Un délai de 3 mois pour la mise en place d'un gouvernement civil    Al-Sarraj dénonce le soutien «non proportionné» de la France à Haftar    Belfodil dans l'équipe type de la 30e journée    Le Nasr Es-senia vise la Ligue 2 à court terme    Ll'Algérie se plus chère sélection africaine présente en phase finale    Saisie d'armes à feu, d'une quantité de munitions et arrestation de trois personnes    Semaine de la critique riche en premiers films    Après Bouteflika, Gaïd-Salah : ces incorrigibles professionnels du « soutien »    Rassemblement des souscripteurs aux 200 LPA    Le discours de Gaïd Salah revu et corrigé    L'indépendance de la justice en question    "Libérez immédiatement M. Rebrab !"    Le CC du FLN finit en queue de poisson    Les Belouizdadis visent la finale    Mellal, en "président" populaire du MCO    Pour "la primauté du politique sur le militaire"    Des habitants de la Casbah protestent devant la wilaya    Washington menace ses alliés    Café littéraire de Bouzeguène : Blocage de la subvention par la wilaya    Les étudiants toujours mobilisés    Mascara: Ils dépouillaient les voitures    Préparatifs des JM 2021 à Aïn El Turk: Une campagne de sensibilisation pour un séjour agréable aux hôtes de l'Algérie    Les marchés couverts non exploités gérés par l'entreprise du marché de gros: La priorité aux jeunes activant dans l'informel    Oran : Les avocats marchent contre le système    Importation: Une centaine de produits exclus du DAPS    Ettrefehnâ !    Constantine - Un riche programme culturel pour le ramadhan    Etudiants et enseignants au rendez-vous    Tabbou fidèle à ses positions    Barbari Kheiredine seul candidat    Fédération algérienne de tir sportif : Abdrezzak Lazreg élu nouveau président    Le parcours de la 5e édition détaillé    Ould Abbès et Barkat dans le collimateur de la justice    Les armées des pays du lac Tchad intensifient leurs actions    Les rebelles disent frapper des cibles "stratégiques" en Arabie    Un humoriste comédien à la tête de l'Ukraine    Palestine: Soutien financier de la Ligue arabe face aux mesures de rétorsion d'Israël    Toujours déterminés    Une policière tuée dans son domicile    Ramadhan: Programme de sensibilisation pour la prévention des complications des maladies chroniques    Utiliser "le leadership de la Russie" à l'Onu pour aider l'Afrique à se développer?    Huawei lance le 2ème smartphone assemblé en Algérie    L'Algérie va connaître ses ambassadeurs au VivaTechnology    La solidarité en perspective du Ramadhan    "Seul l'avenir de l'Algérie nous importe"    Programme enfant    Hirak du 22 février: l'appel aux sociologues lancé    L'onda avoue son impuissance    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Les demi-aveux de Sarkozy
LES CRIMES DE LA COLONISATION
Publié dans L'Expression le 28 - 07 - 2007

Dans son adresse à la jeunesse sénégalaise, le nouveau président français n'a pas tout dit sur le passé colonial de la France.
A Dakar où il était jeudi, en visite officielle, le président français, Nicolas Sarkozy, a joué un difficile jeu d'équilibre, en reconnaissant, par ci, certains méfaits du colonialisme, responsabilisant, par là, les Africains quant à la situation précaire de leurs pays. Des demi-aveux, sans doute les bienvenus, mais qui laissent dubitatif quand on sait les crimes du colonialisme commis au nom de la France, en Algérie et au Sénégal, entre autres, les deux pays où il séjourna depuis son investiture à la présidence française, le 16 mais dernier.
La langue de M.Sarkozy a-t-elle fourché? En effet, peu après avoir affirmé que la «colonisation» au même titre que «l'esclavagisme» était «génocide et crime contre l'humanité», il s'est, par la suite, rétracté, à en croire les rectificatifs des agences de presse, n'assimilant plus que la traite des négriers comme crime contre l'humanité. C'est ainsi que M.Sarkozy s'est étendu sur les crimes des négriers et des esclavagistes, mais a relativisé les crimes du colonialisme. Comme il est resté silencieux sur les crimes commis à Guelma, Sétif et Kherrata, en mai 1945, lors de son séjour à Alger le 11 juillet, Nicolas Sarkozy n'a dit mot non plus, sur l'autre crime, celui du camp de Thiaroye -pas loin de l'université de Dakar où il prononçait son discours - où des dizaines de tirailleurs sénégalais ont été tués par l'armée française en décembre 1945, coupables de réclamer leur solde.
Les crimes coloniaux en Algérie et au Sénégal se passaient en 1945, année lors de laquelle les soldats venus d'Afrique (notamment de ces deux pays) avaient participé à la libération de la France. A Dakar et devant la jeunesse et les étudiants sénégalais, le président Sarkozy a déclaré: «Je ne suis pas venu effacer le passé car le passé ne s'efface pas. Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes» au premier jour de sa visite au Sénégal, ancienne colonie française, devenue indépendante en 1960.
Donc, pas question de repentance; M.Sarkozy qui demandait aux jeunes Sénégalais de regarder «au delà des crimes» de la traite et de l'esclavage, ne s'est pas appesanti sur les crimes propres de la France, ni ne s'est excusé pour les crimes du colonialisme français qu'il ne considère pas comme tel, estimant sans doute que des demi-aveux, d'une part, quelques petites vérités par là, d'autre part, car historiquement impossibles à nier, devaient contribuer à effacer ce qu'il y avait de plus barbare dans «l'oeuvre civilisatrice» de la France en Afrique. A la limite, selon le président français, la colonisation n'a pas été «un crime» au pire «une grande faute». Mais, le président Sarkozy qui veut «révolutionner» les rapports entre la France et les anciennes colonies africaines, n'a pas eu, néanmoins, le vrai courage de reconnaître les crimes de la France. Dans un entretien au quotidien gouvernemental sénégalais, Le Soleil, le président français indique: «Il y a eu la traite négrière, il y a eu l'esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme une marchandise. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l'homme, un crime contre l'humanité».
Comme le furent, au même titre, les enfumades du Dahra et les crimes des colons en mai 1945 en Algérie. M.Sarkozy est très sélectif, il reconnaît dans l'esclavagisme un crime contre l'humanité parce qu'il n'est pas du fait des seuls Français, mais des pays occidentaux en général, mais refuse en revanche, d'assimiler la colonisation et les méfaits du colonialisme à des crimes de guerre et contre l'humanité. A Dakar, Nicolas Sarkozy, s'il a dit quelques vérités sur le passé colonial de la France, qu'il continue à ne pas vouloir assumer, est loin cependant d'avoir fait son mea-culpa. Il en faut de beaucoup.
Au même journal cité plus haut, le président français affirme: «J'ai le souci de moderniser les relations qu'entretient la France avec ses partenaires africains (...) et d'en chasser les vieux démons du clientélisme, du paternalisme et de l'assistanat».
Or, dans son discours prononcé jeudi à l'université Cheikh Anta-Diop de Dakar, Nicolas Sarkozy, plus que paternaliste, s'est surtout montré arrogant envers les jeunes Dakarois, les apostrophant; «Voulez-vous que cesse l'arbitraire, la corruption, la violence? Voulez-vous que la propriété soit respectée, que l'argent soit investi au lieu d'être détourné?»
Peu à Dakar ont, d'ailleurs, apprécié ce discours qui rappelle des jours sombres que les Africains ne peuvent pas oublier. En fait, Nicolas Sarkozy voulant couper avec les pratiques de ses prédécesseurs, se veut subtil et plus ouvert alors qu'il fait un discours qui reste le même, mais certes, enrobé de modernité pouvant faire croire qu'il dit autre chose que ce qu'ont dit avant lui MM.Chirac, Mitterrand ou encore Giscard d'Estaing qui, tous regardaient l'Afrique comme la «chasse gardée» de la France. Or, quoi qu'on dise le président français, cet archaïsme qu'est «le pré carré» français en Afrique subsiste et Nicolas Sarkozy est venu au Sénégal et au Gabon -avec lesquels la France entretient des relations privilégiées- pour lui donner un habillage plus clean alors que l'objectif demeure le même avec en sus, aujourd'hui -en plus de l'exploitation à outrance des matières premières africaines- l'écrémage de sa matière grise, ces cerveaux qui font aujourd'hui le bonheur des puissances occidentales, grandes et petites.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.