Les membres du réseau font partie du personnel médical de cette structure. La section brigade mobile de la police judiciaire (Bmpj) relevant de la Sûreté de Draria (Alger) a mis un terme aux «activités criminelles» d'un réseau de malfaiteurs spécialisé dans le «vol et recel». Constitué essentiellement de quatorze personnes, cet énième réseau démantelé dans la wilaya d'Alger est «tissé» depuis octobre 2003 et ses agissements illicites sont le détournement des produits pharmaceutiques et d'équipement médical à l'intérieur du CHU de Douéra, commune de Draria. Il est donc clair que les membres de ce réseau font parti du personnel médical dudit hôpital. En effet, selon des informations communiquées hier, lors d'un point de presse tenu au commissariat central d'Alger, celui qu'on a présenté comme «la tête du réseau» est un technicien supérieur de la santé, chef du bloc anesthésie du CHU de Douéra. Celui-ci est accusé des mêmes griefs que ses complices interpellés à savoir «vol qualifié, détournement de deniers publics et de complicité et recel». Le tout correspond à un crime économique, conformément à l'article 119 du code des procédures pénales. Le fait est que trois des membres les plus influents de ce réseau, dont le chef de bloc anesthésie, stockaient au sein même du CHU de Douéra des produits pharmaceutiques rares sur le marché, tels que le fil chirurgical, l'anesthésie ainsi que des pensionnettes. Profitant des moments d'inattention des agents de sécurité de l'hôpital, notamment durant les week-ends, ces trois membres aidés dans leur besogne par leurs acolytes, acheminaient cette quantité de produits stockés vers un endroit distant de quelques centaines de mètres qui servait de lieu de recel. Beaucoup de matériel médical a été également acheminé clandestinement vers ce même endroit. Le technicien supérieur de la santé, chef de ce réseau de malfaiteurs, a établi un registre du commerce au nom de son épouse (sans l'assentiment de celle-ci) pour pouvoir écouler ces produits. L'enquête des éléments de la Bmpj concernant cette affaire a duré un mois pour aboutir, dans un premier temps, à l'arrestation de deux membres de ce réseau, surpris en flagrant délit de vol. Auditionnés, ces derniers ont fourni aux enquêteurs des informations sur leurs ramifications et les agissements des autres membres du réseau. Les éléments de la Bmpj ont, par la suite, procédé à l'arrestation de 21 personnes suspectées d'appartenir à ce même réseau. Présentés avant-hier devant le procureur près le tribunal de Koléa, celui-ci a placé trois d'entre eux sous mandat de dépôt, quant aux autres, ils ont été mis, qui sous contrôle judiciaire, qui en liberté provisoire. Dans le sillage de cette affaire, la Bmpj de Draria a pu récupérer un tas de produits pharmaceutiques et d'équipement médical évalué selon les résultats d'une expertise à plus de 1,2 milliard de centimes.