Alger, Oran, Ouargla et Sidi Bel Abbès sont les wilayas les plus touchées par le trafic de stupéfiants. Des chiffres et des lettres. Des mots et des...maux. Les chiffres ayant trait à la criminalité organisée donnent le vertige. Plus de 18.000 personnes ont été impliquées dans des affaires liés à ce fléau, en progression alarmante en Algérie. C'était l'un des thèmes abordés par le colonel Zeghida lors d'une conférence de presse animée, hier, au commandement de la Gendarmerie nationale à Chéraga. Il a affirmé que 18.485 personnes impliquées dans 10.424 affaires ont été arrêtées durant l'année 2007. En comparaison de l'année 2006, une nette recrudescence de la criminalité a été constatée. Les harragas! Un sujet qui défraie la chronique. En termes de chiffres, le colonel a précisé que 1071 personnes ont tenté de rejoindre des cieux plus cléments. Des tentatives qui se sont soldées dans la majorité des cas par un drame. En constante aggravation, ce chiffre rend perplexes les différents observateurs. Les enquêteurs aussi. Dans sa communication, le colonel Zeghida a mis en cause l'arsenal juridique censé endiguer ce phénomène qui ne cesse de prendre de l'ampleur. «La loi ne réprime pas cet acte. On se base uniquement sur le Code maritime» dit-il avec regret. Il a indiqué qu'«il faut réprimer les réseaux qui sont derrière ces mésaventures itératives de nos jeunes». Un autre phénomène menaçant, l'immigration irrégulière des étrangers. L'Algérie est un pays de transit pour ces immigrants qui veulent rejoindre d'autres pays de la Méditerranée. Ce n'est pas là le danger. C'est plutôt l'implication de ces immigrants qui menace. Sur les 4047 affaires relatives au trafic de stupéfiants, et les 4436 autres ayant trait à la contrebande, ainsi qu'à la contrefaçon, le colonel Zeghida a confirmé que les étrangers se taillent une grande part. Ils sont de toutes les nationalités. «Des Pakistanais, des Indiens...ont tenté leur chance via l'Algérie», a ajouté le colonel. De nombreuses wilayas sont touchées par cette immigration clandestine. Les statistiques ont démontré que Oran et Mostaganem arrivent en pole position. Explicite, M.Zeghida a laissé entendre que ce sont des groupes de personnes âgées entre 18 et 40 ans qui sont les plus concernés. Qu'ils soient étudiants, employés journaliers ou sans profession, «ces gens achètent des embarcations à des prix variant entre 400.000 et 800.000DA», souligne-t-il. Les dernières estimations de la Gendarmerie nationale font ressortir d'autres vérités. Sur 100 personnes interrogées, «plus de 60 ont déjà formulé des demandes de visas», a-t-il ajouté. Face au refus des différentes ambassades étrangères, ces jeunes n'ont pas eu d'autres choix. Plus de 60% sont à la recherche d'un emploi, a dévoilé l'enquête. La gent féminine est aussi impliquée. Quatre femmes ont été arrêtées par les services de la Gendarmerie nationale. Quant au trafic de stupéfiants, 2557 affaires ont été traitées durant l'année précédente. Aussi, 4047 individus impliqués dans différentes opérations ont été arrêtés. 3184 d'entre eux ont été placés sous mandat de dépôt. Soit un taux de 79%. Alger, Oran, Ouargla et Sidi Bel Abbès sont les wilayas les plus touchées. Evoquant le trafic de drogue, M.Zeghida a précisé que 74.817 plants d'opium ont été recensés en 2007. Un exemple qui en cache d'autres, car toutes les statistiques démontrent que le mal est profond.