Le restaurant Essabil qui, depuis quatre ans ouvre ses portes pour soulager de nombreuses familles en détresse ainsi que des passagers en leur offrant, chaque jour, le f'tour du Ramadhan est dédié, cette année, à la mémoire du défunt hadj Ahmed Mousserati - paix à son âme -, décédé en avril dernier. Après avoir débuté aux premiers jours du Ramadhan avec 1500 repas distribués et une moyenne de 100 autres servis sur place, ce restaurant de la rahma a atteint, aujourd'hui, le chiffre de 1 920 repas offerts, chaque jour. 1 800 repas complets accompagnés de pain sont distribués le matin aux familles munies d'ustensiles et boîtes remplis en fonction du nombre de membres. Par ailleurs, 120 repas sont servis à l'heure du f'tour dans les locaux de l'ancienne fabrication de crèmes glacées lancée par le défunt Hadj Ahmed et son fils aîné Hadj Abdelhamid. Le menu comprend la chorba frik, vermicelles ou langues d'oiseaux avec viande de mouton et agrémentée, comme il se doit, d'herbes aromatiques ; le plat de résistance avec viande rouge ou blanche ; un hors-d'œuvre varié, sodas, lait frais de vache et dattes. Avant le f'tour, ce sont deux bidons de lait des fermes et un cageot de dattes qui sont envoyés quotidiennement à la mosquée El Atiq. Les repas assurés par un cuisinier émérite, retraité de l'enseignement secondaire Hannachi Larid (actuellement cuisinier en chef au Centre international des SMA de Sidi Fredj), et son acolyte, Ali Belarbi (l'actuel chef cuisinier du lycée Boudiaf) qui sont à pied d'œuvre peu après la prière du fedjr, sont préparés avec conscience et soin : “Nous nous appliquons à offrir des repas qui feront plaisir à ces pauvres gens en veillant au bon goût et à la présentation. Comme nous travaillons d'habitude”, nous assurera Hannachi, ajoutant : “Ce f'tour est aussi celui que nous partageons avec ces familles, celui aussi qui est servi à la table de la famille du bienfaiteur défunt et de ses fils”. Ce nombre croissant de familles, hommes seuls, femmes seules, enfants qui s'invitent à un menu qu'ils n'ont pas choisi-plutôt frugal- reflète la détresse cachée, la misère même des couches défavorisées qui prend une ampleur inquiétante. On n'est pas loin de la soupe populaire, serait-on tenté de penser.