- Je ne vois pas l'utilité du maintien de l'état d'urgence - Nous ne sommes ni des voleurs ni des tueurs - Des hommes d'affaires payent une dîme aux terroristes - Ceux qui parlent dans les microphones ne m'effraient pas. Hier, et à l'occasion de la sortie de promotion de l'Académie militaire interarmées de Cherchell, le général de corps d'armée, le chef de l'état-major de l'ANP, Mohamed Lamari, a rencontré la presse dans un cadre «informel». Entouré des commandants en chef des armées de terre, de mer, de l'air et de la gendarmerie, ainsi que du chef de la 1re Région militaire et de quelques directeurs centraux du ministère de la Défense, le plus haut gradé de l'ANP a affirmé qu'il était le seul habilité à parler au nom de l'Armée. «Le Président de la République est aussi le ministre de la Défense. Il a ses propres prérogatives et l'Armée a les siennes...Je n'interfère pas dans les affaires du Président et il est le seul habilité à prendre les décisions», réagit Lamari à une question sur de possibles divergences entre lui et Bouteflika. L'officier supérieur évoque ironiquement «ces histoires de cabinets noirs, roses, jaunes, etc.», en rebondissant: «Il y a seulement quelques jours, j'ai proposé au Président une liste d'officiers pour des promotions et c'est lui qui décide.» «Bouteflika lui-même a déclaré dans un entretien que les membres de l'état-major de l'armée ont eu connaissance de la composition du gouvernement comme n'importe quel citoyen algérien», dit-il. Il synthétise la position de l'ANP vis-à-vis de la vie politique usant de cette image: «En 1992, nous avons ouvert une brèche dans un cercle et nous l'avons refermée en 1997.» Le chef de l'état-major rappelle aussi que depuis 1992 il a eu «à travailler avec plusieurs Chefs du gouvernement et des dizaines de ministres et si quelqu'un a été forcé de prendre une décision, je lui serais reconnaissant de le faire connaître». Le raccourci est vite trouvé pour évoquer la sulfureuse réputation de nos généraux: «C'est facile de parler des containers et du pont des généraux. Quand un secteur ne marche pas, on accuse les généraux de trafiquer...Je vous le dis, notre institution est la seule qui lutte contre la corruption au sein de ses rangs et nos sanctions sont les plus sévères». Et de poursuivre: