Il a été le rapporteur d'Ibn ‘Umar et Abu Huraïra ; de Zayd Ibn Tâbit, d'Anas Ibn Mâlik, de Yahyâ Ibn al-Jazzâr, de Surayh et d'autres (Ibn Sa‘d). Al-Bagdâdî cite également ‘Ubayda. D'autres noms sont rapportés. Ibn Hallikân ajoute : Abdallâh Ibn al-Zubayr, ‘Umrân Ibn Husayn. Ses rapporteurs sont Qatâda Ibn Da‘ama, Hâlid al-Hidâ', Ayyûb al-Sahtayânî (Ibn Hallikân). Shams al-Dîn al-Dahbî note d'autres noms également : Ibn ‘Awn, Qurra Ibn Hâlid, Abû Hilâl, Muhammad Ibn Sulaym, ‘Of, Hisâm Ibn Hassân, Yûnus, Mahdî Ibn Maymûn, Jarîr Ibn Hâzim et d'autres. Dans cette activité, il transmettait le hadîth à la lettre (Ibn Sa‘d, al-Nawawî, al-Asqalânî). Lorsqu'il transmettait un hadîth, il le faisait comme s'il craignait quelque chose, comme s'il se méfiait (Ibn Sa‘d). Lorsqu'on lui proposait deux faits concernant sa religion, il en considérait invariablement le plus certain (al-‘Asbahânî). Il était contre la transcription des hadîths et ne tolérait que les lettres du Prophète comme écrit. Néanmoins, il admettait l'écriture des hadîths, à condition de les effacer une fois appris (Ibn Sa‘d). Il avait une confiance totale en Allâh qui, selon lui, disposait du cœur de son esclave pour en faire un sermonneur. Il était contre la générosité contraignante. De son avis, le musulman est celui qui se dessaisit du dirham et du dinâr (al-Asbahânî). Muhammad Ibn Sîrîn ne se limitait pas à l'érudition et à la transmission. S'il existe une catégorie d'hommes qui réussissent à surmonter toute contradiction possible dans leur vie, en référence à un idéal, Muhammad Ibn Sîrîn peut bien en faire partie. Tout en vivant dans ce bas monde, il se comportait en réalité avec un total détachement par rapport à tout bien matériel et à tout autre individu. Dans sa vie, rien ne résistait au respect total et à la grande vénération qu'il portait à l'endroit de l'islam. Il a dû effectivement s'agir d'un homme éminent pour s'être comporté de la manière dont l'ont décrit ses biographes. L'intérêt qu'il portait à la religion ne se limitait pas à son activité de muhaddit ; toute sa vie passait par le filtre de celle-ci pour ainsi dire. Il avait une attitude révérencielle envers l'islam et, en conséquence, ses compagnons le révéraient. (À suivre)