Quand on lui montre la Lune, l'imbécile regarde le doigt. En recevant le secrétaire d'Etat américain, le 30 mars dernier, le président Abdelmadjid Tebboune a brassé un large tableau sur sa vision des relations internationales, des rapports algéro-américains, des conflits dans le monde, de la situation régionale et des relations algéro-marocaines. Dans cet exposé exhaustif sur le nouvel ordre mondial qui se met en place, les flots de commentaires n'y ont rien vu! Le seul élément saillant aux yeux de ces « analystes» malveillants a été le fait que les entretiens de cette rencontre entre Tebboune et Bliken ont été fuitées. Dans leur délire, ils n'hésitent pas à susurrer que c'est le département d'Etat américain qui a été à l'origine de cette prétendue «fuite», puisque leur objectif était de mettre à mal le partenariat algéro-américain. Pourquoi tant de haine, tant d'hostilité envers l'Algérie? Qui veut-on tromper quand on fait sciemment l'amalgame entre une fuite et une déclaration? L'attaché de presse de l'ambassade américaine à Alger a pourtant clarifié les choses pour couper court à cette polémique perfide. Il a pris le soin de publier une vidéo sur son compte Facebook stories, affirmant clairement qu'il s'agissait de déclarations et non de fuite. « Il n'y a pas eu de fuite. Il a parlé en public devant des journalistes américains et algériens», nous confirme-t-on encore à l'ambassade des Etats-Unis à Alger. Durant cet entretien, le président Abdelmadjid Tebboune a délivré des messages forts et surtout sincères, quand il a abordé les relations avec le voisin marocain. Tebboune a longuement évoqué ces relations brouillées entre Alger et Rabat, il a parlé du dossier du Sahara occidental mais il a surtout insisté sur le fait que l'Algérie «n'a aucune animosité contre le peuple marocain frère». Là aussi, les manipulateurs de l'opinion n'ont rien vu ni entendu, car cela ne les agrée pas. Mais, la vraie réponse à cette sincérité exprimée par le président Tebboune au peuple marocain est venue non pas des réseaux sociaux et des médias biberonnés au Makhzen, mais du coeur battant du Maroc. Avant- hier, les gradins du stade Mohammed V à Casablanca ont vibré pour l'Algérie! Des scènes émouvantes ont eu lieu lors de la rencontre opposant le Raja de Casablanca à l'Entente de Sétif dans le cadre de la coupe de la CAF. Les supporters marocains, qui y étaient présents pour soutenir leur club, ont déclaré leur flamme à l'Algérie. Un hymne de la fraternité. Les mêmes images, les mêmes scènes s'étaient produites en décembre dernier au Qatar, quand le Makhzen avait promis des milliers de dollars aux joueurs de l'Equipe nationale marocaine en cas de victoire contre l'Algérie. Il était difficile de ne pas céder à l'émotion quand les supporters marocains ovationnaient l'équipe algérienne qui venait de battre le Maroc, quand des joueurs marocains et algériens s'enlaçaient dans un prodigieux fair-play. Des images saisissantes, qui parlent et qui véhiculent des messages forts. Les Marocains ont perdu un match, mais que vaut une défaite sportive face à une fraternité retrouvée? Les peuples viennent de planter une paix altérée par l'enchère politicienne du Makhzen. Conscient des enjeux géopolitiques dans la région ainsi que dans l'environnement international, le président Tebboune, s'est fixé comme objectif d'impulser une nouvelle dynamique à la diplomatie algérienne. De la périphérie, l'Algérie passe au centre de l'échiquier mondial sur lequel elle compte désormais. Depuis ces derniers mois, elle est devenue une destination incontrôlable pour les chancelleries occidentales. Un flux diplomatique a pris pour direction Alger où il devait s'enquérir des dernières décisions et des orientations du président Abdelmadjid Tebboune. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, est arrivé en janvier, un mois plus tard, c'est le ministre italien des Affaires étrangères qui a été reçu à Alger. Luigi Di Maio a été suivi en mars, par la secrétaire d'Etat-adjointe américaine, Wendy Sherma, ainsi que le ministre portugais des Affaires étrangères, Augusto Santos Silva. L'arrivée du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, le 30 mars dernier à Alger, est loin de clôturer cette valse diplomatique au moment où Ramtane Lamamra est annoncé, vers le mois de juin, au département d'Etat US.