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Ils dilapident le legs de Ben Badis
Publié dans L'Expression le 28 - 03 - 2016

Les Ouléma de 2016 brisent le sermon de leurs aînés et reproduisent le discours des politiques du MSP et du parti de Abdellah Djaballah.
La société algérienne a une image assez positive de l'Association des Ouléma musulmans algériens. Elle est accréditée par la collectivité nationale d'une vision moderne et non politisée de l'islam. Cette association qui bénéficie de l'aura de son fondateur, Abdelhamid Ben Badis, a pu traverser les époques, de la nuit coloniale à la pluralité politique, en passant par une décennie de terreur islamiste, mais n'a pas entamé sa crédibilité, dans l'esprit de la majorité des Algériens qui considèrent cette organisation, un peu comme le garant d'un islam tolérant et respectueux de la République et transcendant les clivages politiques, au profit d'une vision élargie, généreuse et rassembleuse de la société. Si les Algériens n'évoquent pas l'Association des Ouléma musulmans algériens dans leur propos, c'est justement parce qu'elle fait consensus et il n'est pas besoin d'en faire référence dans n'importe quel débat, puisque tout le monde se reconnaît dans son discours prônant un islam débarrassé d'accents intégristes.
Cette image, l'Association des Ouléma musulmans algériens se l'a construite au tout début de sa création. Son attitude vis-à-vis de l'administration coloniale et du Mouvement national démontrait une détermination à ne pas mêler la religion dans le combat politique. Même la création de l'association des Scouts musulmans algériens qui a fourni beaucoup de militants à la cause de l'indépendance du pays, ne poursuivait pas un but d'endoctrinement des jeunes militants. L'Association des Ouléma musulmans algériens ne poursuivait pas un objectif idéologique, ni visait à imposer un quelconque système de gouvernance en son sein et au niveau du pays. Cette distance qu'elle a toujours respectée entre le politique et le religieux lui a valu le respect des autorités au lendemain de l'indépendance et beaucoup de cadres de la révolution et de la République avaient fait leurs classes dans les medersas de l'association.
Il faut dire que l'apport des Ouléma dans l'éveil de la société algérienne et la conservation de l'identité nationale est réel. C'est sans doute pour cela que l'Etat a élevé cette association au rang de guide de la nation, en liant la Journée nationale du savoir à l'anniversaire du décès du fondateur de l'association.
Mais sommes-nous, ces dernières années, dans cette configuration des rapports entre la société, l'Etat et l'Association des Ouléma musulmans algériens? la réponse est non. Pour cause, les animateurs de cette organisation religieuse prennent certaines libertés avec le statut de l'Association et se permettent des incursions intolérables en politique. Des incursions, d'autant plus condamnables, que les campagnes menées contre des décisions et des cadres de la nation sont d'inspiration islamiste, à dix mille lieux des fondamentaux de la société algérienne et de la vision du fondateur de l'association, Abdelhamid Ben Badis. Les batailles contre la réforme du Code de la famille et les attaques incessantes contre la ministre de l'Education nationale, en sus de l'acharnement contre un ministre de la République, au seul motif qu'il avait signé une autorisation de commercialisation de spiritueux, n'honorent pas l'association. Et pour cause, celle-ci ne se place pas au-dessus des partis, mais accompagne les assauts des islamistes contre la République.
Il faut bien se rendre à l'évidence que les animateurs de cette association sont très éloignés du discours originel de Abdelhamid Ben Badis. Au lieu de favoriser le rassemblement des Algériens et plaider pour un islam authentique et débarrassé de relents politiciens, les Ouléma de 2016 brisent le sermon de leurs aînés et reproduisent le discours des politiques du MSP et du parti de Abdellah Djaballah. Il y a donc dans l'attitude de ces animateurs une étroitesse d'esprit et une vision simpliste de leur rôle au sein de la société. En un mot comme en mille, ils dilapident le legs de Abdelhamid Ben Badis.


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