C'est désormais officiel. Le projet de complexe de pétrochimie de Béjaïa sera finalement implanté dans la commune de Boudjelil. C'est, en tout cas, ce qu'a déclaré, jeudi dernier, le wali de Béjaïa sur les ondes de la radio locale. Le projet en question a fait couler beaucoup d'encre en 2013 suite à une polémique entre les parlementaires du FFS de Béjaïa et le wali. Les députés du FFS prêtant des velléités au wali de vouloir délocaliser le projet et de bloquer tous les projets structurants de Béjaïa : la pénétrante autoroutière, le dédoublement de la voie ferrée, etc. Pour rappel, le chef du groupe parlementaire du parti avait annoncé à l'époque sur sa page facebook que le projet du complexe pétrochimique de Béjaïa est délocalisé "faute de disponibilité d'assiette de terrain", reprenant le contenu d'une lettre adressée par le wali au ministre de l'Energie. Le wali de Béjaïa s'est défendu, affirmant que le projet est bel et bien maintenu. Et longtemps, la population de Béjaïa a été tenue en haleine par cette polémique relayée par la presse. Il faut dire aussi qu'un premier projet de raffinerie avait été délocalisé en 2005 de la région pour être réalisé à Tiaret. Mais le projet ne sera finalement pas réalisé à El-Kseur où il devait être implanté ; le terrain étant à vocation agricole. Heureusement que la commission de choix de terrain avait proposé deux autres sites susceptibles de recevoir le projet. La deuxième parcelle se trouve dans la commune de Boudjelil. Selon toujours le wali, le ministre de l'Agriculture a refusé le transfert des terres agricoles de la commune d'El-Kseur. C'est donc finalement à Boudjelil que sera réalisé le complexe pétrochimique. Le projet, le 3e grand complexe pétrochimique du pays après ceux d'Arzew et de Skikda, une fois opérationnel, créera quelque 5 000 emplois. Cela permettra, d'après les autorités, à l'Algérie de "mieux se prémunir de la volatilité des prix sur le marché international des engrais". Le cabinet britannique de recherche économique et de conseil, Oxford Business Group (OBG), avait interprété l'inscription de ce projet par le gouvernement algérien, comme un signe d'investir davantage dans le secteur énergétique. Six projets de même type annoncés par le gouvernement algérien entrent, selon les autorités, dans le cadre de la nouvelle stratégie de Sonatrach, visant la réalisation de projets structurants à travers plusieurs régions du pays pour valoriser la matière première, au lieu de vendre le brut directement à l'étranger. L. O