L'armée tunisienne a déclenché une vaste opération militaire contre le groupe armé, responsable de la mort de deux agents de la garde nationale, qui a permis l'élimination de neuf terroristes et l'arrestation de quatre autres, selon le ministère de l'Intérieur. Deux suspects sont toujours en fuite. Cinq gendarmes et militaires ont été blessés lors de l'opération qui s'est déroulée au mont Touayel dans le district de Goubellat de la région de Béja. "L'opération est sur le point d'être terminée et on la considère comme réussie", a indiqué Mohamed Ali Aroui, porte-parole du ministère de l'Intérieur lors d'une conférence de presse. Il a également affirmé que la "cellule" appartenait au principal mouvement salafiste tunisien Ansar charia, classé comme "terroriste" par les autorités. Cette organisation est dirigée par Abou Iyadh, vétéran d'Al-Qaïda en Afghanistan. La même source a aussi fait état de la saisie dans deux maisons servant de refuge aux combattants de deux tonnes d'ammonitrate, un engrais, et de pesticides qui devaient servir à la fabrication d'engins explosifs. "Le danger terroriste existe toujours, il y a des cellules dormantes et on s'attend à des pertes dans les rangs des forces, car nous sommes en guerre contre le terrorisme", a ajouté le porte-parole du ministère tunisien de l'Intérieur. Ces violences viennent compliquer davantage la crise politique, l'opposition estimant, notamment, que le gouvernement actuel n'est plus en mesure de diriger le pays car son laxisme face à la mouvance salafiste depuis deux ans a provoqué l'émergence de groupes armés. Le parti islamiste Ennahda au pouvoir assure néanmoins tout faire pour neutraliser les combattants djihadistes et affirme avoir arrêté ou tué des dizaines de combattants depuis le début de l'année. Aucune organisation djihadiste n'a jusqu'à présent revendiqué les attaques contre les forces tunisiennes et les assassinats politiques. L'assassinat du député de l'opposition Mohamed Brahmi a été attribué par les autorités à un commando lié à Ansar charia. Il y a lieu de rappeler qu'Ennahda et l'opposition doivent enfin se retrouver à la table des négociations, mercredi, pour trouver un accord devant aboutir à la mise en place d'un gouvernement de technocrates et à l'adoption d'une constitution dont la rédaction est en panne depuis des mois. La date choisie pour le début de ce "dialogue national" et les manifestations prévues le même jour marqueront le deuxième anniversaire de l'élection d'une Assemblée nationale constituante (ANC) qui devait à l'origine adopter en un an la loi fondamentale. La feuille de route prévoit la formation sous trois semaines d'un gouvernement apolitique ainsi que l'adoption en parallèle de la Constitution et d'une loi électorale. M. T. /Agences Nom Adresse email