Il a fallu le renfort des éléments de la BRI et la BMPJ dépêchés d'Oran pour venir à bout des actes de violence. Ce qui devait arriver s'est produit au grand dortoir qu'est devenue Oued Tlélat. Trois jours et trois nuits de batailles rangées avec une rare violence entre deux clans. D'un côté le clan des relogés de Médioni de la cité des 400-Logements sociaux, composé d'une trentaine de personnes, et de l'autre des habitants du quartier populaire mitoyen El-Bario d'Oued Tlélat. L'intervention des forces de sécurité a abouti à l'arrestation de 19 individus âgés entre 19 et 30 ans, tous des repris de justice. Seize blessés, dont des policiers, ont été enregistrés ainsi que la saisie de 58 cocktails Molotov et un lot d'armes blanches (sabres, épées, couteaux) ainsi qu'un grand nombre de paraboles transformées en boucliers. "Ce sont de vraies scènes de guerre", racontent des témoins. Il a fallu le renfort des éléments de la BRI et de la BMPJ dépêchés d'Oran pour venir à bout des actes de violence. Les policiers ont usé de bombes lacrymogènes, et une opération d'arrestation musclée s'en est suivie où il fallait neutraliser les agresseurs réfugiés dans leurs domiciles, aidés par des proches qui jetaient des balcons des projectiles en tous genres sur les hommes en uniforme. "Seule la force publique et la justice sont capables de mettre un terme au drame, car c'en est un", fait savoir un riverain. Lassés par les actes d'agression répétés des relogés de Médioni, les habitants ont riposté violemment. En fait, les bandes de délinquants parmi les relogés des quartiers de Médioni, El-Hamri, les Planteurs et Bab El-Hamra sont devenues une menace permanente pour les habitants. "Il ne faut pas généraliser. Mais c'est vrai, des délinquants de ces cités-dortoirs tentent d'accaparer de nouveaux territoires où la vente de produits prohibés prospère en créant un climat de terreur", souligne un universitaire, et d'ajouter : "Avant de les reloger, y a-t-il eu une étude sociologique sur les effets de ce déracinement massif ?" Oran est connue pour sa violence urbaine, et il suffit de se rendre aux urgences pour s'en rendre compte. El-Bahia exporte-t-elle sa violence à ses communes hospitalières ? Rappelons qu'un projet élaboré dans le cadre d'une meilleure prise en charge des citoyens visant la réalisation d'une structure sécuritaire à Oued Tlélat est en phase de finalisation. Des sûretés extérieures et de daïra seront implantées à Sidi El-Bachir, Douar Belgaïd, Chahid-Mahmoud, la cité 800-Logements d'Oued Tlélat, Gdyel, Bousfer et Mers El-Hadjadj. NOUREDDINE BENABBOU et K. R. I.