Une nouvelle démonstration de force est attendue... La future élite du pays compte envahir encore une fois les rues afin de réclamer le vrai changement. La grogne monte... Les étudiants ont de nouveau rendez-vous avec la...protestation! Pour la 14e semaine consécutive, ils devraient battre le pavé à travers les quatre coins du pays. «Nous serons encore une fois au RDV pour maintenir la pression sur les autorités», assurent les représentants du mouvement estudiantin. Cette manifestation sera la première réaction du Hirak par rapport au scrutin électoral sur la voie de l'annulation ainsi que le début des poursuites judiciaires à l'encontre de Ouyahia, Sellal et d'anciens ministres et walis. Une évolution des plus notables dans un paysage politique presque «paralysé» depuis la démission de l'ex-président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Mais cela sera-t-il autant suffisant pour calmer les Algériens? Ces dernières semaines, ils ont certes fait de l'annulation du scrutin électoral leur revendication principale, toutefois elle n'est pas l'unique revendication. «Bien au contraire, ce qui s'est passé en ce début de semaine n'a fait qu'augmenter notre détermination», soutient Adam, étudiant en biologie à l'Usthb de Bab Ezzouar, et très actif dans la révolte des étudiants. Comme Adam, les étudiants avec qui nous avons parlé se disent encore plus en colère qu'avant la fin du délai du dépôt des candidatures au Conseil constitutionnel. «L'opacité dans laquelle a été faite cette opération et les deux candidats sortis de nulle part sont pour nous une provocation de la part des autorités», assure Manel, étudiante en sciences politiques. «Pourquoi jouent-ils à ce jeu malsain et n'invalident-ils pas directement cette élection de la honte?», se demande-t-elle. «Je comprends par là qu'ils veulent le pourrissement», ajoute cette jeune fille qui sera ce matin avec ses camarades pour crier sa colère. «De toute façon, qu'ils fassent ce qu'ils veulent, nous sommes déterminés à ne rien lâcher», ajoute cette jeune fille très frêle, mais dont l'abnégation peut soulever des montagnes. Comme d'ailleurs celle de ses milliers de camarades. Abdou qui est toujours aux premières loges des «manifs» en est le parfait exemple. Ni la matraque ni les gaz lacrymogènes qu'il reçoit hebdomadairement ne le font reculer. «Je serai là s'il le faut pendant dix ans encore», soutient-il. Pour lui, même si l'annonce officielle de l'annulation de l'élection avait été faite cela n'aurait rien changé. «Nous savons ce que nous voulons. L'élection n'est qu'une partie de nos revendications», souligne-t-il avec un large sourire. «Le départ de toute la isaba (bande mafieuse, NDLR) et une transition faite par des personnalités propres et compétentes sont les grands axes de nos revendications», ajoute-t-il en soutenant que la finalité des choses est résumée par «Irouhou gaâ» (ils partiront tous, Ndlr). Ainsi, lui et ses camarades devraient aujourd'hui réaffirmer leurs «sommations» tout en les adaptant à l'évolution de la situation. Une nouvelle démonstration de force est donc attendue de ceux que l'on surnomme le coeur du Hirak. Eux qui depuis 3 mois montrent la voie en boostant le mouvement. Comme ils l'ont fait d'ailleurs avec brio durant ce mois sacré de Ramadhan, notamment la semaine dernière où ils ont offert une véritable démonstration de force. Celle-ci a donné des «ailes» aux marcheurs du vendredi où l'on a assisté à la résurrection du mouvement populaire. Ce mardi sera un avant-goût de ce que sera le vendredi. Il sera certainement «amer» pour le pouvoir...