Depuis mars 2008, la ville de Berriane vit une succession d'événements violents qui ont fait malheureusement plusieurs victimes et causé d'importants dégâts matériels tant au niveau des biens publics que privés. 29 janvier 2009 : Vers une heure du matin, de violents affrontements ont éclaté entre les deux communautés de Berriane. 30 janvier 2009 : Après la prière du vendredi, la ville renoue avec les violences. Bilan officiel : deux morts, 28 blessés et plus d'une dizaine de maisons et de locaux saccagés ou brûlés. S'exprimant sur la situation, le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Yazid Zerhouni, a indiqué, en marge de la clôture de la session d'automne de l'APN, que «le problème sera pris au sérieux». Ainsi, «l'Etat prendra des mesures pour éviter d'autres victimes». Il qualifie ce qui se passe à Berriane de «conflit entre jeunes du quartier, non pas un conflit de courants, comme le révèlent certaines parties». 30 décembre 2008 : Des émeutes ont éclaté. Tout serait parti d'un jet de pierres sur des clients attablés à une terrasse d'un café connu de Berriane, clients qui auraient immédiatement riposté. «Qui a intérêt à réveiller les vieux démons et à qui profite la violence ?», se demande un septuagénaire qui affirme que «la réponse à ces deux questions fondamentales mettra à nu les pyromanes et les commanditaires de ces actes, de quelque bord qu'ils soient», ajoutant que «la population est fatiguée de ces affrontements cycliques et n'aspire qu'à vivre en paix comme tous les citoyens de ce pays». Du 16 au 18 mai 2008 : Des affrontements similaires avaient opposé les deux communautés faisant 3 morts et 17 blessés. Le principal meneur et incitateur aurait été un gendarme révoqué. «Le conflit s'est aggravé après que des éléments inconnus eurent infiltré les émeutiers, provoquant ainsi une débandade générale», ont indiqué d'anciens élus locaux de la région qui ont dénoncé «l'absence totale et criante des représentants de l'Etat». Certains témoignages ont affirmé qu'«une heure après le début des émeutes, les forces de l'ordre se sont déplacées sur les lieux, mais elles n'avaient pas daigné lever le petit doigt, se contentant uniquement de défendre les différentes institutions de l'Etat». 15 mai 2008 : «L'étincelle est provoquée dans la matinée du 15 mai lorsqu'un groupe de jeunes encagoulés a intercepté deux bus qui transportaient des lycéennes de la communauté malékite. La voiture de police qui accompagnait le convoi, au départ, a disparu en cours de route. Ces lycéennes ont été passées à tabac par ce groupe d'individus et l'une d'entre elles a reçu un coup de poignard au niveau du visage. L'information s'est vite répandue, après que le chauffeur, qui s'était enfui, ait alerté les parents d'élèves. Une foule s'est amassée dans la rue principale de Berriane, attendant l'arrivée du bus. Surexcités, certains ont pris carrément à partie des ibadites.» 19-20 mars 2008 : Un mort, dix-sept blessés, dont deux graves, des dizaines de magasins incendiés et saccagés, des maisons dégradées. C'est le bilan d'un affrontement entre les deux communautés, ibadite et malékite, à Berriane, provoqué par «par une querelle après que des enfants eurent lancé des pétards sur une femme enceinte». Une autre source parlait d'une femme enceinte qui aurait perdu son bébé suite à un jet de pétards à l'intérieur de sa maison.