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Le gouvernement veut "mettre en pièces" la corruption
LA TUNISIE FACE AUX DOUTES
Publié dans L'Expression le 05 - 06 - 2017

Le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, face à des problèmes de plus en plus complexes, voire insolubles
Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed a affiché hier sa détermination à «mettre en pièces» la corruption qui gangrène son pays, au moment où des interrogations émergent sur la nature et la portée du spectaculaire coup de filet lancé contre ce fléau.
Après des années d'incantations par les gouvernements successifs, M.Chahed a subitement fait procéder, à compter du 23 mai, à une dizaine d'interpellations impliquant hommes d'affaires, contrebandiers présumés et même un ancien responsable de la sécurité. Les biens de plusieurs ont été gelés. Si la démarche a suscité l'espoir d'une vaste opération «Mains propres», six ans après la révolution, le mutisme quasi absolu des autorités -le Premier ministre n'a prononcé que quelques mots au soir du 26 mai- a ensuite fait naître des doutes. Mercredi dernier, le quotidien Al-Chourouk avait ainsi déploré «l'absence de plan de communication», tandis que la Ligue tunisienne de défense des droits de l'homme (Ltdh) s'était «étonnée du flou entourant» les interpellations. «Notre but est de mettre en pièces les systèmes de la corruption. (...) La lutte anticorruption est une guerre continue, de longue haleine», a rétorqué hier Youssef Chahed dans un entretien aux quotidiens La Presse et Assabah. «J'entends certains dire que c'est une campagne. Non, nullement, il s'agit plutôt d'une politique d'Etat. (...) La corruption chez nous est généralisée», a-t-il renchéri. Depuis la première arrestation de l'homme d'affaires Chafik Jarraya, célèbre pour ses liens avec le monde politique et médiatique, le rythme de ces interpellations s'est ralenti. Assurant être en «harmonie» avec le président Béji Caïd Essebsi, le Premier ministre a toutefois promis que sa «guerre anticorruption» «ne protègera(it) personne». Les individus interpellés sont «de gros poissons» et «il y aura d'autres arrestations», a-t-il assuré. Si l'opération actuelle a été enclenchée au lendemain de la mort d'un manifestant dans la région de Tataouine (sud) lors de heurts avec les forces de l'ordre, il a au passage réfuté vouloir détourner l'attention des troubles sociaux croissants. «Pour l'ensemble des arrestations, les enquêtes préliminaires ont pris des mois. J'y présidais et nous y avons travaillé en totale discrétion, dans le secret le plus absolu», a expliqué Youssef Chahed, qui avait fait de la lutte anticorruption une priorité dès sa nomination l'été dernier. «Nous avons traduit en justice des centaines de dossiers. Le montant des sommes confisquées ces huit derniers mois (...) s'élève jusqu'ici à 700 millions de dinars (255 millions d'euros)», a-t-il encore argué. Le chef du gouvernement a en outre rejeté, dans le même entretien, les critiques sur le recours à l'état d'urgence - en vigueur depuis plus d'un an et demi - pour procéder aux arrestations.
«A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles», a-t-il dit, avant d'établir un parallèle avec la lutte antiterroriste, un ciment fort dans un pays frappé par une série d'attaques sanglantes en 2015 et début 2016. «D'autres actions sont prévues (dans le cadre de l'état d'urgence). (...) Les gens devront s'y habituer comme ce fut le cas des arrestations dans le cadre de la lutte antiterroriste», a fait valoir Youssef Chahed. Alors que certaines des personnes interpellées sont accusées de «complot contre la sûreté de l'Etat» pour leur financement présumé des troubles sociaux, il a aussi insisté sur les liens entre «corruption», «contrebande» et «terrorisme», qualifié de «triptyque». «C'est un système observable partout (...). Même les protestations sociales sont mises à profit par ce système. Les terroristes aussi en profitent», a-t-il avancé. Cet acte de pédagogie chassera-t-il les doutes? Pour l'analyste Hamza Meddeb, interrogé à la veille de l'interview, le gouvernement Chahed, fragilisé par la grogne sociale, a bel et bien pu vouloir «desserrer l'étau». Mais sa situation n'en reste pas moins délicate, observe ce chercheur à l'Institut universitaire européen de Florence.«S'il va plus loin, il risque de toucher à des intérêts extrêmement bien établis et à des élites politiques (...). Et il ne peut pas faire marche arrière sans laisser croire qu'il s'est laissé instrumentaliser et enfermer dans une lutte de clans», estime-t-il.


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