Dans son intervention à l'ouverture de la session ordinaire de l'Assemblée populaire de wilaya de Tizi-Ouzou, Mohamed Klalèche, président de l'APW, n'y est pas allé avec le dos de la cuillère. «Le budget de notre wilaya demeure faible et loin de la couverture de ses besoins de fonctionnement et d'équipement. Pourquoi? La réponse est évidente. C'est parce que nous sommes très en retard dans l'investissement productif qui génère de la richesse, des impôts et des emplois. C'est l'investissement productif public et privé qui constitue le moteur de la croissance, de l'emploi et du développement économique. C'est le développement économique qui est générateur de prospérité, de paix et de cohésion sociale et nationale». Des propos qui mettent à nu une situation qu'il décrit par un des plus importants taux d'émigration, surtout parmi les jeunes diplômés, dû au «fort taux de chômage qui est le plus important au niveau national». Aussi, cette session est exclusivement consacrée à l'investissement. Mais, selon le même responsable, la commission investissement, emplois et équipements publics de l'APW a bien établi que le foncier est toujours répertorié comme un frein majeur à l'acte d'investir. «Même si des diagnostics exhaustifs ont été établis, nous continuons d'enregistrer un statu quo, surtout concernant la gestion et l'assainissement juridique et physique du foncier industriel des zones d'activité», a-t-il regretté. En fait, les zones d'activités ne sont pas les seuls à constituer des freins à l'investissement dans la wilaya. Selon le président de l'APW, les investisseurs souffrent toujours des contraintes bureaucratiques. Une bureaucratie qui touche même le chapitre de l'assainissement du foncier. Pour certains opérateurs économiques, des entraves bureaucratiques ont empêché la concrétisation de leurs projets au sein de ces zones d'activité. La menace de retirer les actes par lesquels ils ont bénéficié de terrains au sein de ces dernières, n'est pas juste, car les retards dans le lancement des projets ne sont dus qu'à la lenteur des démarches bureaucratiques, ce qui a fait que les projets ne sont pas encore lancés. Enfin, il convient de rappeler que les communes ont, depuis longtemps, réclamé les moyens financiers nécessaires pour la viabilisation des zones d'activité. Ces dernières, en majorité, restent encore inexploitées à cause de l'absence sur place des moyens de viabilisation comme les routes, l'électricité haute tension, le gaz et l'eau. Les investisseurs n'attendent que ces commodités pour se mettre à travailler. À ce sujet,?le wali, Djilali Doumi, a, dans son intervention, promis que des travaux de viabilisation seront lancés dans des zones d'activité qui ne souffrent pas de contraintes, dans une démarche visant à booster l'investissement, au niveau local. Selon le même responsable, ces travaux toucheront une dizaine de zones d'activité ne présentant pas de problèmes, dont celle de Makouda, d'une superficie globale de plus de 4,8 ha, qui a bénéficié d'une enveloppe de 347 millions de DA mobilisée sur le budget de l'Etat, pour l'étude et sa viabilisation. L'entreprise en charge des travaux a «déjà été désignée». Il en sera de même dans la zone industrielle de Souamaâ. Tandis que des démarches sont en cours pour dégeler la situation de la zone industrielle de Draa El Mizan- Tizi-Gheniff.