La visite du ministre de la jeunesse et des sports dans la station climatique de Tikjda pour donner le coup d'envoi de la saison hivernale, prévue pour la matinée d'hier au centre national des sports et loisirs de Tikjda (Cnslt), a été annulée. Pour cause ? Les deux routes menant à cette station, notamment la RN 30 et le CW 98, ont été fermées par des jeunes manifestants. Ainsi, la fermeture d'hier n'est que le prolongement des événements qui ont eu lieu ces derniers jours en Kabylie, notamment à Bouira, où des scènes de violence ont été enregistrées entres les étudiants sur le campus de l'université et des affrontements avec les forces de l'ordre. Des dizaines de jeunes ont fermé la RN 30 à la sortie nord de la ville de Haizer. Plusieurs automobilistes et les bus transportant des excursionnistes voulant se rendre à Tikjda ont été empêchés de poursuivre leur chemin. Au niveau de la localité de la crête rouge, relevant de la commune d'Al-Adjiba, 25 km à l'est de Bouira, une bagarre a éclaté entre des jeunes de cette localité et des passagers. Selon des témoins, un commerçant a été agressé par des passagers à l'intérieur de sa supérette. La réaction des jeunes a été pour le moins démesurée. Plusieurs passagers ont été passés à tabac et l'un des bus qui les a transportés a été caillassé. La situation ne s'est pas calmée pour autant. Plusieurs jeunes ont décidé de barricader le chemin de wilaya n°98 qui relie cette région à la route nationale n°30. L'accès à Tikjda a été donc impossible pour des centaines d'automobilistes, dont la majorité d'entre eux ont parcouru plus d'une centaine de kilomètres. Il faut souligner qu'il n'y a pas eu d'intervention des forces de l'ordre pour libérer la route. Quant à la visite du ministre de la jeunesse et des sports, un programme a été improvisé. Il a pu visiter des structures relevant de son secteur, notamment l'Opow et le centre de loisirs Sidhoum Djaâfar au niveau du chef-lieu de wilaya. Lors de son passage à la radio, El Hadi Ouled Ali s'est adressé aux jeunes et habitants de la région pour «les rassurer que le travail pour la promotion de la langue amazighe est toujours en cours». «La langue et la culture amazighes sont un bien commun de tout le peuple algérien. Ce n'est pas quelque chose qu'il faut minimiser, parce qu'il y a certains qui veulent que cette langue demeure uniquement en Kabylie», a déclaré le ministre de la jeunesse et des sports qui estime que la revendication qui consiste en la généralisation de l'enseignement de cette langue à travers le territoire national «est un message important de la population». De plus, le membre du gouvernement a tenu à souligner que dire que l'Etat algérien s'est désintéressé de la question amazighe «est un mensonge». «On ne peut pas lier la question de la promotion de tamazight à la loi de finances. C'est une loi qui dure seulement une année», dit-il.