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Les drogues dures ont la cote
Consommation de stupéfiants en Europe
Publié dans Le Temps d'Algérie le 31 - 01 - 2010

D'habitude amateurs de cannabis et marijuana, les consommateurs européens de stupéfiants se tournent de plus en plus vers les drogues dures, notamment la ravageuse cocaïne et sa lointaine cousine l'héroïne. Il faut savoir que la cocaïne est fabriquée à partir de la feuille de coca, tandis que l'héroïne est synthétisée à partir de l'opium.
La préférence des consommateurs européens pour ce genre de poison est la conclusion inquiétant l'Observatoire européen des drogues et toxicomanies, qui vient de rendre public son rapport annuel pour 2009. Selon cette agence, la progression des drogues dures dans le vieux continent est vérifiée, au moment où le cannabis connaît un recul chez les amateurs d'évasion superficielle.
Le rapport constate en effet, que «la cocaïne reste le stimulant le plus populaire en Europe et la drogue illicite la plus consommée après le cannabis».
Chiffres en mains, les rédacteurs du document révèlent par exemple qu'en 2007, «13 millions d'Européens adultes, âgés de 15 à 64 ans en ont consommé au moins une fois au cours de leur vie». Les enquêteurs estiment à quelque 74 millions les amateurs de cannabis qui provient du premier pays producteur au monde, le Maroc.
S'agissant des drogues dures, cette agence européenne avertit que «les niveaux actuels de consommation restent élevés et continuent à augmenter dans certaines zones».
L'étude estime que les drogues issues de l'opium, ou les opiacées, sont moins utilisées que la cocaïne. On estime à 1,4 million seulement les amateurs d'héroïne en Europe, mais cela reste un problème qui a tendance à s'aggraver. Pour le patron de l'agence européenne, «les problèmes sanitaires et sociaux imputables à la consommation de cette drogue restent considérables». Les consommateurs de cette drogue se recrutent de plus en plus dans la catégorie des jeunes.
Prix de vente élevés
L'enquête a montré que Malte, l'Italie, l'Autriche et l'Espagne sont les pays où l'on s'adonne le plus à cette drogue, malgré son prix élevé, qui peut atteindre jusqu'à 120 euros le gramme. «Environ 650 000 consommateurs européens d'opiacés ont bénéficié d'un traitement de substitution en 2007», selon le rapport.
S'agissant de la coke et du crack, qui sont consommés par quelque 13 millions de personnes, dont plus de la moitié sont des jeunes, ils sont préférés, surtout par les Espagnols (8,3%), les Britanniques (7,6%), les Italiens (6,8%) et les Irlandais (5,3%). Ces substances s'écoulent au détail chèrement aussi, soit entre 44 à 88 euros le gramme, selon le rapport.
D'autres drogues de synthèse investissement le marché illicite européen, causant des ravages parmi les jeunes : les amphétamines et les méthamphétamines. Ce sont des substances psychotropes euphorisantes à qui les utilisateurs donnent différentes appellations bizarres, que seuls les initiés reconnaissent.
On raconte que durant la Seconde Guerre mondiale, les pilotes de combat les utilisaient pour faire disparaître la peur avec la bénédiction de leurs supérieurs. Ces substances peuvent faire perdre la raison à leurs amateurs à la longue avant de les tuer. On chiffre à quelque 12 millions les personnes qui les utilisent et qu'elles acquièrent jusqu'à 30 euros le gramme. L'autre amphétamine qui continue d'être préférée en Europe, l'Ecstasy, est consommée par environ 10 millions d'adultes, selon le rapport.
Ce poison coûte 10 euros le comprimé. Les enquêteurs font état, par ailleurs, d'une «baisse de consommation du cannabis, surtout chez les jeunes européens de l'Ouest». Le rapport relève cependant que «les données sur le nombre de consommateurs réguliers et intensifs de cannabis sont moins encourageantes, puisqu'il existerait une importante population à risque représentant environ 2,5% des jeunes Européens».
Les jeunes qui consomment cette drogue dite douce ont tendance à la mélanger avec d'autres substances notamment les alcools. Aussi, l'agence européenne fait-elle état de «vives préoccupations» à propos de ce qu'elle appelle la «poly-consommation qui augmente et accroît plus particulièrement chez les jeunes les risques de problèmes aigus, décuplés par la prise d'alcool». Cette drogue reste, malgré tout, à l'origine de drames sociaux, notamment pour les consommateurs réguliers et de longue durée.
Cannabis marocain
L'Europe est fournie par le Maroc en cannabis (résine et feuille végétale), un pays où la culture de cette drogue reste tolérée malgré tout, notamment les mises en garde du gouvernement marocain par l'Organe international de contrôle des stupéfiants. En effet, le dernier rapport mondial de cet organe s'inquiète devant «l'ampleur des cultures illicites de cannabis» sur le territoire marocain.
«Le Maroc, qui approvisionne les marchés illicites d'Europe occidentale et d'Afrique du Nord, reste le plus gros producteur mondial de résine cannabis», accuse l'Organe.
On estime à plus de 76 000 hectares la superficie cultivée de plants de cannabis au Maroc. «Depuis 2005, aucune étude sur l'étendue de la culture illicite de cannabis n'a été réalisée au Maroc», constate et déplore cette structure basée à Vienne, affirmant que «des données précises sur les superficies effectivement cultivées sont néanmoins essentielles pour prendre des mesures de lutte efficaces à ce sujet».
Pour les experts, la plus grande partie de résine en provenance du Maroc et à destination de l'Europe passe en contrebande par l'Espagne ainsi que par la France et l'Italie. Depuis quelques années, d'autres routes sont ouvertes par les trafiquants notamment celle passant par le Maghreb, à commencer par l'Algérie voisine, où régulièrement sont saisies des tonnes de cette drogue, dont certains pays européens ont légalisé la vente contrôlée.
Certains pays classent le cannabis au plan de la dangerosité loin derrière le tabac et l'alcool, mais ce classement notamment en Grande-Bretagne est fantaisiste, selon les médecins. Ainsi dans ce pays, l'alcool est au «cinquième rang des substances les plus dangereuses, derrière l'héroïne, la cocaïne, les barbituriques et la méthadone».
En outre, le tabac est au neuvième rang, et le cannabis, le LSD et l'ecstasy respectivement aux 11e, 14e et 18e rangs, indique-t-on. Il faut dire que ce genre de raisonnement est loin de décourager les jeunes à consommer les drogues en général. En Europe, les saisies de drogues dures se font rares à cause de la perpétuelle adaptation des trafiquants.
Les boutiques internet
Selon l'agence, «sur ce marché (internet) toujours plus complexe et en constante mutation, des fournisseurs extrêmement novateurs évitent les contrôles antidrogue en proposant des substituts non réglementés». Ce dernier signale une nouveauté dans le trafic des drogues dures.
«Ce qui est nouveau, c'est la large gamme de substances explorées, la commercialisation agressive de produits qui font l'objet d'une désinformation délibérée, le recours grandissant à l'internet et la vitesse à laquelle le marché réagit aux mesures de contrôle», dit le directeur de l'agence, ajoutant que «l'innovation et la sophistication du marché compliquent la lutte antidrogue».
C'est en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Roumanie que prospèrent les «boutiques internet» de revente des drogues.
De temps en temps, les polices européennes font des prises consistantes. Ainsi, au lendemain de la publication du rapport, soit vendredi, la police financière et des fonctionnaires des douanes italiens, amis la main sur 142 kg de cocaïne en provenance d'Amérique du Sud.
Cette quantité de drogue était dissimulée dans un conteneur arrivé au port calabrais de Gioa Tauro dans le sud de l'Italie, selon cette source.
Le rapport de l'agence européenne classe l'Italie parmi les cinq pays européens où «la consommation de cocaïne a progressé de plus de 15% chez les jeunes adultes». Il faut dire que les services européens de lutte contre les stupéfiants ont du pain sur la planche avec la sophistication des méthodes des trafiquants.


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