Le président russe Vladimir Poutine a affirmé que son armée disposait d'une «bonne réserve» d'armes à sous-munitions, en menaçant de l'employer sur le front en Ukraine si Kiev utilisait ce type d'armement livré par les Etats-Unis. Washington a annoncé la livraison prochaine à l'armée ukrainienne de ces armes à l'usage très controversé, car les charges qu'elles dispersent peuvent faire beaucoup de victimes civiles collatérales.»En Russie, il y a une bonne réserve d'armes à sous-munitions, de différents types», a souligné Poutine, dans une interview à la chaîne de télévision publique «Rossia-1», diffusée dimanche. «Jusqu'à présent, nous les avons pas employées, nous n'en avions pas la nécessité, même si nous avons eu une pénurie de munitions bien connue, à un certain moment», a poursuivi Poutine.»Mais si elles sont utilisées contre nous, nous nous réservons le droit à des mesures de représailles», a ajouté le président russe. En outre, il a estimé que la contre-offensive de l'armée ukrainienne, lancée en juin, n'avait pas remporté de succès face à la résistance des défenses russes dans l'est et le sud de l'Ukraine.»Toutes les tentatives de l'ennemi de percer notre défense (...) n'ont pas réussi pendant toute la période de l'offensive. L'ennemi n'a pas obtenu de succès», a estimé Poutine, dans une interview à la chaîne de télévision Rossia-1 diffusée hier. Mardi dernier, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, avait déjà affirmé que «si les Etats-Unis fournissent des armes à sous-munitions à l'Ukraine, les forces armées russes seront contraintes d'utiliser des moyens de destruction similaires». Les soldats ukrainiens accusent déjà, depuis le début du conflit, l'armée russe d'utiliser ces munitions controversées. Selon Poutine, les Etats-Unis ont annoncé livrer ces armes car ils ont une «pénurie de munitions» à proposer à Kiev. «L'armée ukrainienne utilise par jour de combat jusqu'à 5.000 ou 6.000 obus de 155mm. Or les Etats-Unis en produisent 15.000 par mois, ils n'en ont pas assez, et l'Europe n'en a pas assez non plus. Ils n'ont rien à proposer de mieux que d'utiliser des armes à sous-munitions», a assuré Poutine. Ces armes sont interdites dans nombre de pays, notamment européens, signataires de la Convention d'Oslo de 2008, dont ni les Etats-Unis ni l'Ukraine, ni la Russie ne sont parties prenantes. La Russie a en outre assuré hier avoir neutralisé au moins dix drones ukrainiens, lancés en Crimée près de Sébastopol, quartier général de la flotte russe en mer Noire régulièrement ciblé par ce type d'attaques. Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir abattu deux drones avec sa défense antiaérienne et en avoir mis hors d'état de nuire cinq autres avec des systèmes de brouillage. Le ministère affirme avoir également détruit deux drones navals de l'armée ukrainienne, des embarcations qui opèrent à la surface de l'eau, sans équipage.»Pas de victime, ni de dégâts après cette attaque terroriste avortée», a-t-il précisé. Le gouverneur russe de Sébastopol, Mikhaïl Razvojaïev, a lui indiqué sur Telegram, en fin de matinée, qu'un dixième drone aérien avait été neutralisé au-dessus de la mer Noire avec des systèmes de brouillage électronique. Sébastopol est le port d'attache de la Flotte russe de la mer Noire. Depuis le déclenchement de l'opération spéciale en Ukraine, en février 2022, la Crimée, annexée par la Russie en 2014, est régulièrement la cible d'attaques de drones aériens et navals.