Rescapé d'une période de gel et de blocage du à la crise institutionnelle qui a marqué l'année dernière, et fortement impactée par les séquelles d'une gestion chaotique durant l'ancien régime, l'exportation des produits hors hydrocarbure, semble entamer une phase de redéploiement et de renaissance sous le règne du nouveau gouvernement. Et pour cause, les opérations d'exportation se multiplient et semblent, malgré les désagréments imposés par les mesures de lutte contre le Covid-19, rependre à un rythme plus soutenu. À l'image de l'entreprise Iris de fabrication de pneumatiques à Sétif, qui a entamé lundi dernier sa première opération d'exportation vers les Etats-Unis d'Amérique, «L'entreprise privée Iris a réussi, une année après son entrée en activité, à pénétrer sur le marché américain. Le pneu Iris a rencontré un succès éclatant sur les plans national et international, lui permettant de s'exporter vers plusieurs pays. Seulement 6 mois après le début des opérations d'exportation, les pneus Iris sont présents sur les marchés de 10 pays, jusqu'au marché américain, réputé pour sa rigueur, sa compétitivité et son exigence des normes de qualité et de sécurité» a précisé Mme Benzeboudj, directrice de communication de l'entreprise: «L'accès à ces marchés internationaux a été le résultat du choix de l'usine à recourir à des organismes internationaux renommés pour ce qui est des opérations de test, d'homologation et de certification.» Il n'en demeure pas moins qu'hormis le gage de la qualité, il y a lieu de relever que les orientations et les indications du gouvernement, notamment celles du ministre du Commerce, commencent à prendre forme sur le terrain, du fait que désormais la réussite de ces opérations, résident sur des changements profonds dans la gestion de l'un des axes les plus importants, pour la diversification de l'économie nationale. Comme cela a été annoncé par Rezig, le renforcement des axes et des modalités d'exportation interviennent dans l'amélioration du climat des affaires et ont fini par permettre aux entreprises qui font l'effort d'améliorer la qualité de leurs produits de se conformer aux lois en vigueur, de prétendre à un volume d'exportation intéressant. C'est le cas également de l'un des pionniers du domaine, en l'occurrence Lafarge Holcim en Algérie qui a organisé lundi dernier une cérémonie pour inaugurer sa première plateforme logistique du genre en Algérie, dédiée à l'exportation du clinker à partir du port de Djendjen. Fruit d'un partenariat entre le Groupe Lafarge Holcim Algérie et la filiale Rail Logistique du Groupe Sntf, avec une superficie de2 100 m², et une capacité de 10 000 tonnes de clinker soit un tiers de la cargaison à charger sur un navire, LafargeHolcim en Algérie souligne «son ambition d'accélérer son programme d'exportation, qui s'inscrit pleinement dans la stratégie consistant à assurer des débouchés commerciaux, alors que la production nationale de ciment est devenue sur-capacitaire», et ce en plus du fait d'«éviter les immobilisations prolongées du navire dont le coût journalier avoisine environ 20 000 USD/jour, selon le marché, et préserver la qualité du produit, qui se déprécie au contact de l'eau, et préserver l'environnement, en évitant les déperditions du produits et l'émanation de poussières». À cela s'ajoutent les annonces d'exportation prochaines, de rond à béton et de sel de déneigement, et ce sans parler des produits agricoles, qui ont déjà reçu un bon écho sur les étalages des marchés internationaux, et pour lesquels une stratégie doit être mise en place en vue d'une reprise efficiente, après le passage de la crise sanitaire.