Même fatigué et affaibli, le président Tebboune a parlé des zones d'ombre. Dans son tweet de moins de 5 minutes, il n'a pas manqué de glisser quelques phrases sur un dossier qu'il place parmi ses premières priorités. «J'ai instruit le ministre de l'Intérieur et les walis d'appliquer à la lettre les décisions prises au profit des zones d'ombre, notamment offrir des repas chauds et améliorer le transport scolaire», particulièrement dans le contexte des conditions climatiques actuelles, marquées par une baisse des températures et des chutes de neige et de pluie, a déclaré le chef de l'Etat. Abdelmadjid Tebboune avait présidé, en février dernier, une réunion gouvernement-walis pour donner des instructions claires visant à la prise en charge rapide de tous les manquements qu'enregistrent les régions déshéritées. En août, constatant que 10 à 20% seulement de ses instructions ont été appliquées, il avait décidé de sévir et d'écarter «tous ceux qui entraveraient la démarche de l'Algérie nouvelle» non sans prévenir qu'il ne s'agissait là que d'un début. Avec l'annonce de son retour, prochainement au pays, il faut s'attendre donc à ce que le chef de l'Etat fasse le point sur cette question. Cela a été confirmé, avant-hier, par le ministre de l'Intérieur, Kamel Beldjoud, qui a fait état de la tenue prochaine d'une rencontre gouvernement-walis consacrée au bilan sur les zones d'ombre. «La date sera fixée ultérieurement par le président de la République» a affirmé Beldjoud précisant qu'une enveloppe de 50 milliards de DA a été dégagée pour le développement de ces régions. Il est même revenu sur la dernière instruction du chef de l'Etat pour que soient assurés aux élèves des repas convenables, annonçant que la gestion des cantines scolaires sera au menu de la conférence virtuelle qu'il tiendra cette semaine avec les walis et les chefs de daïra. Le ministre de l'Intérieur n'a pas manqué d'appeler les députés et différents acteurs à «signaler tout dépassement enregistré dans leurs wilayas». Concernant le transport scolaire, le ministre a fait savoir qu'une correspondance a été adressée au Premier ministre pour l'obtention d'une autorisation exceptionnelle permettant de combler le déficit en chauffeurs de bus de transport scolaire, dont le nombre est estimé à près de 5 600 conducteurs. C'est dire que le dernier tweet du président a fortement secoué le cocotier donnant un réel coup d'accélérateur à la mise en oeuvre du plan spécial pour ces régions. Il vient conforter les efforts du conseiller du président, Brahim Merrad, qui a passé ces derniers mois, à sillonner les zones d'ombre et à recenser leurs carences. Intervenant, hier, sur les ondes de la Radio nationale, Merrad a rappelé que le chef de l'Etat «a responsabilisé les walis à agir. Ils doivent absolument faire en sorte que des malfaçons, des déficits, des manques soient vite recouvrés et que ces zones soient d'un niveau tel que le citoyen qui y vit considère enfin qu'on lui a donné de l'importance». Pour le financement des opérations de développement à inscrire au niveau des zones d'ombre, le conseiller du président a déclaré que ce sont les actions déjà prévues dans différents secteurs, qui seront réorientées vers ce chapitre. «Toutes les actions seront réorientées vers les zones d'ombre de sorte à rééquilibrer les territoires et il n'est pas question que ces zones soient encore marginalisées davantage», a-t-il insisté soulignant que le président de la République, du fait de ses engagements de la campagne électorale, «en a fait sa priorité». Le problème du manque de financement devra également être solutionné avec une refonte de la fiscalité locale. Brahim Merrad a expliqué dans ce sens qu'«il y a des chantiers qui sont ouverts pour la refonte de la fiscalité locale, et il sera certainement question de permettre à ces communes d'obtenir ce qu'elles doivent avoir en matière de ressource financière». Mais en attendant, c'est aux walis de trouver les fonds nécessaires pour financer des opérations contribuant à améliorer le cadre de vie des populations dans ces zones car, «le discours maintenant est des plus clairs. Le président de la République veut absolument changer la situation», a conclu Merrad.