éléments patrimoniaux    Mémoire vivante d'une résistance au féminin    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



AD Gladium
ANP : iconographie de compensation
Publié dans Le Soir d'Algérie le 22 - 07 - 2015


Par Sarah Haidar
Neuf jeunes militaires de retour d'une mission se font lâchement assassiner par un groupe terroriste embusqué dans cette région boisée de Djbel Ellouh, à Aïn Defla. Depuis cette nuit du 17 juillet, deuxième jour de l'Aïd, le taux d'émotivité au niveau national a atteint des pics pleinement justifiés certes mais qui renseignaient aussi sur un sentiment de peur converti en discours «militarophile» exacerbé. Et tandis que le «peuple» manifestait de toutes les manières possibles sa tristesse et son soutien à l'ANP, les officiels ont été quasiment contraints de publier un communiqué sur l'attaque terroriste, juste après celui d'Aqmi revendiquant l'attentat ! Pis encore, El-Mouradia, si prompte à envoyer des messages de félicitations à la Biélorussie ou autre Papouasie à l'occasion de leurs fêtes nationales, et à décréter trois jours de deuil après la mort d'un roi saoudien, n'a même pas daigné présenter des condoléances aux familles des soldats tués. L'indécence est allée jusqu'à maintenir, tout au long de la journée, les programmes insipides des radios publiques parlant de gâteaux de l'Aïd et rendant compte d'attentats terroristes en... Irak ! Plus (trop) tard, le Premier ministre s'exprimera sur sa page Facebook tandis que la revue El-Djeïch admet tacitement, dans son édito, que le terrorisme est aussi résiduel que peut l'être un cancer métastasé.
Depuis trois jours, il semble évident que la très compréhensible indignation et le besoin quasiment instinctif de consensus autour de l'armée, résument à eux seuls la fluctuation permanente de l'image de cette institution dans l'esprit populaire. Après le divorce tonitruant avec les politiques et avec la prolifération d'une espèce de patriotisme saisonnier, l'armée devient très aisément l'un des derniers refuges où l'on peut espérer encore un semblant d'intégrité, voire de sacralité. Lorsqu'elle a mené d'une main de maître l'opération de Tiguentourine en 2013, un frisson d'extase et de fierté a traversé l'Algérie : il ne s'agissait pas uniquement d'un exploit spectaculaire ni d'un bras d'honneur aux chancelleries étrangères qui n'ont pas manqué de râler devant la méthode algérienne, mais aussi d'une sensation quasiment physique de regain de virilité pour chaque Algérien, une hausse vertigineuse du taux national de testostérone ! C'est une émotion collective intermédiaire entre une qualification de l'équipe nationale à la Coupe du monde et une réponse sèche de la diplomatie algérienne aux rapports paternalistes de l'UE ! C'est un exutoire, humainement justifié mais moralement risible, qui permet une humanisation de la Nation en tant qu'attachement viscéral, que besoin vital. Mais ce phénomène est aussi symptomatique d'une certaine faillite du patriotisme en ce sens qu'il faille régulièrement une poussée d'adrénaline pour reconstituer, dans toute sa splendeur, l'Algérie perdue de vue depuis des décennies et pour donner une consistance, un corps et un visage à cet amour longtemps confiné dans le chauvinisme ou simplement tapi dans un coin poussiéreux de la conscience. A cela s'ajoute cette frustration inavouée d'être né en dehors de la chronologie héroïque qui avait véritablement fait de l'Algérie un pays où il fait aussi bon vivre que mourir, où le Sens était réellement vivant et où la Liberté, par son statut d'objectif ultime, avait inventé l'Algérie que l'on devait aimer, que l'on ne pouvait qu'aimer... Cette époque avait, de surcroît, une iconographie digne de ses actions : le sourire de Ben M'hidi, les traits prophétiques de Hassiba Ben Bouali, la majesté austère de Abane Ramdane, le style «guérillero-paysan» de Amirouche, etc. Mais depuis 1962, la pénurie d'images, de symboliques et de langage transcendant le discours, n'a été interrompue que par de lamentables scandales de corruption ou, pire, le treillis tirant sur les torses nus des 500 martyrs d'Octobre ou bien la bedaine moustachue faisant et défaisant les présidents... Ce sont donc les anonymes, ces milliers de jeunes soldats, ces corps d'élite, ces simples «ouvriers» de la Patrie qui sont appelés à la rescousse de l'imaginaire populaire et c'est ainsi que devant la victoire de Tiguentourine comme face à la tuerie de Aïn-Defla, l'émotion générale est d'abord une quête de cette Algérie que l'on doit et ne peut qu'aimer ; c'est l'espoir douloureux en une rédemption possible et c'est, finalement, la preuve la plus éclatante d'une souffrance morale à la fois provoquée et soulagée par l'Algérie : sublime quand elle est idée, hideuse quand elle se fait réalité !
S. H.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.