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"Dans tous mes travaux de photographie, je suis attiré par les choses de peu d'importance"
ARMAND VIAL, AUTEUR DE "KSAR TINA", À "LIBERTE"
Publié dans Liberté le 08 - 11 - 2014

Né à Constantine et n'y ayant pratiquement pas vécu, l'auteur de ce beau-livre (photographies et texte), qui vient de paraître aux éditions Sedia (qui inaugurent avec cet ouvrage une nouvelle collection dédiée aux beaux-livres), revient dans cet entretien sur son choix (Constantine) et sa démarche artistique. Un travail organisé par thèmes et qui a duré à peu près une année.
Liberté : Pourquoi ce livre sur Constantine ?
Armand Vial : Il y a trois ans, j'ai décidé de venir continuer mon travail artistique en Algérie. Quand j'ai eu le choix du lieu de mon séjour, j'ai opté pour Constantine, parce que, aussi, je suis né là-bas. Pour en revenir à ce livre, étant à Constantine, j'ai forcément travaillé sur la ville, en privilégiant bien entendu la vieille ville – la ville nouvelle ne m'intéresse absolument pas –, non pas par nostalgie pour essayer de retrouver des choses que j'aurais connues enfant, mais pour essayer – d'ailleurs je fais une citation dans le livre – de m'y retrouver moi. Alors, certaines fois, on me fait la critique en me disant mais tu montres des murs démolis, etc.
ais ce n'est pas la volonté de ma part de dire regardez comme cette ville est vilaine, en mauvais état...
En fait, dans tous mes travaux de photographie, je suis attiré par les choses de peu d'importance ou alors qui portent les marques du temps, des traces d'usure, des objets...
Par exemple, je fais des compositions des objets qui sont destinés à être jetés. Donc ce sont des choses qui m'intéressent, parce que si on les regarde vraiment, on se rend compte que ce soit les murs, que ce soit les portes, que ce soit les objets, ils nous parlent et ils nous racontent des choses humaines qui nous concernent, nous tous. En plus, dans ce livre, il y a quelque chose qui est peut-être un peu compliqué à gérer et à expliquer aussi, c'est que, certes, je suis né à Constantine, mais je suis français, ma culture n'est pas une culture arabe, elle est une culture européenne et particulièrement française, donc mes références en termes d'arts plastiques, d'images (peintures, photos, etc.) sont très peu de la culture arabe, même si j'en connais quand même un petit bout.
Ce qui fait que dans ce travail, il y a aussi, non pas cette confrontation, mais cette rencontre entre des images que j'ai en mémoire de peintres, je cite Debré, Tàpies, Anselm Kiefer.
Ce n'est pas pour faire du sous Kiefer ou du sous Tàpies, c'est me dire tiens c'est quand même drôle, je regarde ce mur écaillé avec des coulures, etc., et j'ai une image de tel peintre qui me vient, et brutalement, il n'y a plus de frontières, il y a des cultures qui se rencontrent, il y a des choses qui se disent en commun. Le fond de mon livre c'est ça.
Dans le livre, il y a beaucoup de photographies d'extérieurs (de portes, de fenêtres...), on reste à l'extérieur, en surface...
Je pense qu'il y a deux raisons à cela. La première, je vais le dire comme je le pense et le vis, c'est aussi une question de pudeur. Je ne suis pas algérien, je ne suis pas musulman..., je n'ose pas frapper chez les gens en disant je voudrais faire une photo de votre cour, ça m'est arrivé quelquefois, mais quand les gens me l'ont spontanément proposé et très gentiment, donc là, j'en ai fait quelques-unes.
Donc, il y a de ce côté-là, de ma part, une espèce de respect d'une intimité, d'une culture qui n'est pas forcément la mienne et je n'ai pas envie de devenir le voyeur qui rentre pour regarder. Ce n'est pas ma nature.
Le deuxième aspect est que ce qui m'intéresse aussi, c'est ce que dit l'enveloppe des choses. C'est comme notre peau. Notre peau parle et dit des choses, donc je ne vais pas voir la chair dedans comment elle est. La peau me laisse entendre ce qu'il y a derrière.
Vous trouvez de la beauté dans des choses qui peuvent sembler laides (déchets, fissures, etc.)...
Je suis attiré par ces choses-là : il y a la notion du temps, la trace, la mort évidemment derrière, qui est présente, il y a des histoires de vie, et c'est ça qui m'intéresse, mais à ce moment-là, puisque je suis photographe, l'image que je fais, il faut qu'elle soit esthétiquement convenable, donc il y a des questions d'harmonie de couleurs, d'organisation des masses, etc.
Ksar Tina, d'Armand Vial. Beau livre (texte et photographies), 178 pages.
Editions Sedia. 2700 DA.
Entretien réalisé par : Sara Kharfi


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