Les scènes désolantes devant les bureaux de poste continuent. Des citoyens désireux de retirer leurs paies sont méprisés et malmenés par une gestion des plus humiliantes. Comme nous l'avons déjà rapporté, et depuis le 18 du mois, date du versement des pensions de retraite, nouvelle formule mise en place par la CNR, des files interminables sont constatées aux abords des bureaux de poste de la wilaya. Des mesures sont annoncées en grande pompe sur les plateaux de télévision où les responsables ont appelé à l'apaisement en déclarant que la liquidité était disponible, que les bureaux de poste réaménageront leurs horaires de travail, avec l'ouverture une demi-journée le vendredi... sur le terrain, la situation n'a pas changé et s'est même quelque part dégradée. Ainsi, et comme mesure prise celle d'inscrire votre nom sur un bout de carton ramassé par terre et attendre que le préposé à la sécurité vous appelle. Entre-temps, des «privilégiés» passeront sous votre nez vous laissant bronzer devant l'entrée. S'agissant de la disponibilité de la liquidité, elle est contredite par une amère réalité. En plus de plafonner les retraits à moins de 50 000 DA, certains bureaux n'hésitent pas à vous remettre des pièces de 50 DA, 100 DA et quelquefois de 200 DA. Même si le nombre d'usagers commence à diminuer, la direction de la poste innove en réduisant par exemple le nombre de guichets. Hier, à la recette de Hai El Badr, deux guichets sur cinq assuraient le paiement. La pression est le résultat de la fermeture de la majorité des DAB qui, s'ils fonctionnent, ne disposent pas d'argent. Les distributeurs automatiques de billets (DAB), installés pour atténuer la pression sur les guichets sont devenus un réel casse-tête. Plusieurs appareils rejettent des cartes pour invalidité alors que cette même carte «Dahabia» fonctionne normalement dans un autre distributeur. Pour de multiples raisons, tels le manque d'argent, faiblesse du réseau de connexion, erreur du lecteur ou tout bonnement hors service, les DAB sont abandonnés au profit du guichet et par ricochet, l'allongement des files, le jeu des coudes et l'augmentation du risque de contamination. Devant autant de dysfonctionnements, les détenteurs de la carte «Dahabia» se sont rabattus sur les distributeurs des banques. Très vite, celui de la banque AGB, de la Société générale sont devenus une destination privilégiée et très vite des files sont apparues devant ces établissements financiers où jamais une chaîne n'a été constatée avant. Hier même, ces DAB n'étaient pas alimentés en argent. L'autre cause de cette situation demeure le fait que de nombreux citoyens résidant dans les villes et villages de la wilaya, se dirigent vers les bureaux de poste du chef-lieu de wilaya en raison disent-ils, du manque d'argent ailleurs. Voilà ce que nous déclarait un citoyen, le 18 du mois, devant la recette principale de Bouira. «C'est au niveau des postes que l'organisation laisse à désirer. Il faut trouver un moyen pour éviter ces attroupements dangereux et ces chaînes où le risque de contamination est une évidence», nous confiait ce retraité de l'éducation venu retirer sa pension. «Tous les bureaux de poste de la ville de Bouira ont connu un flux important. Ma pension a été virée le 17, c'est-à-dire ven-dredi, le 18 en venant la retirer, je me suis retrouvé avec ceux qui ont reçu leur dû le 18, parce qu'il y a trop de monde, je vais aller la retirer le 20 avec ceux qui l'ont reçue le 18 ceux du 19 et ceux du 20... où est l'impact de cet échelonnement? C'est au niveau des bureaux de poste qu'il faut trouver des mécanismes pratiques pour nous éviter cette énième peine», ajoute notre interlocuteur. La direction de la poste de Bouira doit revoir sa copie et penser à assurer un service public digne de ce nom. La situation ne diffère pas dans les banques où on a recouru au système du jeton. Le client prend un numéro et attend dehors qu'on l'appelle. Nos postes peuvent imiter et recourir à cette solution, du moins provisoirement, en cette phase difficile de Covid-19.