Mohamed Lazouni s'est éteint, hier, en son domicile à Bab el Oued, à l'age de 83 ans. L'ex-officier de la police nationale, célèbre par ses émissions télévisées «Chorti El Makhfi» et «Tarik essalama», a tiré sa référence. Enfant de la Casbah, Mohammed Lazouni a rejoint la Sûreté nationale (D3) après l'indépendance, il avait suivi plusieurs formations en Allemagne en 1968, sur la technique automobile et toute la réglementation relative aux véhicules automobiles et à la circulation. À son retour, il a été d'abord nommé enseignant à l'Ecole supérieure Ali Tounsi puis à l'Ecole d'application de Soumaâ. Il est devenu chef du service des expositions de l'information et de la promotion des relations avec le public (Seiprp) à partir de 1982. Ce qui l'a amené à sillonner le territoire national en animant et organisant des semaines d'information et de sensibilisation, mais aussi des expositions sur le rôle de la police. En parallèle à l'exercice de ses fonctions et convaincu que la sensibilisation des usagers de la route est le meilleur moyen de la diminution des accidents de la route, Mohamed Lazouni a animé plusieurs émissions radiophoniques dès les années 1970 dont la célèbre émission de la Chaîne 1 «Tarik essalama». En 1985, la sécurité routière est entrée dans la grille des programmes de la télévision algérienne via l'émission Chorti El Makhfi (le policier invisible) dans laquelle Mohammed Lazouni présentait des cas d'infraction du Code de la route, qu'il verbalisait lui-même sans se montrer à l'écran. Il a aussi animé l'émission «Tarik essalama», Sir Fi Amane ou encore Siyarati. Mohamed Lazouni a aussi plusieurs collaborations avec la presse écrite. L'homme avec son style, à la fois simple et franc, a réussi, il faut le lui reconnaître, à toucher directement au mal de l'imprudence routière. Il est surtout parvenu à inculquer une éducation routière aux enfants, convaincu qu'il était que la bonne conduite s'acquiert dès l'enfance. Président de l'association «Tarik Essalama», il avait d'ailleurs toujours appelé à introduire l'«éducation routière» dans les programmes scolaires. Mohamed Lazouni est incontestablement le père de la prévention routière et avec sa perte, l'Algérie a perdu un grand homme. Il ne reste plus qu'à lui souhaiter «bonne route» pour son voyage dans l'au-delà.