Ligue arabe L'Irak admis temporairement Les pays arabes ont accepté d'admettre à titre “temporaire” les représentants des nouvelles autorités irakiennes au sein de la Ligue arabe, tandis que le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, participera le week-end prochain à Genève à une réunion de l'Onu sur l'Irak. “Les pays arabes ont décidé d'accepter la participation de l'Irak” à la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères, prévue hier au Caire, a annoncé lundi soir le chef du département politique de l'OLP Farouk Kaddoumi, à la presse au siège de la Ligue arabe, dans la capitale égyptienne. M. Kaddoumi a tenu ces propos à l'issue d'une réunion de près de six heures des chefs de la diplomatie arabe, consacrée à la question épineuse de la participation des nouvelles autorités irakiennes, que les pays arabes n'ont pas reconnues, à leur réunion ministérielle. Il a précisé que les nouvelles autorités irakiennes allaient occuper le siège de l'Irak à la Ligue arabe mais qu'il “s'agit d'une mesure temporaire, jusqu'à la formation d'un gouvernement souverain en Irak”. Cette décision est intervenue après que l'administration américaine eut renouvelé ses pressions sur la Ligue, lui demandant de reconnaître officiellement les nouvelles autorités irakiennes. D'après des sources proches des participants, la réunion informelle de lundi soir a donné lieu à un débat animé sur le mode de représentation de l'Irak aux réunions de la Ligue arabe, certains pays étant opposés à sa participation à part entière, car il s'agit d'un pays sous occupation, et proposent qu'il ait un statut d'observateur. L'ancien chef des inspecteurs en désarmement de l'Onu, Hans Blix, a estimé lundi que l'Irak pourrait avoir dit la vérité quand il avait affirmé au Conseil de sécurité de l'Onu, en décembre dernier, qu'il ne possédait plus d'armes chimiques, biologiques ou nucléaires. Le dossier de près de 12 000 pages remis début décembre par le gouvernement de Saddam Hussein avait été rejeté comme faux et incomplet par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qui accusaient Bagdad de n'avoir pas désarmé comme l'y obligeait une résolution du Conseil de sécurité. Washington et Londres avaient ensuite repris ces arguments pour justifier l'invasion du pays en mars. “Après cette longue période, j'ai tendance à penser que l'affirmation irakienne selon laquelle ils avaient détruit toutes les armes biologiques et chimiques qu'ils avaient durant l'été 1991, pourrait bien être vraie”, a dit M. Blix sur la chaîne de télévision CNN. Aucune arme de destruction massive n'a été retrouvée en Irak depuis la chute du régime de Saddam Hussein, le 9 avril. La durée de service de certains soldats US en Irak prorogée Des milliers de soldats de la Garde nationale et de l'armée de réserve américaine, qui sont actuellement en service dans le cadre de l'occupation américaine de l'Irak, devront rester sur place jusqu'à six mois de plus que prévu, a révélé le Washington Post hier. L'ordre de rallonger de un à six mois la durée de mobilisation, initialement d'un an, a été donné vendredi, mais aucune annonce officielle n'a encore été faite, affirme le quotidien, citant des responsables de l'armée américaine. Cette nouvelle mesure, qui, selon les experts, devrait avoir un impact négatif sur le moral des troupes américaines, leur maintien sur place et le recrutement de nouveaux soldats, coïncide avec l'appel à l'aide militaire internationale, lancé par les Etats-Unis par le biais de l'ONU. Sur les 122 000 soldats américains actuellement déployés en Irak, selon le Post, 3 000 proviennent de la Garde nationale et 5.000 sont des réservistes. Au Koweit, ce sont 5 000 gardes et 7 000 réservistes qui sont en poste. L'armée américaine justifie cette mesure par la faiblesse des effectifs d'active actuellement en service et les problèmes de sécurité, qui rendent nécessaires de garder sur place un grand nombre de soldats de la Garde nationale et de l'armée de réserve le plus longtemps possible.