Les autorités publiques sont sur le point de rendre obligatoire l'équipement des poids lourds de tachymètre ou bien ce qu'on appelle communément «le mouchard». A cet effet, le président de l'Association de la protection et de l'orientation du consommateur (Apoce), Mustapha Zebdi, a exprimé sa satisfaction quant à cette décision qualifiée de «louable». Selon lui, ce dispositif de sécurité routière permettra de contrôler la vitesse des engins (camions-semi-remorque…) et de réduire le nombre d'accidents de la circulation sur nos routes. Le Temps d'Algérie : Les conducteurs de camions poids lourds vont être dans l'obligation de les équiper d'un tachymètre, et ce, par souci de prévention. Comment appréciez-vous cette décision ? Mustapha Zebdi : Nous avons noté avec beaucoup de satisfaction les déclarations, ces derniers jours, du ministre des Transports, M. Ghoul, portant mise en place de ce dispositif. Il faut dire que nos routes sont devenues un immense tombeau à ciel ouvert, souvent par la faute de conducteurs de gros engins. Avec ce nouvel équipement, le tachymètre, dénommé aussi mouchard, il sera plus facile de contrôler les conducteurs de semi-remorques, bus et autres engins qui dépasseraient les trois tonnes et demi. Ainsi, il permettra de calculer la vitesse de ces engins sur une distance donnée. Un acquis appréciable, quand on voit que notre pays se place ces dernières années en première position de cette hécatombe de la route, dont la cause principale est le facteur humain. N'est-il pas un peu tard ? Il faut reconnaître qu'il y a eu retard dans la mise en application de cette décision annoncée pour le deuxième semestre 2013. Il faut espérer que cette fois elle sera réellement concrétisée sur le terrain. Comme on dit : «Mieux vaut tard que jamais.» M. Ghoul a annoncé récemment qu'un texte est actuellement en préparation au niveau du gouvernement afin de rendre possible cette nouvelle mesure de sécurité routière. Etes-vous optimiste quant à son application effective ? Oui, absolument. Nous restons très optimistes quant à l'application de cette disposition, sachant que le chrono-tachygraphe n'arrête pas de faire ses preuves sous d'autres cieux depuis les années 1970. Il a démontré qu'il contribue efficacement dans la réduction du nombre d'accidents sur les routes. De plus, le nouveau cahier des charges des concessionnaires automobiles signé par le ministre de l'Industrie le 23 avril rend l'équipement des camions et bus avec ce dispositif sécuritaire obligatoire. Selon vous, ce dispositif va-t-il réellement réduire le nombre d'accidents ? Ce dispositif est un appareil semblable à la boîte noire d'un avion, il permet d'enregistrer la vitesse, la distance parcourue, et surtout le temps de conduite et de repos, d'où son intérêt dans le contrôle de l'effort humain fait par chaque conducteur. Cette indiscrétion relative au comportement du conducteur, si l'on peut la qualifier de la sorte, donnera indiscutablement un caractère coercitif à ce dispositif, car le conducteur aura le sentiment d'être contrôlé constamment de près, et du coup, cela l'obligerai à agir en conséquence. En tant que mouvement associatif activant pour la protection du consommateur, allez-vous solliciter les autorités publiques pour favoriser son application réelle ? En tant qu'association, nous ne pouvons qu'être favorables à cette initiative qui aura pour conséquence de réduire les accidents de la route. Nous nous investirons pleinement dans la revendication de ce genre de dispositions. Nous avons tenu des réunions avec les représentants des concessionnaires automobiles et les avons sollicités afin de respecter les normes internationales de sécurité routière. Nous avons toujours veillé sur ce critère.