img src="http://www.lexpressiondz.com/img/article_medium/photos/P170410-05.jpg" alt=""Branchi El mouzika!"" / Jusqu'au 15 avril Tunis vibrera en différents lieux aux sons des musiques du monde, rehaussés par de nombreux groupes locaux de la scène actuelle dont ce festival en fait fièrement la promotion. Après trois heures de retard à la charge de Tunis Air, nous arrivons enfin à destination. C'est la première fois que nous sommes invités à couvrir les Journées musicales de Carthage. Ces dernières ne ressemblent en aucun cas au faste des JCC. Du moins, Il y a nettement moins de monde, parmi les invités, pour le public, nous le verrons les prochains jours. Le baromètre dépendra incontestablement de la fréquence des jeunes dans les salles. La 4ème édition de cette manifestation dédiée à toutes les formes de musique y compris celle de la «nouvelle génération» et sur laquelle, le ministre de la Culture, Mohamed Zine El Abidine, a axé son discours lors de la cérémonie d'ouverture, et se veut bien éclectique. A juger par la programmation, la scène du Palais des congrès vibrera aux différentes matières de sonorités et de genres musicaux des groupes proposés. Mais contrairement à ce que l'on croyait, l'accent est beaucoup plus mis sur la promotion de la musique locale et de la scène actuelle que sur le volet international. Surtout qu'il s'agit là d'un festival où il existe un jury pour la partie internationale, donc une compétition et des trophées à décerner. Cela dit, on ne peut critiquer cette louable initiative qui tend d'abord à servir les enfants de son pays, ceux-là dont le ministre soulignera être «le vivier culturel de demain, de notre avenir car c'est à travers lui que la vraie image de l'avenir culturel de la Tunisie se dessinera», a-t-il fait entendre lors de son allocution d'ouverture. C'est donc à 21h et en direct à la télé que la 4ème édition des JMC a démarré avant-hier au Palais des congrès, à Tunis, le théâtre municipal étant toujours en rénovation. La soirée commencera par la projection d'un spot de l'édition de l'an dernier qui montre bien l'ambiance joyeuse et colorée des concerts de rue. Après le mot de bienvenue, les présentateurs de la soirée, Wael Toukabri et Peeka ont rendu hommage aux artistes disparus cette année: Raja ben Ammar, Mohamed Allem, Hédi Tounsi et Mohamed Ahmed. Le directeur des JMC, le docteur Hamdi Makhlouf a officiellement lancé cette 4ème édition que le ministre des Affaires culturelles, Mohamed Zine El Abidine, a chaleureusement encouragée. Sur la scène, c'est au jury de se présenter. Celui de la compétition officielle est composé de Mamdouh Bahri (Tunisie), guitariste, compositeur et pédagogue, Rabii Zammouri (Tunisie), compositeur, musicien et producteur, Raja Chebbi (Tunisie), poétesse, Lena Chamamyan (Syrie), chanteuse et compositrice et Smockey (Burkina Faso), un musicien de hip-hop, rappeur, acteur et militant politique. Le jury «Enfant créateur» se compose de Mehdi Trabelsi (Tunisie), pianiste et musicologue, Wahid Triki (Tunisie), guitariste, pédagogue et homme de culture et Re-mi Bendali (Liban), chanteuse pour enfants. La présidente du jury n'est autre que notre Soulef nationale. Le coup d'envoi s'est fait avec Raoudha Abdallah, premier concert de ces Journées musicales avec son spectacle «Gottayti», aux sonorités inspirées du patrimoine tunisien. Le spectacle «Gottayti» (ma tresse) a su allier l'art de la musique au visuel, en étant accompagné par moment au chant par des tableaux chorégraphiques d'un duo de danseurs (un masculin et un féminin) et des dessins en vidéo. Raoudha Abdallah a su tresser, en effet en huit chansons, un lien entre le temps et l'espace, entre la nostalgie d'antan et l'espoir en l'avenir. Nostalgie de l'enfance, des amours de l'adolescence, des souvenirs qui impriment notre mémoire à tout jamais... Entre les fleuves musicaux, «Gottayti», la tresse de Raoudha Abdallah, a su décliner tout un patchwork de compositions musicales aux styles différents emmenant le public vers des rythmes africains tout en gardant le tempo tunisien bien ancré dans la racine et d'emmener le corps des danseurs vers des mouvements du temps passé, vers un patrimoine revisité. Notons que le programme officiel (en compétition) qui comprend la participation de nombreux groupes tunisien, égyptien, centrafricain et un autre du Maroc, comporte notamment des concerts en plein air, mais également un marché de la musique où les producteurs pourront rencontrer des artistes et les musiciens se familiariser avec l'univers de la production musicale. Notons que ce salon des industries de la musique est ouvert durant toute la période des JMC. Des rencontres personnalisées se font aussi au niveau de l'Institut français pour une formation professionnelle en création de dossier et management artistique. De quoi faire pâlir de jalousie, nos pseudos spécialistes en la question chez nous. Alors s'il y a des musiciens algériens dans les parages n'hésitez plus et foncez!