La suspension du président de l'APC PT de Kouba, Zouhir Bousnina, par le wali d'Alger, est un mauvais présage pour Louisa Hanoune. Elle y voit le signe d'une prochaine fraude électorale en 2017. Pour la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), il y a des signes qui ne trompent pas. Surtout à la veille de l'échéance électorale des législatives de 2017 mais aussi des communales. Hier, et en présence du P/APC du Parti des travailleurs de Kouba, suspendu récemment par le wali d'Alger, Louisa Hanoune a tenu une conférence de presse au siège de son parti pour se prononcer sur cette affaire. Mais c'est, contrairement à toute attente, le wali d'Alger qu'elle invite à "s'expliquer", car elle ne voit encore "aucune raison apparente" qui justifierait une telle sanction envers l'élu de son parti. Surtout que l'histoire remonte déjà, toujours selon elle, à... 1995. C'est ainsi qu'un particulier a pu obtenir, à cette époque, une cession d'un bien de l'Etat, une bâtisse à l'intérieur de l'ENS (Ecole normale supérieure), pour la vendre ensuite à un autre particulier en 2010. Le nouveau propriétaire est venu demander récemment un permis de construire au P/APC du PT en question. "Je lui ai signifié qu'il devait d'abord demander une autorisation de démolition pour pouvoir ensuite acquérir un permis de construire. Comme la Duch, les services de l'urbanisme et autres ont accordé leur avis favorable, je ne pouvais plus que signer l'autorisation", explique Zouhir Bousnina, le concerné lui-même. Le hic, selon le P/APC suspendu, est que l'ENS avait évité, à l'époque, de faire appel devant la justice pour récupérer cette partie cédée à un particulier. Une manière de dire qu'elle en avait reçu l'ordre de quelque part. "Maintenant que ce bien lui appartient, on me reproche, 20 ans plus tard, de lui délivrer un permis de construire alors que je suis maire depuis seulement 2012 !", s'exclame-t-il. Mais Louisa Hanoune ne pense pas que ce soit la seule raison. Sans quoi, s'interroge-t-elle, "qu'est ce qui aurait pu pousser le wali d'Alger à signer aussi rapidement la décision de suspension alors que l'affaire est encore en justice ?". En effet, Zouhir Bousnina a déposé une plainte contre la wilaya d'Alger, ce qui, selon lui, fait foi d'un appel. Louisa Hanoune soupçonne ainsi des représailles contre son élu après qu'il eut refusé de "régulariser une construction sur un terrain de 600 m2 appartenant au fils de l'ancien ministre Lamine Bechichi". Elle estime, à ce propos, que le P/APC de Kouba "a protégé le patrimoine de l'Etat" et que, "bien au contraire, on devrait le féliciter pour cela". Mais voilà que, relève-t-elle amèrement, "l'acharnement sur Zouhir Bousnina est tel qu'on lui reproche aussi un conflit d'intérêts parce qu'il a été secrétaire général d'une coopérative immobilière entre... 2002 et 2003". Pour elle, si son élu était en fonction à cette époque, cela pouvait constituer un conflit d'intérêts, mais il se trouve que 13 ans sont déjà passés et Zouhir Bousnina est P/APC de la commune de Kouba seulement depuis 2012. Un état de fait qui n'est pas de bon augure pour Mme Hanoune : "Je sens la préparation d'une fraude électorale en 2017 qui passerait par la trituration des listes électorales." Visiblement en colère, la première dame du PT enchaîne pour dire qu'"après les poursuites judiciaires contre les journalistes et leur emprisonnement, l'arrestation de militants de droits de l'Homme, atteintes aux libertés..., c'est maintenant contre les P/APC qu'on sévit". Et de conclure : "C'en est trop !" Mehdi Mehenni