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Madrid annonce l'ouverture d´une enquête mais soutient déjà la thèse de l'«acte isolé» Torture d'Irakiens par des soldats espagnols à la prison de Diwaniya
Le ministère espagnol de la Défense a décidé d'ouvrir une enquête après la diffusion, samedi, par le quotidien El Pais dans sa page web, des images d´une violente bastonnade de deux Irakiens à la prison de Diwaniya, durant les premiers mois de l´année 2004, par des soldats espagnols. La vidéo de 40 secondes montre cinq soldats du contingent espagnol affecté dans cette province après l´invasion de l'Irak en mars 2003 par l´armée américaine, faire irruption dans une cellule en ordonnant aux deux prisonniers de se mettre debout. Sans même leur donner le temps de retrouver ses esprits, l'un des deux prisonniers, toujours à terre, est violemment piétiné à coups de godasses. Trois des plus acharnés lui assènent des coups sur toutes les parties de son corps. Les gémissements de la victime sont parfaitement audibles, de même que les propos racistes de ses tortionnaires. L'un plus des acharnés des tortionnaires se tournant vers le second prisonnier figé (plutôt inanimé) dans son coin est interpellé par l'un de ses camarades en ces termes ironiques : «Jo ? Celui-là on l'a déjà bien soigné !» Il serait décédé. Le gouvernement espagnol était dans l'embarras, hier, après la diffusion de ces images qui coïncidé avec le 10e anniversaire de l´invasion de l'Irak. Une source proche du ministère espagnol de la Défense a qualifié de «déplorable» cette scène de violence. «Une enquête déterminera si ces faits sont vrais, et dans ce cas il sera procédé à l'identification des agresseurs de même que seront situées les responsabilités», a déclaré cette source, ajoutant que «les militaires espagnols sont les premiers à s'indigner de ces pratiques car en 20 ans de missions de paix à l'étranger, ils ont accompli un travail impeccable sans jamais avoir été accusés de quoi que ce soit».
L'image de l'armée espagnole Sur son twitter, le porte-parole du ministère de la Défense, Giego Mazón, a abondé dans le même sens à titre personnel : «Il ne faut pas généraliser le comportement de quatre supposés agresseurs aux 133 498 militaires ayant effectué des missions à l'extérieur», dit-il, alors que la majorité de la classe politique exigeait l'ouverture d´une enquête sur cette affaire qui «dénature l´image de l´armée espagnole». Tous les partis politiques ont tenté, toutefois, de mettre en avant l'«acte isolé». C´est le cas de Mme Trinidad Jimenez, la ministre des Affaires étrangères de l´ex-président socialiste José Luis Zapatero. «C´est lamentable et tragique mais je suis convaincue qu´il s´agit d´un cas isolé». Son collègue porte-parole de la Défense du Psoe (socialiste), Diego Garillo, fait porter implicitement la responsabilité de ce «dépassement» à l´ancien président du gouvernement du Parti Populaire (PP), José Maria Aznar, pour avoir «engagé l´Espagne dans une guerre illégale, illégitime et contre l´avis de l´ONU». Le représentant du parti communiste, Jose Luis Sentilla, a exigé la comparution du ministre de la Défense devant le Congrès des Députés pour situer la responsabilité de ces actes «horribles» qui ne doivent pas rester impunis.