Le ministre des Moudjahidine, Mohamed Chérif Abbas, a exhorté, hier, à Sétif, spécialistes et chercheurs à «approfondir» l'écriture de l'histoire de la résistance et de la Révolution algériennes. S'exprimant à l'occasion de la commémoration du 68e anniversaire des massacres du 8 mai 1945, le ministre a estimé que l'histoire «jaillit de la bouche de ses artisans qui la mettent à la disposition des plumes d'écrivains spécialistes, honnêtes et sincères, sachant la mettre à la portée des générations». «La conjugaison des efforts et le recueil des déclarations de témoins encore en vie sur les événements majeurs vécus par l'Algérie en lutte pour son émancipation permettront de rendre une image aussi glorieuse que radieuse de l'histoire de la résistance et de la lutte épique du peuple algérien que l'occupant a réprimé avec une sauvagerie inhumaine, multipliant massacres, tortures, exactions et déportations», a déclaré M.Abbas, lors de son inspection du projet de centre de repos des moudjahidine à Hammam Sokhna, au sud de Sétif. Le ministre a également considéré que les massacres sanglants du 8 Mai 1945, à Sétif, Guelma et Kherrata, avaient constitué «l'humus dans lequel a germé la Révolution du 1er novembre 1954» et mérite de ce fait, a-t-il ajouté, «tout l'intérêt de la recherche historique sur un événement dont les victimes ont été estimées à cette époque par des sources américaines à 60.000 personnes alors que la France continue à ce jour de nier le chiffre de 45.000 martyrs».