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Une politique de recherche véritable
TECHNOLOGIE
Publié dans L'Expression le 19 - 06 - 2005

«Rien n'est pire que l'ignorance quand elle se farde de science et prend la parole.»
Malek Bennabi
Dans notre précédent article «Le technopole de Sidi Abdellah: Idéal et Réalité» paru le 29 mai 2005, nous avons émis des idées susceptibles d'augurer une ère nouvelle, un espoir nouveau en faisant appel à la recherche et au développement pour fonder le renouveau de l'économie nationale axée sur les technologies de pointe. Celles-ci ne sont pas perçues dans le cercle gouvernemental comme un des secteurs industriels à part entière. Mais le sujet en question prend soudain à nos yeux un intérêt considérable qui permettra d'avoir un impact majeur sur une large gamme d'activités économiques, sociales, culturelles et environnementales. C'est pourquoi, il devrait inciter le gouvernement à réviser sa politique afin de valoriser une interaction plus dynamique et plus entrepreneuriale entre la technologie et l'activité commerciale. Il devrait aussi inciter les hommes d'affaires, les chercheurs, les ingénieurs et les techniciens à prendre conscience des possibilités qui s'offrent à eux au plan industriel et à les mettre à profit.
Notre souci est surtout de retenir lattention et susciter la réflexion des responsables politiques, industriels et de tous les milieux intéressés à la recherche dans ce pays, y compris les chercheurs eux-mêmes.
Le problème de la R&D n'a pas été abordé sous l'angle de ses priorités ou de son dosage, mais essentiellement sous l'angle organisationnel et ce, dans le contexte de l'évolution de la R&D au niveau mondial. Quelles que soient les priorités de développement industriel du pays, nos préoccupations concernaient principalement l'efficience de son système de R&D. Nous nous sommes intéressés avant tout à définir en quelque sorte une stratégie, en d'autres termes les conditions permettant de produire un maximum de résultats probants avec un minimum de moyens et de délais, axée sur les technologies de pointe.
On trouvera dans le chapitre qui suit une description des principes directifs régissant la conception, l'élaboration et la mise en oeuvre des politiques scientifiques et technologiques, ensuite le deuxième chapitre traite de questions actuelles, ou appelées à prendre de l'importance, concernant l'utilisation des technologies de pointe pour le développement à travers l'édification d'un potentiel national dans ces secteurs, enfin dans le dernier chapitre, on trouvera une description aussi complète et claire que possible de la technologie microélectronique qui est disponible et celle qui paraît être la plus immédiatement intéressante pour le pays avec les autres technologies, à savoir la biotechnologie et les matériaux nouveaux dont nous laisserons le soin à leurs spécialistes d'apporter leur contribution en la matière.
La politique nationale en Algérie
Au niveau international, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la majorité des pays industrialisés et plusieurs pays en voie de développement ont été amenés à se doter d'une politique scientifique et technologique. Par politique scientifique et technologique, on désigne généralement l'ensemble des mesures prises par un Etat afin d'assurer la production, la diffusion et l'application du savoir scientifique et technologique en fonction des objectifs généraux inspirés par et orientés selon les objectifs du plan développement national.
L'objectif à long terme de la politique scientifique et technologique d'une nation doit être de renforcer son autosuffisance, au travers d'un développement continu de ses capacités scientifiques et technologiques. En effet, si un pays en est réduit à adopter sans discernement les technologies élaborées ailleurs alors, il n'a guère le moyen d'agir sur le développement de son économie nationale.
L'importation de technologies n'est une stratégie de développement saine que lorsqu'elle aide un pays à accumuler une capacité technologique propre à le mettre en mesure, à terme, de couvrir ses besoins.
Les principes directifs régissant la conception, l'élaboration et la mise en oeuvre des politiques scientifiques et technologiques à l'échelle mondiale ont fait l'objet d'une attention suivie et d'investigation pendant plus de quarante années maintenant, au sein de la division des politiques scientifiques et technologiques de l'Unesco. Les investigations ont permis à l'Unesco d'accumuler une considérable expérience qu'elle met à la disposition des Etats membres qui en expriment le désir en vue de les assister à élaborer et à mettre en oeuvre leur politique scientifique et technologie nationale.
Les publications de la série «Etudes et documents de politique scientifique» (Spsd) et des notes techniques de la division des politiques scientifiques et technologiques de l'Unesco font régulièrement le point sur la question.
L'examen de la situation concernant les politiques scientifiques et technologiques dans le monde en général, et dans les pays en développement en particulier montre que les gouvernements sont de plus en plus conscients du rôle important que peuvent jouer la science et la technologie (S&T) dans la mise en oeuvre de leurs plans nationaux de développement socio-économique.
Cette prise de conscience débouche naturellement sur la volonté des Etats, et particulièrement de ceux des pays en développement, d'acquérir une capacité autonome dans le domaine de la S&T afin de pouvoir procéder à une meilleure exploitation par eux-mêmes de leurs ressources naturelles. Cependant, on constate que la plupart des pays qui affichent ces objectifs ne prennent pas les dispositions conséquentes au niveau gouvernemental pour se doter rapidement des capacités scientifiques et technologiques sur lesquelles reposent le développement endogène et l'autosuffisance. Plusieurs conférences internationales sur la S&T ont déjà souligné cette lacune dans bon nombre de pays en développement, notamment en ce qui concerne les structures institutionnelles et les mécanismes gouvernementaux concernant les politiques de la S&T. Par exemple, le plan d'action de Vienne, issu de la conférence des Nations unies sur la S&T au service du développement (Cnustd) tenue à Vienne en août 1979, recommande: «le gouvernement de chaque pays en développement devrait formuler une politique nationale de la S&T qui comporte la réalisation de certaines tâches essentielles telles que la planification, la programmation, la budgétisation et l'exécution d'activités scientifiques et technologiques en rapport avec ces objectifs de développement». Une telle politique suppose également que l'on assure une interaction prudente entre les facteurs responsables de la croissance et la transformation.
Une recommandation que nous avons rappelée il y a de cela plus d'une dizaine d'années à un ministre de manière très cordiale; les personnes qui ont assisté à ce débat se rappellent quelle fut sa réponse!
L'expérience que l'Unesco a acquise en prêtant son concours à plusieurs Etats membres a révélé que, malgré le caractère universel de la S&T, il n'existe pas de modèle type ou de schémas standard pour l'organisation et la mise en oeuvre de politiques scientifiques et technologiques nationales et encore moins pour la structure juridique des organes directeurs de ces politiques.
L'Algérie était dépourvue depuis longtemps d'une politique scientifique et technologique, le gouvernement s'est efforcé de combler ce retard en promulguant la loi n°98-11 portant loi d'orientation et de programme à projection quinquennal sur la recherche scientifique et le développement technologique qui constitue l'instrument de sa politique scientifique et technologique.
Cette procédure de «Loi de programme» de la programmation de la R&D, une astuce procédurière bien connue en démocratie parlementaire, consiste à faire acter des engagements par voie législative, en transformant la programmation en loi-programme pour une durée jugée convenable (cinq ans ou plus). Cela revient à réserver d'avance les moyens budgétaires, indispensables durant cette période et à rendre difficile toute modification d'un tel engagement législatif.
Une remarque qu'on pourrait faire concernant cette «Loi» est qu'elle comprend trop de programmes qui ne tiennent pas compte des considérations relatives au «potentiel scientifique et technologique» national, ainsi que les critères extrinsèques. Ces critères font le plus souvent référence à des considérations de pertinence (adéquation à des besoins nationaux), d'opportunité politique (socio-économique ou culturelle) et de disponibilité des ressources nécessaires pour mener à bien les programmes considérés: compétences et moyens matériels. En outre, la procédure de «loi-programme» concerne en premier lieu les activités relatives à la R&D, et désigne globalement les activités de recherche et de développement technologique qui, de façon complémentaire à court ou à long terme, conduisent à l'application de nouveaux procédés et la production de nouveaux produits. Elle ne concerne nullement les sciences sociales et bien d'autres qui peuvent être des répercussions aux applications des activités de R&D (exemples: la construction et l'urbanisme, l'habitat, la santé, les transports, ...). En outre, la loi-programme qui définit les objectifs sectoriels du développement socio-économique du pays ne détermine nullement les priorités relatives et n'exprime pas les objectifs socio-économiques en termes de problèmes prioritairement pondérés.
Quant à l'évaluation de l'impact qu'on pourrait faire ou l'évaluation a posteriori de cette politique scientifique et technologique nationale, celle-ci devrait comporter deux grandes dimensions: l'impact sur le développement du potentiel scientifique et technologique lui-même et l'impact sur les différents secteurs de l'économie nationale: des progrès certes ont été réalisés en termes du nombre de laboratoires de recherche. Ceci a favorisé l'affectation des ressources à la recherche. Cependant, les sources de financement sont trop dispersées et leur répartition s'effectue entre des entités trop nombreuses; la conséquence en est l'inefficacité généralisée que l'on constate. Et il nous semble, faute de données, qu'on est très loin des prévisions chiffrées de la loi en matière de dépenses, effectifs de chercheurs et équipements. Quant à l'impact de la recherche sur la production industrielle, celui-ci est très limité pour ne pas dire inexistant, du fait comme il a été discuté dans notre article précédent, que le développement technologique dépend de l'ultime étape qui est celle de la démonstration de faisabilité économique: c'est l'étape du projet pilote ou du projet de démonstration.
Comment encore expliquer la déception, la morosité et l'échec - osons le mot - des trois décennies passées. Il faut noter qu'il ne s'agit pas là d'une carence de moyens, mais une simple carence d'idées claires susceptibles de créer l'ambiance propice à la dynamique sociale nécessaire au démarrage vers la civilisation.
Il est utile d'affirmer cette thèse comme l'ont si bien fait et décrit des consultants de l'Unesco comme un préalable à l'élaboration de tout plan de développement national .«Il n'y a pas de plan, et d'une manière générale, de politique de la recherche s'il n'y a pas d'idées scientifiques/technologiques nouvelles et de volonté d'orientations originales de développement national pour leur donner des champs d'application possibles. Sans ces idées, la démarche du cheminement intellectuel de la programmation n'est que bureaucratie stérile. Par contre, si des idées scientifiques et technologiques nouvelles se présentent, alors l'exercice de planification-programmation-budgétisation vise à leur donner corps et constitue un processus de valorisation raisonnée de ces idées. Le risque couru, dans ce dernier cas, est un changement de structures, de modification des habitudes et de certaines relations entre les hommes et des intérêts qu'ils représentent. Si ce risque n'est pas couru, il est inutile d'élaborer une politique de la recherche véritable et d'entreprendre une procédure de la programmation.» Concernant l'aspect politique, quelle que soit la nature de l'organe directeur de la politique de la recherche mis en place, il doit être capable, avec l'aide dorganes consultatifs (dans notre cas par exemple c'est le Conseil national de la recherche et les Commissions intersectorielles) de formuler une politique nationale explicite dans le domaine de la S&T, qui sous-tend dans ce domaine la politique nationale de développement socio-économique et qui définit clairement la nature et les sources des apports étrangers et endogènes nécessaires.
Pour que l'organe directeur de la politique de recherche puisse remplir effectivement sa mission, il devrait bénéficier effectivement d'un appui au plus haut niveau possible, en vue de disposer d'une autorité suffisante pour pouvoir effectuer des arbitrages. C'est pour cette raison, que dans les pays désireux de mettre en oeuvre une politique volontariste de développement, l'organe directeur est placé sous la tutelle de la plus haute instance politique.
En outre, il doit disposer de moyens adéquats, en particulier d'un personnel ayant la maîtrise des méthodes de planification et de programmation des activités S&T ainsi que du processus de leur intégration dans le plan national de développement.
Enfin, l'organe directeur doit disposer d'un inventaire à jour du potentiel scientifique et technologique national ainsi que des statistiques fiables dans tous les domaines d'activité économique nationale, afin de pouvoir organiser, orienter et utiliser efficacement les moyens disponibles et de prendre les mesures les plus appropriées pour les renforcer.
Edification d'un potentiel national dans des secteurs technologiques de pointe
La rapidité de l'évolution des technologies est un des traits les plus marquants de notre époque. Les progrès technologiques, rendus possibles par l'élargissement et l'approfondissement des connaissances, dans des domaines situés aux frontières des disciplines scientifiques et technologiques traditionnelles, se manifestent dans des secteurs dits de pointe. Les applications de ces technologies ont d'importantes répercussions sur le développement des nations et le bien-être de leurs populations. Les technologies de pointe ont plusieurs caractéristiques qui les distinguent très nettement des technologies classiques. Ce sont d'abord des technologies qui font appel à une somme considérable de connaissances, et qui sont grosses consommatrices d'information, même lorsque le produit final est relativement simple. Une deuxième caractéristique des technologies de pointe est l'évolution rapide des méthodes et des applications: l'intervalle de temps qui sépare deux innovations peut quelquefois être inférieur à dix ans et même trois ans pour ce qui est du secteur de l'électronique. Une autre caractéristique des technologies de pointe est de nécessiter des investissements élevés même pour des produits relativement bon marché. La quatrième caractéristique est qu'elles n'utilisent que peu de main-d'oeuvre, du fait du recours à l'automatisation. Enfin, la dernière caractéristique est le secret qui les entoure.
Par conséquent, il est capital et extrêmement urgent, à ce tournant décisif de l'histoire, que nos responsables fassent preuve de la volonté politique et du courage requis pour modifier en profondeur la situation actuelle concernant l'utilisation de la S&T en tant que base de développement socio-économique. L'Etat doit par conséquent adopter des mesures pour assurer le développement scientifique et technologique adéquat et une application appropriée de la S&T en vue d'assurer le développement de l'agriculture, des transports, des télécommunications, de l'industrie, la santé, l'éducation et le développement de l'environnement. La question cruciale est de savoir quelles stratégies adopter pour construire une base technologique solide dans ces différents domaines et promouvoir, en même temps, un développement industriel à long terme. Nous pensons avoir clairement proposé des éléments de réponse à cette question dans notre précédent article.
Microélectronique comme technologie de pointe
Les récentes avancées technologiques en matière de la communication, de l'information et de l'informatique sont à l'origine d'un profond changement qui gagne l'ensemble de la vie économique et sociale. Elles se caractérisent par l'imbrication de l'informatique, des télécommunications et de l'audiovisuel. A la base de cette révolution sociale que connaissent les pays industrialisés, il y a le circuit intégré, la «puce», minuscule plaquette de silicium, matériel (hardware), dotée d'une énorme capacité de traitement de données, logiciel (software). L'électronique est l'industrie la plus dominante dans le monde, elle est en train de gagner un intérêt considérable dans les milieux politiques et industriels.
Le point de départ fut la découverte de l'effet transistor à semi-conducteur à la fin des années quarante. Cette découverte a ouvert la voie à l'électronique de l'état solide. Le développement dans le domaine de la technologie des couches minces a permis de donner une impulsion à l'évolution des dispositifs à semi-conducteur. Plus tard, les progrès individuels enregistrés par les diverses technologies telles que celles du vide, les matériaux, l'optique, la chimie, les outils d'analyse et diverses autres techniques ont été associés pour développer des circuits et des dispositifs à semi-conducteur très fins. Ces dispositifs et circuits ont conduit à l'émergence d'une technologie à caractère très multidisciplinaire appelée: la microélectronique. Il est indéniable que les circuits intégrés constituent l'élément essentiel de tout appareil électronique. Ceux-ci jouent un rôle prépondérant dans l'exercice et l'évolution des réseaux de télécommunications, d'information, de bureautique, d'équipement médical et d'électronique dans les transports et les technologies spatiales pour des raisons technique et économique (en volume, consommation d'énergie, fiabilité, vitesse de fonctionnement et de coût). Cependant, l'apparition des fonderies de silicium et la disponibilité des outils d'aide à la conception très puissants ont permis de séparer la conception de circuits intégrés à fonctions spécifiques et on parlera à l'avenir davantage de systèmes intégrés sur puce des opérations de traitement de silicium (fonderies) qui peuvent être situées dans un autre pays. En plus, ces fonderies offrent la possibilité de fournir rapidement des petites séries à des prix compatibles avec les solutions traditionnelles.
Que font les gouvernements au niveau mondial? Plus de 22 pays ou régions du monde ont créé des programmes spéciaux afin de soutenir le développement de leur industrie microélectronique. Aux Etats-Unis, le programme Mosis, à la l'University of Southern California, fournit des services de fabrication de puces aux autres universités et aux membres de l'industrie. En Europe, l'Union européenne soutient la recherche en microélectronique par le programme Esprit et par l'intermédiaire du groupe Europractice, qui permet aux universités, aux instituts de recherche et aux petites entreprises d'accéder à des services de fabrication de puces. Taiwan, depuis 1980 mène une campagne efficace qui lui a permis de se hisser au quatrième rang des fournisseurs mondiaux de puces électroniques. En 1992, le National Science Council de Taiwan a mis sur pied un centre d'implantation de puces destiné à soutenir la conception des puces électroniques dans les universités. La stratégie cohérente de recherche, de formation et de fabrication appliquée par Taiwan a permis à ce pays de devenir une puissance mondiale en microélectronique. Le financement disponible à Taiwan pour le soutien de la recherche et des infrastructures universitaires est estimé à plus d'une centaine de millions de dollars par année.
En Algérie, le Centre de recherche auquel nous appartenons accédait à des services de fabrication de puces depuis 1986 par l'intermédiaire du service CMP français dans le cadre d'un projet de coopération, ayant pour objectif la formation dans ce domaine. En 1994, chose étrange, les autorités françaises décidaient d'arrêter l'accès à ce service pour des raisons non élucidées. Mais, maintenant nous comprenons cette décision de refus d'accéder à cette technologie qui peut constituer une opportunité pour l'Algérie comme un point de départ vers la civilisation.
Les Français, nous entendons par là le politique, en agissant de la sorte, expriment un esprit colonial et égoïste qui le caractérise; et dire qu'ils exploitent nos meilleures ressources dont l'Algérie à une époque s'est engagée à leur formation massive. Tout cela nous amène à poser la très importante question: où sont les retours d'investissement de ce type et à qui profitent les richesses générées par cette exploitation? Le politique en France, tout laisse penser qu'il fait de la rétention d'informations envers même sa population, quant aux réelles causes de la crise qui secoue ce pays. Et ceci est valable à l'échelle européenne et même mondiale.
Le malaise qui caractérise le monde d'aujourd'hui, perceptible dans les différentes conférences organisées par l'ONU et les différentes instances internationales n'indique pas moins un déséquilibre grave du système économique mondial. Une constatation s'impose: le désordre économique international, instauré par les puissances alliées sous le leadership des Etats-Unis au lendemain de la dernière guerre, s'avère de plus en plus injuste et dangereux. Désenchantés par les maigres résultats qu'ont produits les différentes négociations internationales, depuis que le président algérien Houari Boumedienne lançait en 1974 l'idée d'une session extraordinaire de l'ONU sur les problèmes les plus urgents du développement et l'établissement d'un «nouvel ordre économique international», plusieurs nations du tiers-monde se révoltent et se tournent vers la violence. Tout compte fait la «paix américaine» n'a empêché ni la course aux armements ni les guerres, celles de la Corée, du Vietnam, du Moyen-Orient ou du Golfe persique et aujourd'hui l'Irak.
C'est dans ce contexte que doivent être considérés les efforts consentis par les économies capitalistes dans le domaine de l'innovation depuis la Seconde Guerre mondiale. La concurrence que se font les trois régions Etats-Unis, Europe et l'Asie sur ce terrain, marquée notamment par des succès spectaculaires, ne pouvait passer inaperçue aux yeux des politiciens et des chercheurs du tiers-monde. Si la science est bonne pour les grandes puissances, pourquoi ne le serait-elle pas pour les pays du tiers-monde?
Notre pays, l'Algérie, pourvu des ressources minérale et énergétique, dont il dépend étroitement de leurs exportations, alors que cette stratégie n'est guère porteuse d'avenir pour lui, sa survie dépendra de son aptitude à inverser cette tendance par un effort de créativité endogène, mais aussi de sa capacité d'intégration des technologies d'exploitation d'origine étrangère. L'Algérie doit s'y engager en fonction de son génie, de ses moyens et de ses besoins. De plus en plus confrontés à une explosion de l'information scientifique et technologique, provenant non plus seulement de disciplines scientifiques au sens universitaire du terme, mais concernant aussi les systèmes de production, les managers responsables du développement technologique des secteurs productifs de économie algérienne, se doivent de maîtriser cette information afin d'opérer des choix judicieux et efficaces.
En conclusion et à la lumière de ce qui précède, la renaissance scientifique au sein de notre pays dépendra des changements à effectuer en nous-mêmes, car une société encore une fois qui veut relever le défi du développement, plus que le capital connaissances, ce sont les attitudes individuelles et collectives qui importent. Ce n'est nullement une illusion, mais une certitude des clairvoyants.


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