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«se faire vacciner est un devoir moral»
Le professeur Mustapha Haddar, ancien chef de service médecine du travail de l'hôpital de Rouïba, à L'Expression
Publié dans L'Expression le 11 - 09 - 2021

Le professeur, Mustapha Haddar, est l'un des meilleurs spécialistes algériens en médecine du travail. Il fait partie des premiers Algériens vaccinés contre la Covid-19. Celui qui a participé à l'élaboration de la campagne de vaccination de ses collègues, nous parle de l'importance de cet antidote. Il explique, scientifiquement, les bienfaits du vaccin, notamment en milieu professionnel. Il met aussi en exergue son innocuité, après plusieurs mois de recul. Il en profite pour ouvrir le débat sur la troisième dose. Appréciez-plutôt...
L'Expression: Bonjour professeur, l'Algérie a accéléré sa campagne de vaccination contre la Covid-19, en élargissant son dispositif organisationnel durant la semaine qui vient de s'écouler. Elle a rendez-vous, aujourd'hui, avec le «Big day» de cette campagne. Ma question est simple: pourquoi est-il important de se faire vacciner?
Professeur Mustapha Haddar: Absolument. Il est important de se faire rapidement vacciner contre la Covid- 19. Le vaccin est disponible dans toutes les structures de santé. Il est efficace et ne présente aucun effet secondaire majeur qui puisse remettre en cause son utilité. Nous avons actuellement le recul nécessaire pour l'affirmer. La vaccination protège l'individu, la famille et la société, car elle permet de limiter la diffusion du virus, de couper les chaînes de transmission et prévenir les formes graves de la maladie. Les formes graves, observées lors de cette dernière vague, sont survenues dans une très grande proportion au sein de la population non vaccinée. L'objectif de ce dispositif organisationnel d'appoint est de mobiliser toutes les ressources humaines disponibles pour mettre à la disposition du citoyen une offre de vaccination de proximité.
Pourquoi faut-il profiter de cette occasion pour sauter le pas de la vaccination?
Toutes les formes de mobilisation pour accélérer la vaccination et augmenter le nombre de personnes vaccinées est une chose positive en soi. Mais cette mobilisation doit être permanente et doit s'inscrire dans la durée. La vaccination est une condition nécessaire mais les règles régissant la prévention de cette infection doivent être constamment rappelées, notamment la distanciation physique, le port de masques, le lavage fréquent des mains et l'usage du gel hydro- alcoolique tant que cette pandémie n'a pas encore été vaincue.
En tant que spécialiste de la médecine du travail, la vaccination pour les travailleurs en entreprise a-t-elle encore plus d'importance? Etes- vous pour le «pass sanitaire» en milieu professionnel. Pourquoi?
La médecine du travail est une médecine de santé publique. Elle prend en charge la population active de notre pays,économiquement parlant, qui représente environ 11 à 12 millions de salariés. L'organisation de la médecine du travail permet une prise en charge de proximité du travailleur dans son environnement qui est l'entreprise. La sensibilisation par les services de médecine du travail,l'implication des managers de l'entreprise et les moyens mis à disposition par les autorités sanitaires font que cette opération de vaccination se déroule pour le moment dans les meilleures conditions possibles dans les entreprises que nous prenons en charge. L'utilité de cette vaccination est d'abord, de protéger le travailleur dans l'exercice de son métier, de la contamination, de préserver sa santé et sa force de travail, de protéger sa famille et de façon générale la société. L'entreprise est d'abord un lieu de travail mais aussi un espace avec un lien social. Il est donc très important de ne pas en faire un foyer ou un cluster de propagation de ce virus dans l'entreprise et en dehors de l'entreprise. Je préfère parler encore de plus de sensibilisation du travailleur à la vaccination contre la maladie pour le moment, avant d'aborder la problématique du «pass sanitaire» pour l'accès à l'entreprise. Par contre, l'exigence du «pass sanitaire» dans les espaces publics peut aider à limiter la circulation du virus et peut constituer dans sa coercition,une mesure incitative à la vaccination.
Pouvez-vous nous expliquer ce que signifie l'immunité collective, son importance et comment peut-on l'atteindre rapidement?
On peut atteindre l'immunité collective lorsqu'on vaccine une grande partie de la population d'un pays, ce qui aura pour effet de limiter fortement et significativement la circulation du virus. Il faut pour cela se donner tous les moyens nécessaires pour atteindre cet objectif de santé publique.
Va-t-elle nous permettre de retrouver une vie normale?
La vaccination de masse dans notre population couplée au respect des règles générales de prévention nous permettront, nous l'espérons, à moyen terme de retrouver une vie familiale, sociale et professionnelle relativement normale. C'est, d'ailleurs, le seul moyen qui s'offre à nous, afin d'atteindre au plus vite cet objectif.
Honnêtement, depuis combien de temps vous vous êtes fait vacciner contre la Covid-19?
Nous avons été effectivement, avec les collègues de notre établissement hospitalier, en notre qualité de soignants, les premiers à avoir reçu notre première dose de vaccin contre la Covid- 19 à la fin de février 2021 et la deuxième dose, 3 semaines après l'administration de la 1ère dose,soit à la mi-mars de la même année. Votre question en appelle une autre, tout aussi pertinente. Je pense que le temps est propice, maintenant, pour ouvrir le débat technique et scientifique autour de l'intérêt de l'administration de la 3e dose pour le personnel soignant, qui est une population à risque de par son exposition professionnelle potentielle importante. L'immunité vaccinale peut décliner avec le temps et pour la renforcer, l'administration d'une autre dose de vaccin de rappel est nécessaire. Dans une première phase, cette dose de rappel pourra concerner le personnel soignant présentant des vulnérabilités (âge et comorbidités). Il faut rappeler que le personnel soignant a été la première catégorie de la population à être vaccinée. A partir du mois de septembre de cette année, le problème de la baisse de l'immunité conférée par la vaccination se posera de nouveau. Vous me donnez aussi l'opportunité de rappeler que le corps hospitalier a payé et continue à payer un lourd tribut dans ce combat contre cette infection. Nous devons un hommage particulier à tous nos collègues que nous avons malheureusement perdus en martyrs du devoir. Dans une seconde phase, cette mesure pourra être élargie aux autres personnes vulnérables dans la population générale.
Un dernier conseil pour les Algériens par rapport à la vaccination?
Nous avons vécu une période très difficile, lors de cette dernière vague qui a touché presque toutes les familles algériennes. Il est donc du devoir moral de chaque citoyen de se faire vacciner dans son propre intérêt et notre intérêt collectif à tous. Malgré la baisse du nombre de cas de contamination, observée, ces derniers temps, la guerre contre le Sars- Cov 2 n'est pas encore gagnée. Il ne faut donc pas baisser de vigilance. Il faut observer, également, que nous sommes, encore loin, de l'immunité collective conférée par la vaccination. Les derniers chiffres, communiqués par le directeur général de l'institut Pasteur d'Algérie, montrent que 8,3 millions de personnes ont été vaccinés dans notre pays contre la Covid -19 (la première dose ayant été administrée à 6 millions et la deuxième dose à 2 millions de personnes). Nous sommes encore loin des 80% de la population générale à vacciner pour atteindre l'immunité collective que confère la vaccination.


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